‹ Histoire de la Révolution de 1848Chapitre 36 sur 55 · II. b'Orléans · texte numérisé non relu

II. b'Orléans

En me séparant d’une armée modèle d’honneur et de courage, dans les rangs de laquelle j’ai passé les plus beaux jours de ma vie, je ne puis que lui souhaiter de nouveaux succès. Une nouvelle carrière va peut-être s’ouvrir à sa valeur; elle la remplira glorieusement, j’en ai la ferme croyance.

Ofliciers, sous-officiers et soldats, j’avais espéré combattre avec vous pour la patrie. Cet honneur m’est refusé; mais, du fond de l’exil, mon ctcur vous suivra partout et vous rappellera la volonté nationale; il triomphera de vos succès; tous ses vœux seront lonjours la gloire et le bonheur do la France.

H d’Oriéas.'.

DOCUMENTS INSTOBIQUES.

ADRESSE DES ODVRIERS IMPRIIIEDRS SDR £T0ITE.. — RENERC1HERTS Dr OODTERSEllEîtT PROVISOIRE.

Au nOUVEBNEMEST PROVISOIRE.

CiTOTEXS,

A son apppl la France voit mourir ses enfants; A sa voix maternelle ses enfants répondent par leur amour et leiir.s sympathies filiales. Lorsqu’ils la croient en danger, ils accourent oflrir à leur patrie, tête, liras, cœur, biens et courage, car c’est surtout dans les moments difficiles qu’il faut être courageux; c’est dans les circonstances extrêmes qu’il faut trouver les voies de salut.

Ouvriers nous-mêmes, imprimeurs sur étoffe, nous vous offrons notre faible concours, nous vous apportons deux mille francs pour aider à la réussite de votre noble création. Le seul regret que nous ayons est de ne pouvoir centupler notre modique offrande, que nous vous donnons avec bonheur.

Pour suppléer à notre impossibilité, nous engageons tous les citoyens qui veulent la prospérité de la République, du commerce, de l’iiidustrie, de la confiance, de l’ordre, et qui veulent que les ouvriers aient du travail pour vivre, à nous imiter chacun suivant sa fortune, comme nous imitons ceux qui ont eu l’heureuse idée de nous devancer dans celte voie salutaire.

Par ce moyen, nous rassurerons ces êtres pusillanimes qui se sauvent de la capitale et de la France, emportant avec eux les valeurs qui sont nécessaires à leur patrie. Qu’ils se rassurent, ces hommes qui peuvent aider à rétablir le crédit et nos finances I que nos actes de dévouement inspirent des sentiments d’honneur à ceux qui voudraient suivre l’exemple de l’émigration, que nous regardons comme une lâcheté! Qu’ils se rassurent, tous ceux qui pourraient croire au retour des scènes sanglantes qui sont tracées dans notre histoire ! Qu’ils se rassurent ! ni la guerre civile, ni la guerre de l’étranger ne viendront déchirer les entrailles de notre belle France ! Qu’ils se rassurent aussi sur notre assemblée nationale, car il n’y aura ni montagnards ni girondins! Oui, qu’ils se rassurent enfin, et qu’ils aident à donner à l’Europe un coup d’œil magique : qu’ils aident à faire voir à l'univers qu’en France il n’y a pas eu de violence dans la révolution, qu’il n’y a fu qu'un changement de système ; que l’honneur a succédé au système de la comiplinn; que la souveraineté du peuple et do

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l'équité a succédé à un despotisme odieux; qu’à la faiblesse ont succédé la force et l'ordre; qu’aux castes a succédé l’union; qu’à la tyrannie a succédé celte devise sublime : Uberté, Égalité, Fraternité, progrès, civilisation, bonheur pour tous, et tous pour le bonheur.

Nous saisissons celte occasion pour demander au gouvernement provisoire ou à l’Assemblée nationale, lorsqu’elle sera convoquée, pour tous nos frères de toute la France, que la durée de leur travail soit fixée à dix heures par jour, comme pour nous. Nous le demandons, parce que le mot égalité se trouve dans la devise républicaine. Puisqu’on a aboli les privilèges, est-il juste qu’il y ail des privilèges dans notre République?

Nos frères des départements se plaignent de ce que leur temps est absorbé par le travail, sans cependant qu’il leur soit à charge. Ils voudraient aussi rendre leui's facultés intellectuelles, en les cultivant, dignes de notre ère nouvelle; eux aussi ils méritent d’avoir une heure au moins, une heure pour vivre de la vie intelligente et du cœur et de l’àmc.

