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des frayeurs inouïes , les autres dans le délire de renlbousiasme; chez tous, il suscitait une même pensée: c'est qu'aucune résistance à la révolution n'était imaginable; que désormais le seul maître c'était le destin, et qu'il allait à son gré, «ans prendre souci ni conseil des hommes, remuer jusqu'en ses fondements la société ébranlée.
• D'où provenait cette fascination exercée sur les esprits par un mot aussi ancien que le monde? Comment le même mot pouvait-il au même moment, dans le môme lieu, éveiller chez une partie de la population de semblables transports, et frapper l'autre d'un accablement si morne? Essayons de nous en rendre compte.
Aux yeux du philosophe qui contemple l'idée pure, la répubHque , c'est l'état le plus parfait auquel puisse se tenir une société entrée dans l'âge viril , qui s'affranchit de tutelle «t se geuverne elle-même , soumise à la seule autorité légitime: l'autorité de la raison commune, manifestée dans la loi. Expression à la fois permanente et variable des volontés individuelles réduites en volonté nationale , c'est la chose -publique confiée à la sagesse publique. Tel se conçoit, dans \b domaine abstrait de l'intelligence , l'idéal , la théorie , lé {M*incipe absolu de l'état républicain.
Dans le cœur injuste, de l'homme de bien, la notion de république prend un caractère supérieur encore ; elle y détient Texpresâion du sentiment religieux appliqué aux institutions civiles. Le chrétien , s'il est pénétré de l'esprit de l'Évangile, ne saurait voir dans la république qu'une patrie plus douce et en quelque sorte plus maternelle , établissant dans la famille politique la fraternité de la primitive église , et répandant avec sollicitude, sans choix ni privilège, sur lM8 ses enfants^ Iiss dons de la Providence.
Dans là mémoire de l'historien , la république apparaît , ^vant les temps, les lieux , les mœurs^ sous des aspects multiples*
A Sparte-, elle e»t pauvre , guerrière^ frugale et rude sous
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une éiroite discipline. Chez les Athéniens, fille des Muses, elle orne la liberté de mille grâces, et nous séduit jusque dcans ses erreurs et sa licence parles divins prestiges de l'art. Dans Tancienne Rome , elle porte à son front l'orgueil des vertus civiques et marche d'un pas assuré à la domination du monde que les Dieux ont promise à la constance de ses desseins. A Carthage , on la voit opulente , avide et spéculatrice. Chez les peuples italiens, en proie à d'inquiets instincts de grandeur, tourmentée par son propre génie , tantôt elle appelle, tantôt elle conjure les orages; et, secouant d'une main fantasque la torche des discordes civiles, elle élève, de l'autre , au-dessus de sa tête le flambeau de la science nouvelle qui éclaire l'humanité tout entière de ses clartés sereines et impérissables. Au pied du Jura, dans les vallées Alpestres, elle demeure stationnaire, presque immobile, à la garde d'un patriciat circonspect. Dans les Pays-Bas, elle se montre grave, persévérante, d'une sagesse q i n touch e a la grandeur. En Angleterre, pendant sa courte durée, elle s'inspire, i la voiît d'un grand homme, de l'esprit des camps et du fanatisme des sectes. Aux Etats-Unis d'Amérique, enfin, la prodigieuse activité de son industrie et l'instinct puissant de l'association la mettent en possession d'un bien-être social dont auctin peuple du globe n'avait encore pu, jusque-là, se former l'idée. Ainsi, soit que nous le considérions chez les anciens ou cbei les modernes, au sein du paganisme ou du christianisme, l'état républicain tel que nous le retrace l'histoire , tour à tour oligarchique, démocratique, fédératif ou unitaire, catho>* lique ou protestant , guerrier, industriel , maritime ou agricole j admettant ou rejetant l'esclavage, n'implique néces^ sairement aucun ordre social à l'exclusion d'un autre. On n& le voit soumis à aucune condition particulière d'existence religieuse, civile, politique ou géographique. En vain cher* cherait-on aux époques antérieures à la Révolution française^ dans les institutions qu'il fonde, dans les hommes qu'il suscite^ dans les faits qu'il produit, la raison des enthousiasmes et
des épouvantes que nous venons de voir éclater au seul mot de république. C'est, en effet, uniquement dans les souvenirs les plus récents de nos propres annales que s*en trouve l'explication. C'est la République de 1792 et de 1793 qu'il faut interroger, si l'on veut comprendre la perturbation jetée dans les esprits par l'avènement de la République en 1848. Jusque-là, rien dans notre passé qui préjugeât très fortement ni pour ni contre l'établissement républicain en France, ou qui dût le faire considérer autrement que comme une conséquence naturelle, un développement probable de notre vie nationale.
