ROYAUME. — VICTOR-EMMANUEL EN SICILE ; SON RETOUR A TU
Tandis que le roi François If, à la tête de son fendait sa monarchie contre les assauts de la révolution; tandis que les populations, irritées du pouvoir absolu d'une dictature qui foulait aux pieds les lois divines et humaines, se soulevaient de tous côtés pour reconquérir leurs droits méconnus et leur indépendance, Garibaldi promulguait, le 10 octobre, le décret du vote universel, relatif à l'annexion desDeux-Siciles au royaumede Victor-Emmanuel. Pourbien montrer avec (jnel degré de liberté les peuples de l'Italie méridionale pourraient régler leurs destitinées futures, le cabinet de Turin avait envoyé une forte armée chargée de comprimer, par la mitraille et les baïonnettes, les Napolitains qui penseraient à soutenir leur ancienne monarchie, et d'empêcher la réintégration du souverain légitime. C'était donc sous la pression des troupes et des agents du Piémont que des peuples intimidés et trompés devaient formuler un plébiscite qui ravirait la couronne à un prince encore régnant et gardant le commandement de ses troupes, à un prince ({ue rappelaient partout les provinces en état de réaction. Quand il fut question dans le Parlement de Turin de la cession de la Savoie et de Nice à la France, moven-
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liant la libre expression des suffrages de ces contrées, Garibaldi protesta, à la face du Piémont et de toute l'Europe, qu'il ne pouvait y avoir eu de libre votation dans une ville occupée parles troupes françaises. «Pareille votation, » disait-il, « s'estaccomplie dans un pays qui appartenait encore « de nom à l'Etat sarde, libre de choisir entre cet Etat et la a France, mais en réalité soumis à cette dernière puiser sance, occupé militairement et subissant toutes les in- « fluences de force matérielle et de pression morale (i). » Garibaldi en concluait à la violation de la liberté du peuple dans le vote d'annexion à la France. Or n'était-ce pas, pour le moins, la condition faite aux peuples des Deux-Siciles, au moment où on les appelait au suffrage universel? Si Nice était seulement occupée par une armée régulière d'une nation amie, le règne de Naples était envahi par une armée ennemie qui se frayait un chemin avec la mitraille, lesbombes et les baïonnettes; si Nice était sous une force morale que légitimait le consentement du gouvernement sarde, les Deux-Siciles subissaient la violence oppressive d'une révolution qui écrit son autorité sur le poignard. Au fait, à peine le décret du plébiscite fut-il promulgué à Naples et en Sicile, que les agents des sociétés secrètes se mirent en campagne, surtout dans les deux capitales et dans tous les chefs-lieux qui devaient avoir une immense action sur le reste des provinces: ils employaient tous les artifices de rimposture, toutes les voies de la corruption et surtout ils faisaient briller la lame du poignard aux yeux des populations. « Ou Victor-Emmanuel ou le poignard, » tel était le mot d'ordre qui circulait dans chaque maison, retentissait à Toreille de chaque citoyen, répandait une mortelle
(l)Pro^/fl/wndeGaribal{li envoyée parHudsonaL. Russell avec la dép. du 6 mai.
épouvante et désolait ces malheureuses contrées: pareille oppression ne s'était jamais vue sous aucun des gouvernements passés, même les plus violents et les plus oppressifs. Sir Elliot, ministre d'Angleterre près la cour de Naples, après avoir, dans une dépêche à John Russell, dépeint la condition déplorable de ces provinces, disait que, de l'avis même des ennemis de l'ancien gouvernement napolitain, « le mécontentement et l'oppression qui « existaient alors dans ce royaume n'étaient jamais allés si « loin,àaucunedesépoquesprécédentesdeson histoire (i).» Cependant, pour refouler et étouffer tous les sentiments des peuples napolitain et sicilien, les émissaires de la révolution avaient, à prix d'argent, mis en avant une bande de la plus infime populace, qui parcourait jour et nuit les rues des plus grandes villes, en hurlant plutôt qu'en criant le terrible oui qu'on imposait de cette façon aux citoyens épouvantés. H fut en outre ordonné que tout le monde porterait ce terrible monosyllabe écrit sur son chapeau ou sur sa poitrine ou sur ses épaules, comme un signe d'annexion; malheur à qui n'aurait pasmontré en public ce signe de honteux asservissement. Sous la main de sang et de fer qui détruisait toute liberté, toute indépendance dans le cœur des citoyens indépendants et libres, et qui, aux sinistres reflets du poignard faisait taire les plus courageux! Les populations étaient misérablement contraintes de subir ce nouveau genre de despotisme et de tyrannie, de sacrifier leurs convictions, de porter écrit en gros caractères un oui qui était l)Our eux comme la ceinture de cuir pour les Juifs de Jéru-
(1) u Malversation, corruption and oppression are greater at the présent moment, tban iheyhave be.en at ang previous period. » Dép. de Sir Elliot à Lord Russell. Naples, 13oct. 1860.