Mais, disons-nous à nos frères, prenons patience, ne soyons pas trop exigeants à la fois; demandons graduellement, avec prudence, avec ordre, dans toute la voie de la justice et de l’humanité, et nous obtiendrons. Le gouvernement veille sur nous, il se sacriflee pour nous : on ne peut pas être heureux du jour au lendemain. Nous avons beaucoup souffert sous un despotisme cruel; ch bien! souffrons encore un peu pour la liberté. Le moment de la récolte n’est pas encore arrivé; lalxmrons le champ de la liberté, semons l’égalité, et nous recueillerons la fraternité, qui nous donnera inlàilliblenicnt le bonheur intellectuel ou moral. Du courage donc, du courage, de l’énergie, et gardons nos armes. Si toutefois quelques ambitieux voulaient tourner la Révolution à l’égoïsme, nous leur dirions : Il est tro[i lard; de même que nous avons dit aux tyrans : Assez! il est trop tard !

Constituons la Réimbliipie, grande, pure, forte, dans toute son extension, telle qu’elle a été proclamée; faisons-la digne des hommes actuels et du siècle. L’Europe a les yeux sur nous ; elle compte nos mouvements; elle aspire à notre émancipation; mais servons de modèle à tous les peuples...

Recevez, citoyens membres du gouvernement provisoire, nos vœux et nos sympathies républicaines, ainsi que nos salutations fraternelles. Vive le gouvernement provisoire! Vive la liépublùjue!

l'ItOCLAUATIO.N ÜU GOIIVERXKVEXT HIUVISOIBE.

ClTOTENS,

Les dons patriotiques aftiucnt à l’Hùlel de Ville. Chaque jour, tous les corps d’étal rivalisent d’abnégation et de générosité. Des ouvriers qui peuvent à peine, par de trop rares travaux, nourrir leurs

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lumilles, savent encore prélever de civiques oITraiides sur un salaire insuflisant. La pauvreté même, oubliant ses besoins, se fait un ilevoir et un bonheur d’une privation nouvelle, quand il s’agit de subvenir aux besoins de la République, notre mère commune.

Vous aurez donné au monde un sublime exemple I L’Ilêtel de Ville, ce palais du jicujile, en est tous les jours le silencieux témoin, mais si votre modestie veut cacher ces héroïques vertus, le gouveràement provisoire doit les révéler à la France et à l'Europe qui vous conteiuplcnt 1

La monarchie brisée par vous en Février avait corrompu bien des âmes; mais le mal n’a point encore pénétré jusqu’au coeur de la nation; vous le prouvez tous les jours. Il est beau de combattre et de vaincre pour la liberté ; il est encore plus beau de fonder la liberté sur l’inébranlable base d’un désintéressement et d’un patriotisme que ne découragent point les épreuves les plus poignantes.

Le gouvernement provisoire doit le proclamer bautcment ; la France est Hère devons; et la Républiipie, appuyée sur des cœurs tels que les vôtres, peut regarder sans crainte son avenir.

.Vu nom de la patrie, au nom do la France, au nom de l’humanité, le gouvernement provisoire vous remercie.

30 mars 1848.

CÜ.XSIUKIIXMS sua L’AUOl.mO.\ DK U COXTIIAIXTK l’AU tOliPS KT ne l’eXI’OSITIOX rlUUQlIE.

RÉPUBLIQUE FR.\NÇ.\ISE.

LIDEaTÉ ÉCAI.ITÉ, FnATF.BXITÉ.

Le gouvernement provisoire de la Républiipie;

Sur le rapport du ministre de la justice;

Considérant que la contrainte par corps, ancien débris de la législation romaine, qui mettait les personnes au rang des choses, est incompatible avec noire nouveau droit public;

Considérant que, si les droits des créanciei-s mérilenl la protection de la loi, ils ne sauraient être protégés par des moyens que reiioœsent la raison et riuunaiiilé; <.ue la mauvaise loi et la fraude ont leur répression dans la loi pénale ; (|u’il y a violation de la dignité luunaim' dans cette appréciation ipn lait de la liberté des citoyens un équixaleul légitime d’une lettre pécuniaire;

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DOCUMENTS IllSTOKlUUËS. 5(7

Décrète :

Dans tous les cas où la loi autorise la conli'ainte par corps, coiniiie moyen pour le créancier d’obtenir le payement d’une dette pécuniaire, cette mesure cessera d’être appliquée jusqu’à ce que l’Assemblée nationale ait déCnitivement statué sur la contrainte par corps.

Fait à Paris, le 9 mars 1848.

memùreê du gouvernement provitoire,

Dcpost (de i.’Eobe], Lamautise. Mahrast, Garxiek-Pagès, Albert.

Marie, Ledrb-IIollin, Flocon, Créxiedx, Lodis Blanc, Araco.

Ij; secrétaire général du gouvernement provisoire,

Pacnerre.

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