On le sait, les principes essentiels de l'institution républicaine, la délibération et l'élection, remontent à l'origine et se perdent dans l'obscurité de nos traditions. Après les assemblées des Gaulois et des Germains, sources primitives de notre droit historique , l'organisation presbytérienne et l'esprit démocratique de la primitive église rétabli et ravivé par le protestantisme , le régime municipal et communal , les états-généraux , les parlements , les fondements grecs et latins de notre éducation universitaire , nos libres penseurs de tous les siècles, le jansénisme de Port-Royal, le mysticisme symbolique de la franc-maçonnerie, ne cessent d'entretenir, au sein de la France féodale et monarchique, un ferment d'indépendance et comme un foyer de vertus républicaines que les rois parviennent à couvrir de cendres, mais qu'ils n'étouffent jamais entièrement, et d'où jailliront, aux jours les plus asservis, de vives étincelles.
Ainsi , au moment même où la gloire de Louis XIV subjugue le pays à ce point qu'il en vient à confondre le patriotisme et l'honneur avec la.soumission aux caprices du prince, quand le droit divin semble avoir absorbé en lui tous les autres droits, debout, au pied du trône, Fénelon évoque l'image d'une république idéale, dont la méditation du génie antique et la pratique de l'apostolat chrétien lui ont révélé les lois. Sous le règne de la Pompadour, Montesquieu pro-
clame, aux applaudissements de son siècle, que la vertu est le principe de Tétat populaire. Avec lui et après lui, au plus fort des abus, des débordements, des insolences d'une cour sans frein , les philosophes , les légistes , les historiens , les savants, les politiques, travaillent de concert à établir dans la conscience publique la souveraineté de la raison et Tégalité des droits. Et leur commun effort s'adresse à des esprits si bien préparés, la résistance des préjugés est si faible et si vaine, que, trente ans après, quand le démocrate Franklin vient demander à la France son or et sa flotte pour soutenir les colonies insurgées , il trouve un roi , des ministres , une cour, que la révolte républicaine n'étonne ni n'indigne, et qui se jettent avec enthousiasme dans cette grande aventure de l'esprit de liberté.
Est-ir besoin de rappeler combien fut restreinte et impo^ pulaire, en 1789, l'opposition à la convocation des étatsgénéraux? Quelques privilégiés, des princes du sang royal, des familiers de Versailles, protestent seuls contre la masse du pays qui reconnaît et salue dans l'Assemblée envoyée par le suffrage universel une institution sortie des entrailles de la société française , monarchique d'intention et de langage, il est vrai , mais virtuellement républicaine , de telle sorte que bientôt sans le savoir, sans le vouloir, embarrassée d'un roi inutile, n'en sachant que faire, de malentendu en malentendu , d'hypocrisie en hypocrisie , d'inconséquence en inconséquence, ses décrets et ses discussions nécessitent la fuite à Varennes.