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salem, un emblème visible d'esclavage. Les troupes piémontaises prétendaient venir occuper l'Italie méridionale, dans le but d'assurer aux peuples la liberté des suffrages. Etait-ce là une liberté? Etait-ce là une vraie manifestation de la volonté du pays? Sir Elliot écrivait le 16 octobre à Lord Russell que dans ce royaume, surtout dans la capitale, il y avait, parmi les classes les plus éclairées, un très-grand nombre de personnes qui souhaitaient que leur royaume demeurât séparé et indépendant; que néanmoins ces séparatistes de cœur seraient forcés de voter pourl'annexion: et il ajoutait que « dans le fait la formule du vote et la manière <^ de le recueillir avaient été disposées de façon à assurer la « plus grande majorité possiblepourrannexion;maisnon à « constater les désirs réels du pays (i). Il n'en pouvait être autrement. Suivant ce que Garibaldi (art. 4) avait décrété, dans les lieux destinés à la votation, sur les places publiques de la ville, « il se trouvait trois urnes, une vide au « milieu et deux autres de chaque côté dans lesquelles « étaient préparés les bulletins du oui et les bulletins du a 7ion: » tout autour se tenaient les plus féroces partisans de l'insurrection, en partie Piémontais ou agents du Piémont; la garde nationale assiégeait les places, et sous prétexte de garantir la liberté du vote, elle le violentait par sa présence et par son attitude. Les votants arrivaient avec le oui attaché à leurs chapeaux ou à leurs habits; ils s'avançaient parmi le tumulte des fusionnistes qui leur criaient aux oreilles owi, qui leur répétaient et leur intimaient le même oui de la voix, du geste, du regard, du poignard. Qui
(1) « In fact both the lerms of the vote and Ihe manner in wich it is to be taken are well calculated to secure the largest possible majority for the annexation ; but not so well ûtted to ascertainthe real wish of the country. » Sir Elliot, dép. du 16 oct. k Lord Russell.
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aurait eu, en de telles conjonctures, le courage de mettre la main dans l'urne du non, quand, dans le quartier du Mont- Calvaire, à Naples,un seul individu qui l'essaya tomba percé d'un coupde stylet? Restait le parti de l'abstention; quantité de gens^'abstinrent en effet, disons la plupart, et c'est de quoi les révolutionnaires s'aperçurent et furent outrés ; c'est aussi ce quesignalèrent les correspondants des journaux italiens et étrangers, et ils en donnaient pour raison la peur qu'éprouvaient le plus grand nombre àdéclarer leur volonté en face des partisans de l'opinion contraire. Mais tous ne pouvaient pas s'abstenir de voter; les agents révolutionnaires en forçaient quelques-uns par la violence; ils en menaçaient d'autres de la perte des charges et des emplois qui étaient toutes leurs ressources, à eux et à leurs familles; ils n'épargnaient pas non plus les promesses ni l'argent. Il arriva, en un mot, du plébiscite de Naples et de la Sicile ce qui, au dire du comte de Rechberg, était arrivé dans les Romagnes, où, après avoir exclu des opérations électorales les cinq-sixièmes de la population , après avoir déclaré crime de haute trahison toute manifestation en faveur du souverain légitime, on obligea ceux qui étaient admis au vote à exercer ce droit sous la pression du terrorisme imposé par le parti dominant (i).
Sous ce rapport, le prince Lucien Murât avait raison de reprocher à la révolution sa manière de procéder. « Je « vois, disait-il, l'urne du suffrage universel exposée
(1) Dép. du comte Rechberg au prince de Metternich. Vienne, il fév. 1860. Documents présentés au Sénat de France. Dès le 15 juin, Liborio Romano avait organisé à Naples la secte des Camorristi qui devaient être l'instrument de la révolution et aider les annexionistes dans leurs projets. Cette société fut désarmée et défaite par surprise en mars 1861, à cause des crimes sans nombre dont elle se rendait coupables.