A ce moment, la pensée d'une république immédiatement réalisable s'empare de l'opinion ; la presse quotidienne prend l'initiative et prononce le mot; un écho populaire immense lui répond. « La république s'exhale de partout, » s'écrie avec transport une femme qui va bientôt périr victime de sa foi républicaine. L'heure semble venue ; la circonstance est propice. Les idées pressent les événements ; les esprits sont disposés, les principes acceptés, les formules prêtes. Que le
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roi quitte le sol, que sa noblesse de cour le suive, s'il lui plaît , la France émancipée ne s'en troublera guère. D'un accord unanime , bourgeois et prolétaires défendront, maintiendront le droit, et poursuivront sans s'arrêter l'œuvre de la transformation sociale. Mais un zèle funeste ramène le roi captif. L'Assemblée s'émeut ; le sens politique l'abandonne. Elle s'engage avec le roi contre le peuple, avec le passé contre l'avenir, avec la monarchie contre la république. La bourgeoisie, à son exemple, hésite. Une scission fatale s'opère
au Champ-de-Mars. Le sang coule Dès lors, la libre et
régulière métamorphose des institutions devient impossible. L'obstacle qui se dresse de toute sa hauteur défie le génie du siècle et provoque un effort désespéré. Cet effort exalte les tètes. Les idées sont entraînées par les passions; les passions, à leur tour, éveillent les instincts ; les instincts s'arment d'une logique implacable. Ce qu'il y a de brutal dans les instincts et d'absolu dans la logique ne veut plus compter ni avec le temps, ni avec les hommes. L'instinct de l'aristocratie en détresse pousse un cri vers l'étranger. L'instinct de l'égalité démocratique tue le roi de l'aristocratie. La République française est fondée, mais par la violence et dans le sang français. Dès ses premiers pas, elle est jetée hors de ses voies. Fille de l'évangile et delà philosophie, c'est sa grandeur, et ce sera sa perte d'être incompatible avec la tyrannie des instincts. Elle ne saurait régner par la terreur. Il ne lui sied pas, comme à ces empereurs romains, de placer sur sa poitrine la tête de Méduse. L'esprit même de son institution, qui exalte la dignité de la personne humaine et rend la vie de l'homme plus sacrée pour l'homme, la condamne à périrv En abattant des têtes, elle paraît plus criminelle que les monarchiçs, par cela seul qu'elle agit contrairement à son principe. Pendant trois ans elle a beau accomplir des prodiges et tenter avec une audace inouïe de fixer dans las lois les plus sublimes iispirations de l'âme humaine, rien ne peut la soustraire à la fatalité de son origine. Tout ce
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qu'elle déploie de génie et d'héroïsme reste vain. Il faut qu'elle meure, parce qu'elle a forfait à sa nature, et que rimi passible nature des choses l'emporte toujours, à la longue, sur la passion humaine. De convulsion en convulsion, ellp tombe bientôt épuisée, laissant au monde frappé de stupeur, et qui la méconnaît parce qu'elle s'est méconnue elle-méroe, un nom glorieux et maudit, un testament mystérieux, intr cbevé, tracé en caractères de sang. Ce testament, estK^ une promesse, est-ce une menace? Est-ce une bénédiction, esUce un anathème? Est-ce un sophisme inhumain, est-ce une vérité divine ? Est-ce le testament de la Gironde, celui de la Montagne, celui de ]a Commune? Est-ce le testament d^ Gondorcet, de Danton, de Robespierre, de Marat, de Babeuf? Quand Paris vit soudain reparaître sur ses murailles les trois paroles sacramentelle du testament républicain : « Liberté^ égçdiU^ fraternité^ » chacun se fit i sot-mèmé ces questions terribles. Mais vaincus ou vainqueurs, bourgeois ou prolé'< taires, républicains ou royalistes, tou$ étaient hors d'état d'y répondre. Dans la déroute complète des forces matértelle» ei morales de la société constituée, tout semblait à )a fois probable et impossible. C'est pourquoi, la raison se taisant, l'imagination, qui se joue de tout, promenait ses fan tôrnes et ses chimères sur la place publique.
La gouvernement provisoire, en proclamant un peu maigre lui, sous la pression, de la victoire populaire, la république démocratique, faisait-il donc, comme on le lui a reproché plus tard, un acte arbitraire, intempestif, contraire à l'opinion véritable du pays? Je n'hésite pas à aiiirmer que non. Toute autre conduite, en l'admettant possible, eût été souveraines ment inintelligente des nécessités du temps ; au rebmirsv si ce n'est des volontés explicites de la nation, du moins de ce vœq muet qui ressort pour l'homme d'Etat de l'eiH se^ibl^ des idées, de lajsituation des partis, et surtout du e9A ractèr^î général donné par les mœurs 4 une ^[»oque hî$lo« rique. • . -
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Examinons quel était ce caractère à la fin du règne de Louis-Philippe.
Répandu sur toute la surface du sol, attaclié à une terre qu*il doit à la révolution, le paysan qui a entendu de loin s*élever des barricades et crouler des trônes, qui a vu passer empereurs et rois fuyants , qui a assisté dans Téglise de son village à des Domine satvum pour toutes sortes de souverains dont pas un n*a été sauvé ; le royaliste de TOuest et du Midi abandonné de ses princes, le bonapartiste de l'Est et du Nord ruiné par les invasions étrangères , tous ont profilé de ce cours éloquent de philosophie historique. Aujourd'hui, le paysan prend peu de souci des dynasties et reste indifférent aussi bien au droit divin qu'à la légalité constitutionnelle. Le gouvernement, dépouillé de son caractère sacré, est devenu pour lui une machine administrative qui ne saurait lui inspirer ni amour ni haine, car il n'entre en rapport avec elle que par l'impôt. Quant aux classes supérieures, bourgeoisie ou noblesse, c'est à peine s'il en fait la difiPérenee. Quitte de toute .obligation envers Fune comme envers l'autre, sachant très bien qu'il n'a plus à attendre d'elles ni injures ni bien* faits, il voit dans le seul Ken qui le rattache à leur exis* lence, le fermage, deux intérêts opposés et en lutte constante. Le plus bas fermage et l'impôt le moins lourd seront les marques auxquelles il reconnaîtra le meilleur gouvernement. Si le paysan n'a pas, à proprement parler, de principes républicains, son intérêt du moins le pousse, et très fortement, au progrès de Fégalité démocratique.
La bourgeoisie, grande et petite, bien qu'elle soit opiniâtrement revenue, à trois reprises, depuis 1789, au système anglais de la monarchie représentative, par suite de l'insuccès réitéré de ces expériences, a perdu confiance dans ses théories politiques. Elle commence à comprendre que la logique du bon sens français s'accommode mal des fictions du régime parlementaire, et que perpétuer, sous une autre forme, la vieille lutte entre le sang royal et l'esprit des communes n'est
pas une œuvre de bien haute sagesse, ni propre à donner au pays la stabilité dont il a besoin pour Taccroissement de sa richesse industrielle.
Au sein de l'ancienne noblesse , il convient , pour éftfe équitable , de distinguer deux fractions différentes ; l'une, que Ton pourrait appeler la noblesse bourgeoise , tant par son contact fréquent avec la bourgeoisie elle a laissé s'émousser son caractère propre; l'autre restée plus fière et fidèle aux traditions. La première, ralliée à la royauté de la branche cadette, peu considérée aussi bien dans les rangs qu'elle quittait que dans ceux où elle venait faire nombre, sans autorité morale , sans intellfgence politique, mérite à peine de nous occuper un moment, ^es opinions ne valent pas d'être comptées dans l'appréciation de l'état des esprits. On ne pourrait pa^ dire qu'elle fut absolutiste, constitutionnelle ou républicaine. Elle était égoïste jusqu'au cynisme. Aucun gouvernement n'avait à attendre ou à craindre d'elle un appui eflScace ou Une résistance sérieuse.