« sur les places publiques ; mais je ne puis que m'indigner « de voir autour d'elle la corruption et la violence. C'est « une chose vraiment affligeante que sur les places de Na- « pies ait lieu un si honteux trafic des intérêts publics qui « furent toujours respectés, comme sacrés et invfolables, « par les pères de la civilisation italienne (i). » Le prince énumérait ensuite les diverses mesures d'oppression pratiquées dans tout ce royaume parles annexionnistes, Tétat de siège où ils mettaient des provinces entières, leur gouvernement militaire, le désarmement, les incarcérations, les condamnations, les fusillades dont on avait puni des gens coupables seulement d'avoir manifesté des sentiments opposés au principe de l'annexion; il continuait en disant: « De semblables mesures sont loin de prouver le caractère « spontané du suffrage universel, non plus que la confiance c( dans les nouvelles autorités. Mais comment pouvait-il y « avoir de vote libre et spontané, quand tout avait été ré- « glé d'avance; je dirai plus, quand l'annexion avait étéso- « lennellement prononcée par un pouvoir dictatorial et ab- « soiu qui s'était emparé de tous les pouvoirs de l'Etat? Pour « ouvrir les yeux aux plus aveugles sur le degré de liberté « (fue le gouvernement dictatorial pensait accorder à la voce tation, Garibaldi, par un décret du 15 octobre, c'est-àa dire dans les premiers jours de la convocation des co- « mices, Garibaldi, devançant la volonté populaire et « décidant par lui-même, au nom du peuple, prononçait et « arrêtait, en vertu de son autorité de dictateur, que les « Deux-Siciles faisaient partie intégrante de l'Italie une et <c indivisible avec son roi constitutionnel, Victor-Emmanuel ce et ses descendants. » Après ce décret fulminé par Ga-
(i) Proclamalioii du prince Mural aux Napolilains,iiov.l860. Timesdu l"déc. 18«0.
ribaldi des hauteurs de Sant-Angelo pour mettre à néant le peu de liberté et de courage civil qui restait aux populations, quel pouvait être le scrutin du suffrage universel, sinon une de ces comédies dont la révolution italienne a été si prodigue? Quelle confiance donner au petit nombre de votes négatifs qu'on voulut faire figurer dans le dépouillement des voix, pour faire croire (aux imbéciles) que la violence n'y eut aucune part? Que penser de ce consentement unanime, spontané, enthousiaste, qu'ont vanté les organes de la révolution comme s'étant manifesté dans le plébiscite d'annexion? Sir Elliot, bien qu'attaché à la politique fusionniste de Lord Russell, ne put s'empêcher, dans une de ses notes à ce ministre, d'avouer qu'il n'existait pas dans ce royaume un désir sincère et universel en faveur de rannexion(i). Il aurait dû dire franchement que l'annexion y était en horreur à l'immense majorité des habitants. De longs mois d'expérience l'ont démontré d'une façon péremptoire. Malgré les mensonges sans retenue et sans pudeur dontla presse révolutionnaire déborde, les réactions multipliées, violentes et obstinées de toutes les provinces du royaume de Naples, le mécontentement général et incontestable des populations de Sicile, la haine irréconciliable qui enflamme le cœur de ces peuples contre le pouvoir et le nom du Piémont, sans parler de tant de correspondances qui nous ont révélé le mystère du vote universel ; tout nous prouve à l'évidence que si le poignard et l'oppression ont pu imposer l'annexion à dix millions de citoyens, le sentiment de leur indépendance traditionnelle n'apasdisparu de leur cœur, et ne les a pas rendus incapables de secouer le joug sous lequel ont courbé leurs têtes.
(1) Dép. de Sir Elliot a Lord Russell. Naples, 16 nov. 1860.
N'est-il pas merveilleux d'entendre diplomates et journalistes nous répéter à satiété cette élastique affirmation, que le peuple des Deux-Siciles a voulu librement s'annexer au Piémont? N'est-il pas plus merveilleux encore de les voir établir là-dessus, comme sur un fondement solide, leur politique et leurs raisonnements (i) ?
L'annexion au Piémont votée de la manière que nous avons dite, Victor-Emmanuel était invité à faire son entrée triomphale dans la capitale du royaume. Mais, avant d'aller prendre possession des nouvelles provinces, ce souverain laissait paraître son nom sur un décret qui aurait couvert de honte tous les monarques des temps passés. Garibaldi avait, depuis le 20 septembre, ordonné, sur le rapport de Conforti, la confiscation de 11,000,000 de ducats que la famille des Bourbons possédait à la Banque publique de Naples, et que le roi François H n'avait point voulu, avant son départ, convertir en rentes sur des banques étrangères. De ces 11,000,000 de ducats, une portion était le capital que le roi Ferdinand II avait laissé à ses dix enfants et aux pauvres; le reste constituait les majorais des princes royaux et les dots des princesses; le roi François II n'en avait qu'une part, en sa qualité de prince héréditaire et d'unique héritier de la Vénérable Marie-Christine de Savoie, sa mère, dont la dot, au terme d'un traité conclu avec la Sardaigne, devait être versée intégralement entre
(1) Le résultat du vote de iNaples et de Sicile ne représenta, d'après des calculs certains, que les 19 centièmes des votants désignés, et cela en dépit de tous les artifices et de tous les moyens de violence mis en usage. V. ladép. d'ElIiot à Lord Russell. Naples, 10 nov. 1860. Nous devons ici faire remarquer que plus d'un journal non légitimiste ni clérical, comme la Presse, le Courrier du Dimanche, etc., avoua solennellement que le suffrage universel, recueilli en celte occasion, ne fut qu'un musqué d'arbitraire et de despotisme. V. à cet égard le beau discours du marquis de Kormamby à la Chambre des Lords du 1" mars 1861.