La noblesse légitimiste gardait intacte, il est vrai, sa foi monarchique; mais sans espérances prochaines, sans illusions sur les personnes royales, sans éloignemerit pour l'émancipation du peuple par le suffrage universel. Son sentiment le
plus vivace était sa rancunfe contre la branche cadette; rancune poussée si loin qu^elle se ^réjouit de la révolution et déclara spontanément que non seulement elle n'apporterait point d'entraves à l'établissement de la République, mais encore que son honneur, qui l'avait tenue éloignée d'un trône illégitime, ne lui défendait point de servir le gouvernement de la nation par la nation elle-même.
D'accord en cela avec la majeure partie du clergé qui tendait à isoler sa cause de ceîle des maisons royales , parce qu'il espérait profiter de la liberté pour ressaisir l'empire des Ames, la noblesse légitimiste se plaisait à voir la justice de Dieu et sa propre vengeance dans la victoire populaire.
Un sentiment analogue animait le parti bonaparti^tç, ^\^\\^
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et actif, mais çffacé alors, amoindri par le ridicule des expéditions de Strasbourg et de Boulogne , ce parti d'origine et de pratique révolutionnaires, dont le chef était dans Texil et qui comptait sur le prestige d'un nom glorieux, avait tout à gagner, et n'avjiit rien à perdre à l'institution de la république déniorratique.
L'armée , depuis la première révolution , obéissait instinctivement à ce principe qu'elle appartenait au pays ; que son devoir unique, c'était, quelle que fût la forme du gouvernement, de défendre le territoire.
Dans la succession rapide des pouvoirs politiques, la magistrature s'était pareillement désintéressée des questions de personnes. Ainsi, les classes, les partis, les corps constitués, tout ce qui tenait au sol par la propriété, à l'État par les fonctions, en était arrivé à une indifférence presque égale pour les formas de la vie politique, l^a grande majorité de la nation restait passive; elle ne sentait plus en^elle aucune force d'initiative, parce qu^elle n'avait plus aucune foi,
La foi politique s'était réfugiée au sein de la classe ouvj ière ; là, elle était vive et profonde. Plus lettré que le paysan, moins matérialiste que le bourgeois, l'ouvrier des vjHes rattachait ses intérêts à des idées. La presse quotidienne l'avait initié, bien ou niai, aux débats parlementaires ; il avait retenu la notion du droit et les principes égalitaires de la révolution française. Comprenant que les destinées de la royauté sont liées à celles du clergé et de la noblesse, et que jamais la cause du peuple ne serait prise à cœur que par le peuple luimênae, il n'entendait plus commettre à d'autres le soin de ses affaires. ïl voulait être citoyen. Par sa capacité, par son sentiment de justice et par son patriotisme, il avait depuis longtemps le droit de l'être. L'ouvrier des villes appelait de tous ses vœux la république.
Mais quelle république voulait cette minorité énergique, et jusqu'où s'étendait à cet égard son droit d'initiative? En d'autres termes, quelle interprétation le gouvernement provi-
soire devait-il donner à ta formule républicaine pour en fair$) la règle de l'ordre nouveau qu il s'était chargé d'établir?
Dès les premières heures de la révolution, pendant que durait encore l'accord apparent des classes dans la^umission ou l'adhésion à ta République, on aurait pu entendre, si l'air tention n'avait, été troublée par la peur chez les uns, par l'enlliousiasme chez les autres, deux cris distincts, A la bourgeoisie, qui criait bien haut : « Vive la répuMiqiM dé* mocratiqu^ » , le prolétariat répondait, par un aiitre cri peyi accentué dans l'origine et qui ne semblait qu'un pléonasme, mais qui s'accusi^ bientôt et se différencia de plus en plus^ L'ouvrier criait ; « Vive la républiq^e démocratique et