ses mains (i). Or Garibaldi non-seulement confisqua ces capitaux considérables et en dépouilla les héritiers légitimes, avec un despotisme qui n'a pas d'égal; mais un nouveau décret de lui du 23 octobre statua que la moitié en serait employée à récompenser ceux qui avaient tramé la ruine de la monarchie des Bourbons et pris les armes pour les renverser du trône (2), Cet acte de spoliation indigna tout homme qui avait conservé dans le cœur un sentiment de droiture et d'honnêteté (r.); pareil décret allait contre tous les principes de la morale publique, des lois civiles et de l'humanité même; les rentes confisquées étaient le patrimoine d'orphelins qui, chassés d'un palais royal, s'en allaient privés de toute ressource ; ces rentes fournissaient le pain quotidien à de pauvres familles qui allaient désormais être condamnéesàmourirdefaim. Casella protesta, au nom du roi, contre le premier et le second de ces décrets inqualifiables, par deux circulaires du 6 octobre et du 15 novembre qu'il adressa à toutes les cours d'Europe, pour dénoncer à leur justice ces actes d'iniquité. LordRussell recommanda la circulaire de Casella à la libéralité du roi de Sardaigne (4) et en obtint pour réponse que le gouvernement du roi y donnerait son attention (5). Mais l'attention de M. de Cavour fut absorbée par le soin de dépouiller les monastères et les églises.
Après que Garibaldi eut payé de l'argent des Bourbons la trahison, l'ingratitude et la révolte des ennemis de la dy-
(1) V. la circulaire du minisire Casella de Gaéte 6 oct. (Corresp. anglaise de 1861, affaires d'Italie, ip. VII, n° iôi). V. aussi la lettre adressée de Gaète le 28 oct. à la Patrie.
(2) Décret publié dans le Journal de Naples le 30 oct. 1860. (3)Cetactefutcondamnéparlecorresp.mêmedu7îwesécrivantdeNaples, le 31 oct. {i) Dép. de Lord Russell a Sir Hudson du 29 oct. 1860.
(5) Dép. de Sir Hudson du 1" nov. et de Lord Russell au comte Ludolf du9 nov.
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nastie bourbonnienne, il voulut honorer d'une médaille ceux qui avaient débarqué avec lui à Marsala et l'avaient suivi dans ses combats jusqu'à Naples (i). De même, dans une revue splendide, il remit au bataillon hongrois des drapeaux aux couleurs nationales et leur fit présent de 40,000 fusils et de 2 batteries de canons rayés, évidemment destinés à servir la révolution de leur pays contre l'Autriche (2).
Cependant Capoue ayant capitulé et les troupes sardes ayant passé le Garigliano, le roi Victor-Emmanuel se disposait à faire son entrée dans la ville de Naples et à recueillir les fruits de la révolution. Le 7 novembre, accompagné de son Garibaldi, Victor-Emmanuel entrait dans Naples par une pluie torrentielle. Les Napolitains ne lui donnèrent aucune marque 'particulière d'enthousiasme, et cela au dire même du ministre britannique (3), contrairement à ce que voulurent nous faire croire les dépêches du parti. Le clergé avait refusé d'assister à toute cérémonie religieuse en l'honneur d'un prince regardé comme frappé d'anathème par l'Eglise. Dans les provinces toutefois il se trouva un évêque assez servile pour prêter son ministère à de telles fonctions. — Le lendemain fut publiée au nom du roi la proclamation suivante adressée au peuple des Deux- Siciles et communiquée le 10 du même mois aux habitants de l'île.
« Au peuple de tapies et de Sicile !
a Les résultats du suffrage universel me donnent le pou-
(1; La moitié avaient péri en Sicile et sur le Volturnc.
{% Sir EUiot, dans sa dép. du 18 nov, à Lord Russell, affirme que tel était le sentiment de ce bataillon.
(3) Dép. d'Eiliot du 13 nov. Naples.
« voir souverain sur ces nobles provinces. J'accepte ce « nouvel arrêt de la volonté nationale, non par un motif d d'ambition monarchique; mais sous l'impulsion de mes « sentiments consciencieux d'italien. Les devoirs de tous « les Italiens ont grandi. La vraie concorde et la constante û abnégation de soi-même sont aujourd'hui plus que jamais « nécessaires. Tous les partis doivent plier devant la mate jesté de la nation italienne que Dieu vient relever. Nous ce devons organiser un gouvernement qui assure la libre « existence du peuple et apporte une sévère rectitude à « l'opinion publique. Je mets ma confiance dans l'efficace « coopération de tous les honnêtes citoyens. Là oîi le pouce voir est modéré par des lois et fortifié par la liberté, le ce gouvernement acquiertautant d'influence sur la prospérité ce du peuple, que le peuple s'élève par les vertus privées ce et publiques. Nous devons montrer à l'Europe que, si la ce force irrésistible des événements rompt les conventions ce qui reposaient sur les calamités dont l'Italie a soufïert ce durant tant de siècles, nous savons comment restaurer ce dans la nation unie la prépondérance des principes sans ce lesquels toute société est malade et toute autorité de- « meure exposée à l'incertitude et à la lutte.
« Victor-Emmanuel. »
Le même jour, le roi siégeant sur son trône, Garibaldi et tous les ministres lui présentèrent le résultat du plébiscite. Conforti adressa au monarque les paroles suivantes: ce Sire, ce le peuple napolitain, rassemblé dans les comices électoee raux, vous a proclamé roi à une immense majorité. Neuf ce millions d'Italiens se sont réunis aux autres provinces (c que V. M. gouverne avec tant de droiture, afin de réaliser
« la promesse faite solennellement par vous, que l'Italie « doit être aux Italiens (i). » Le roi répondit en peu de mots qu'il acceptait cette offrande du peuple (offrande dont il était depuis un mois en pleine possession) et qu*il remerciait les bons citoyens qui avaient voulu rétablir ainsi le royaume uni d'Italie.
Par là, ce malheureux souverain, entraîné par l'élan de la révolution, accomplissait Tacte le plus honteux dont l'histoire fasse mention. Lui, le parent de François II, lui qui avait tendu au jeune roi une main d'allié, lui qui jusqu'à Gaëte lui avait fait parvenir des consolations et promis de ne jamais reconnaître l'usurpation de Garibaldi; lui qui, jusqu'au dernier moment, avait bercé de belles paroles l'ambassadeur de Naples à Turin, en l'assurant de son amitié, lui-même, après avoir envahi les Etats de François II, à la tête d'unearmée, il osait s'asseoir sur le trône de ce roi, son allié, son ami et son parent; il osait ceindre son front de la couronne qui lui appartenait!!
L'annexion prononcée mettait fin au pouvoir dictatorial; l'administration du royaume de Naples fut confiée au docteur Farini, homme porté aux extrêmes, suivant le portrait qu'en a fait Pianciani, et de plus, partisan du terrorisme, conspirateur de profession, proscrit autrefois de Rome et l'adulateur comme l'instrument le plus actif de la politique de Cavour (i). Ensuite furent nommés conseillersde la lieutenance Gaétan Ventimiglia pour l'intérieur, Joseph Pisanelli pour la grâce et justice et pour les affaires ecclésiastiques, Antoine Scialoia pour les finances, Raphaël Poerio pour l'instruction publique, le marquis Montefalcone pour
{{) Dép. de Naples du 8nov.
(2) Pianciani, op. cil. p. 27.
les travaux publics, Joseph de Vincenzi pour Tagriculture et le commerce, et de plus Mancini, Ferrigni et le marquis Caracciola, en qualité de simples conseillers sans attributions spéciales (i) ; les ministères de la guerre et de la marine et des affaires étrangères, qui devaient se concentrer dans la capitale du nouveau royaume d'Italie, furent supprimés.
Au gouvernement de la Sicile fut préposé de la même manière Montezemolo, avec Cordova, Lafarina, Pisani et Scalia pour conseillers de lieutenance.
Le roi de Turin décora de l'Ordre de St-Maurice le marquis Pallavicini et Mordini pour les services qu'ils avaient rendus dans le suffrage universel et il admit dans son armée plusieurs des généraux de l'armée garibaldienne. Peu de jours après (14 novembre) il adressa à Farini une lettre où il lui disait que la religion et l'éducation du peuple avaient été l'objet constant des préoccupations de son règne, parce que les institutions sociales, pour être utiles, devaient être comprises des populations. Il lui envoyait donc 200,000 fr. comme encouragement «à la formation des associations propres à faire avancer ce travail de progrès civil et chrétien pour lequel, comme gouverneur et comme homme, il avait la plus vive sollicitude. »
Mais avant que Farini eut pris possession de la nouvelle dignité de lieutenant de Naples, Garibaldi avait quitté cette capitale pour se retirer surle rocherdésert de Caprera, dont il voulait faire le centre de nouveaux complots et de plus vastes insurrections, Il avait demandé au roi à retenir pour une année entière le gouvernement absolu des pro-
(I) Dép. de Sir Hudson. Turin, U nov. 1860.
vinces conquises, et, à la suite du refus qu'il essuya, il avait quitté Naples où il n'aurait pu se résigner à voir à sa place Farini dont la politique lui avait souvent fait une vive opposition (i). Toutefois, avant de s'éloigner, Tex-dictateur adressait à ses partisans une proclamation dans laquelle, après avoir vanté ses compagnons d'armes et les avoir comparés aux soldats de la Grèce qui entraient dans les rangs épais des phalanges vnacédoniennes et déchiraient la poitrine des superbes vainqueurs de V Asie, il annonçait qu'il leur restait encore à ajouter à la première page de leurs exploits une autre page plus glorieuse; il les exhortait à se tenir serrés autour de Victor-Emmanuel, oubliant les divisions de partis et se préparant à la prochaine campagne du mois de mars 1861, qui devait réunir sous les drapeaux italiens une armée d'un million d'hommes. Il terminait par la promesse de les conduire bientôt à de nouvelles victoires.
Après ledépartdeGaribaldi, un ordre de Fanti prononça la dissolution et le désarmement de ses troupes: il fit occuper par les Piémontais tous les postes qui avaient été confiés naguère aux Garibaldiens; les officiers de Garibaldi et les employés du ministère de la guerre furent congédiés, moyennant une gratification de solde de 1 à 6 mois, qui, pour les soldats seulement, coûta au gouvernement de Naples de40 à GOmillions de francs et peut-être plus: surles rôles militaires figuraient 49,000 hommes, parmi lesquels un grand nombre d'officiers sans soldats; à Palerme, on en comptait jusqu'à 2,500; la plupart n'avaient pas vu le Volturne, plusieurs n'avaient pas même passé le détroit; une quantité appartenaient aux classes les plus viles et même les plus perverses
(1) Dép. d'EUioià LordRussell. Naples, 9 nov.
de la société, gens plus aptes à la piller qu'à la défendre (i). Or, ces officiers devinrent à Naples et en Sicile l'occasion des plus graves désordres; la jalousie s'en mêlant et s'ajoutant au mépris pour les Piémontais qui ne leur rendaient pas le salut militaire et leur tournaient le dos, quand ils les rencontraient, les disputes, les coups de poignard et de pistolet, les guet-à-pens et les homicides allaient leur train. Les Garibaldiens comprenaient que leur chute était la conséquence de la retraite de leur chef; voilà pourquoi jour et nuit ils criaient, hurlaient, tempêtaient pour que Garibaldi revînt au pouvoir; ils s'ameutaient contre Farini et le roi de Sardaigne; ils sifflaient Thymne composé pour Sa Majesté ; ils ordonnaient l'interruption de ce chant avec des revolvers à la main et voulaient qu'on y substituât l'hymne à Garibaldi ; les théâtres ayant été fermés par ordre de Farini, ils les ouvraient de vive force et de vive force également, ils faisaient chanter l'hymne du dictateur. Les fêtes solennelles que Naples offrit au nouveau roi, avec accompagnement de transparents, d'arcs de triomphe, de festins et d'illuminations, ne suffirent pas à apaiser les colères et les furieux ressentiments de cette soldatesque, et bon nombre d'émissaires se rendirent à Gênes et à Livourne, pour y renouveler les scènes de Naples et de Sicile. Le roi, dans le but de les apaiser, décréta que les Garibaldiens avaient bien mérité de la patrie; il créa, en outre, une commission, composée d'officiers des deux armées, qui aurait à examiner les réclamations des officiers de Garibaldi et à juger s'il fallait ou non leur conserver leur grade dans les rangs de l'armée piémontaise. Cette mesure ne fit pas ces-
(1) V. corresp. de Turin du 22déc. 1860 au Times et le discours du général La Marmora au parlement de Turin (18 Mars).
ser le mécontentement, de ces turbulents amis, dont la plupart n'étaient point de force à soutenir un examen proportionné au grade qu'ils occupaient. Les républicains, cependant, profitaient de Tirritation des volontaires de Garibaldi; ils en fortifiaient leur influence et devenaient tous les jours plus redoutables. Commandés à Naples par Boni, par Saffi, par Nicotera, par Libertini,etc. et à Palerme, par Crispi et par d'autres hommes de cette trempe, ils acquéraient un tel ascendant, surtout après la fondation des associés de Vunité nationale, faite par Mazzini (i), qu'ils entravaient de toute façon le gouvernement de Sardaigne, et qu'avec les volontaires de Garibaldi, ils en minaient secrètement les bases (2). Leur association pénétrait dans les classes populaires, elle avait des centres de mouvement et d'action, des finances organisées, des chefs préposés à la direction des diverses sections et des journaux qui en publiaient les résolutions et les ordres; les républicains n'hésitaient pas à annoncerleurs projetsen plein jour; ilsdécrétaient qu'il ne fallait pas encore proclamer la république et prenaient le roi de Sardaigne sous leur protection, jusqu'à ce que fût passé le quart d'heure pendant lequel il leur était nécessaire (5).
Mais ce n'étaient pas seulement les Garibaldiens et les Mazziniens, tous gens du même bord, qui rendaient difficile le gouvernement de Victor-Emmanuel à Naples et mettaient sa personne en mépris et en danger. Outre les partisans et les promoteurs de la dynastie de Murât, qui n'étaient pas la
(1) V. le programme de cette association dans le Morning-Star du 12 déc. 1860 et dans le Monde du 16.
(2) Dép. d'Elliot à LordRussell, Naples, 16 nov. 1860. Times, 23 nov.
(3) Proclamation des Mazziniens. Journaux de Naples de décembre. Le Monde^ î6 déc.
dernière cause de désordre dans le ro}aume(i),une des principales sources de désorganisation pour l'Etat résidait dans la corruption et la perversité des employés que la révolution avait nommés aux décastères et aux charges publiques. « La corruption, écrivait sir Elliot à John Russell, la corce ruption qui a envahi toutes les branches du service puce blic sous le gouvernement de la dictature surpasse de « beaucoup celle qu'on déplorait dans les temps les plus c( corrompus qui l'ont précédé (2). » Telle cause, tels hommes pour la servir.
C'est pourquoi lemécontentementnefaisaitqu'augmenter dans les populations qui avaient été asservies par fraude, par trahison et par violence au nouvel ordre de choses; le manque de travail et la cherté des vivres avaient démesurément accru la misère dans le peuple, non moins que dans les classes plus aisées, l'indignation publique grandissait à proportion et toutes ces causes ensemble préparaient et développaient les réactions terribles dont nous parlerons aux chapitres suivaats. Les Napolitains surtout ouvraient les yeux sur l'humiliante condition où ils étaient tombés de peuple conquis et gouverné par les Piémontais, comme une des provinces du royaume de Sardaigne (3); ils voyaient dans le roi Victor-Emmanuel un homme grossier, dur et peu affectueux, un chasseur et un soldat (4); le mépris et la haine dont il était l'objet avaient leur expression jusque dans l'attitude que chacun prenait devant sa personne. Ce malheureux roi en était réduit à se montrer fort peu en
(1) Dép.cilée d'EUiot à Lord Russell.
(2) Dép. d'EUiot du 15 oct. et du 9 nov.
(3) Dép. d'Elliot à Lord Russell, 16 no\. Times duU nov. et du 6 déc. 1860.
(4) V. le Times, 1. c.
public, pour ne pas être en butte à l'indignation générale et exposé aux sifflets; il craignait aussi, et non peut-être sans raison, qu'on en voulût à sa vie : quand il devait traverser les routes publiques, il avait la précaution de ne sortir qu'armé et escorté d'hommes armés, comme s'il allait se frayer un passage à travers un camp ennemi (i).
Tandis que le royaume de Naples se trouvait dans une pareille situation, le roi Victor-Emmanuel, après avoir reçu le résultat dn plébiscite effectué dans les Marches et dans rOmbrie avec les mêmes moyens qu'à Naples et en Sicile (2), après avoir reçu une commission du parlement de Turin, qui venait le féliciter de la nouvelle annexion, s'embarqua à la fin de novembre pour la Sicile, salué par l'artillerie des vaisseaux anglais. A Palerme, on s'attendait à quelque chose de merveilleux : 150,000 ducats avaient été destinés à fêter l'arrivée du nouveau prince. C'étaient des arcs de triomphe somptueux et gigantesques le long de la rue de Tolède; une grande tour surmontée d'une statue colossale du roi à cheval, des transparents et des statues représentant les principaux personnages de la révolution italienne sur la place du Palais royal, une immense colonne portant à son sommet la statue de Garibaldi sur la place dite de la Marine, etc., etc. Mais la statue de Victor-Emmanuel, malgré les barres de fer qui la fixaient, fut quelques jours avant l'arrivée du roi, renversée par un vent furieux et brisée en tant de morceaux, elle et son cheval, qu'il fut impossible d'y porter remède. Quelques-uns voulaient conserver après les fêtes la colonne et la statue de Garibaldi,
(1) V. lescorresp.
(2) Depuis le 11 sept., le roi de Turin avait créé Pepoli et Valerio gouverneuis de l'Orabrie et des Marches; qu'était-il besoin de plébiciste?
comme un souvenir de la révolution, et en effet ce monument aurait pu avoir une longue durée, à raison des robustes pièces de bois qui en formaient la charpente; mais les efforts de la tempête renversèrent la colonne sur sa base et la mirent en pièces. Le peuple vit ces deux faits avec étonnement et en augura dans son imagination de futures catastrophes.
Cependant Palerme regorgeait de curieux accourus de tous les points de l'ile pour contempler un roi dans ces murs qui l'avaient appelé de tous leurs vœux durant plus de dix années ; tous les édifices, toutes les auberges, tous les couvents étaient remplis de monde ; dans les rues la foule était si compacte qu'il fallut pendant quelques jours interdire la circulation aux voitures. Le peuple sicilien désirait de voir un roi, parce qu'il désirait son indépendance ; il ne savait d'ailleurs pas que le souverain piémontais ne venait que faire l'inspection et prendre possession d'un nouveau fief de sa couronne, pour l'abandonner ensuite aux volontés de ses agents. Le 1 décembre, Victor- Emmanueltouchaità Palermeet son parti l'y accueillit avec transport. Il fit aussitôt publier la proclamation suivante :
cf C'est avec une profonde émotion que je mets le pied « sur le sol de cette île glorieuse, qui autrefois, comme « présage des destins actuels de l'Italie, eut pour prince un « de mes aïeux, qui plus récemment choisit pour son roi « mon défunt frère et qui aujourd'hui m'appelle par ses « vœux unanimes à étendre sur elle les bienfaits de la « liberté et de l unité nationale. De grandes choses se sont <c accomplies en peu de temps et il doit s'en accomplir en- « core de non moins grandes; mais confiant dans l'assis-
« tance divine et dans le concours des peuples italiens, « nous espérons arriver au terme de cette magnanime en- « treprise. Le gouvernement que je vous apporte sera un « gouvernement de restauration et de concorde; il respecte tera sincèrement les droits de la religion, et maintiendra c( intactes les anciennes prérogatives qui font l'ornement « de l'Eglise sicilienne et le soutien de Vordre eivil (i). 11 « jettera les bases d'une administration qui établira les « principes de moralité indispensables à toute société régate lière, qui, en développant progressivement les principes « de réconomie sociale, fera refleurir en Sicile la fertilité « du sol, le commerce, l'activité de la marine et mettra c( tous les habitants en possession des dons que le Ciel a « largement répandus sur cette terre privilégiée.
« Siciliens! votre histoire est l'histoire des grands faits « et des généreuses entreprises ; le temps est venu pour « vous, comme pour tous les Italiens, de montrer à l'Euc< rope que, si nous savons conquérir par la bravoure Yin- « dépendance et la liberté, nous savons aussi les garder ce par la concorde et par les vertus civiques.
« Victor-Emmanuel.
<e J.-B. Cassinis. »
Pjlenue, I déceiîibie. l.St)0.
Cependant, le 2 décembre, Païenne fut dans un état d'extrême agitation; le peuple faisait une bruyante démonstration contre Mordini, contre son ministère, contre les agents du Piémont, contre le nouveau gouvernement et contre le roi; celui-ci ne se vit plus en sûreté dans la capitale de
(1) C'était là le seul niolif pour lequel étaient maintenus les privilèges de Téglise de Sicile, desquels nous avons parlé au chap. \\.
l'île; onsoupçonna et l'on découvrit des conspirations contre sa vie; sa gloire s'obscurcit, son triomphe tomba à néant. Après quatre jours de résidence à Palerme, et sans vouloir visiter les villes princi[)ales, suivant la promesse qu'il en avait faite, Victor-Emmanuel partit à l'improviste le 6 décembre et fit voile vers Naples. Un télégramme' annonçait à Paris que le roi avait dû quitter Palerme (i). Mais, à Naples, les affaires allaient de mal en pis; les esprits y étaient plus irrités, plus aigris que jamais et les réactions s'y produisaient avec tant d'éclat que la nouvelle dynastiesemblait près de succomber à son tour. En attendant, l'on transportait à Turin d'immenses trésors artistiques enlevés aux palais de Naples, trésors et curiosités qui avaient si longtemps attiré dans cette capitale une multitude d'étrangers (2). Le palais des Bourbons était également dépouillé de ses meubles les plus précieux et des chefs-d'œuvre les plus estimés, pour en décorer le palais de Turin, où l'on transportait jusqu'aux plus riches voitures et jusqu'aux plus beaux chevaux des écuries royales. L'arsenal de Naples fut vidé, et l'on fit aussi le vide dans les magasins où les derniers monarques conservaient le grain destiné au peuple pour les années de disette; enfin tant le matériel de guerre et de marine que les approvisionnements de blé, tout fut transporté à Spezia et à Gènes pour servir à l'usage des conquérants de l'infortuné royaume (5). Les Napolitains voyaient bien que leurs villes étaient devenues la proie des Piémontais qui s'enrichiraient de leurs richesses; ils
(J) V. lacorresp. de Turin du 10 déc. à YUnion dans le Monde du 14déc. (2) V.la circulaire de Casella du fo nov. et les corresp. de Naples dans le Monde du 5 janvier 1861.
(5) Corresp. de Naples. V. le Monde du 6 et du 1> janv. 1861.
maudissaient donc le jour où le soldat de Sardaigne avait, pour la première fois, mis le pied dans leurs contrées. Estce qu'après cela Victor-Emmanuel pouvait prolonger son séjour à Naples? II redoutait de nouveaux complots (i), des réactions plus violentes, une explosion subite et funeste à sa couronne. Il s'en allait donc, comme en fuyant, le 28 décembre, à 2 heures du matin, et, le 31 du môme mois, il rentrait à Turin.
(1) Ces complots étalent déjà organisés, paraît-il. V. corresp. de Turin d» 27 déc. à VUnion dans le Monde ùu 3! déc. 1860.