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Chapitre XXII

ETAT RELIGIEUX ET CIVIL DES DEUX-SICILES A L ÉPOQUE DE L INVASION DE GARIBALDI. — CHANGEMENTS MINISTÉRIELS DANS l'iLE.

Avant d'aller plus loin dans notre pénible tâche, nous devons jeter un regard en arrière sur les terribles plaies que l'invasion garibaldienne fit aux Deux-Siciles dans l'ordre religieux et dans l'ordre civil. Nous avons assez dit quel fut le caractère anti-religieux de la révolution italienne qui, suivant les propres paroles du Souverain Pontife, dans son allocution du 13 juillet : « se propose de renverser de ses « fondements, si cela se pouvait jamais faire, l'Eglise et sa « doctrine salutaire, d'éteindre tous les sentiments de la foi « chrétienne, de la vertu, de la loi naturelle elle-même, de « la justice, de l'honnêteté et de la probité, et d'en extirper « les racines. » Quoi que puissent tenter les journaux révolutionnaires et les brochures du même parti, pour repousser^cette accusation ; et malgré ce qu'ils ne cessent d'affirmer, que la religion sera en Italie plus respectée et mieux défendue par le gouvernement de la révolution qu'elle ne le fut jamais: cette vérité, tombée des lèvres augustes de notre premier pasteur, a été mise en pleine lumière, et chaque jour en accroît l'évidence; et pas un homme de bonne foi ne saurait être d'un avis différent.

L)u jour où Garibaldi mit le pied en Sicile, il s'aperçut

que la foi catholique y était profondément enracinée; c'est pourquoi, dans l'unique intention d'assurer le dénouement de son entreprise, il voulut affecter, le plus possible, religion et piété, et il recommanda aux siens une extrême prudence à cet égard. Nos lecteurs ne pourront s'empêcher de rire quand nous leur dirons qu'un des moyens par lesquels le héros du jour s'étudia à séduire en Sicile le peuple des campagnes, les classes inférieures des villes et jusqu'aux nonnes ingénues, ce fut de leur faire accroire qu'il était un Saint! un homme intérieur!! en communication directe avec Dieu!! {Deus fuij us seciili?), com\^arQh\e aux plus illustres chefs du peuple d'Israël! !! Aussi, pour se montrer dévot {et plus encore pour inspecter les lieux), il fit le tour des monastères de Palerme; et tantôt il assurait n'avoir pas l'intention de molester les Vierges consacrées à Dieu, tantôt, se couvrant le visage de la main, véritable geste de comédie, il protestait contre la dure nécessité qui l'avait obligé à chasser les Jésuites, non sans en éprouver une vive peine de cœur; ici, 'û faisait de profondes révérences devant les images des Saints, il allait répétant, comme par parenthèse, aux nonnes qui le suivaient : « Et puis ils disent que je suis « excommunié! » là, dans un accès de tendre piété, il s'humiliaitjusqu'à embrasserdévotement quelque religieuse infirme. Partout, usurpant des dehors et des propos d'ascétisme, il s'efforçait de soutenir le caractère à'homme de Dieu. 11 voulut ensuite donner au peuple de Palerme un nouveau témoignage de sa dévotion, en répandant le bruit qu'il se rendait au Pellegrino uniquement pour vénérer le sanctuaire de la vierge ermite Rosalie, pour laquelle les habitants de cette ville ont une grande dévotion. Puis à l'occasion de la messe Pontificale, qui a coutume de se celé-

brer à la fête de sainte Rosalie, il se transformait en légat apostolique de la sainte Eglise romaine, pasquinade aussi digne de sa personne qu'injurieuse à ceux qui lui faisaient cortège. — Il montait en chemise rouge sur le trône royal érigé dans la cathédrale de Paierme et assistait en roi au sacrifice solennel, dégainant l'épée, comme d'habitude, pendant la lecture de l'Evangile; c'était, aux yeux du peuple, jurer de défendre, au prix de son sang, la foi catholique qu'il était venu détruire. Par ces comédies et d'autres du même genre, il jouait devant la multitude et pour les sots, le rôle menteur d'un homme pieux et religieux, tandis que, sous sa direction, ses partisans travaillaient à détruire tout sentiment de foi et de vertu chrétienne.

Pour nous convaincre de cela, il suffirait de jeter un regard sur l'un de ces journaux d'un baïoque, qui avaient la mission d'altérer les maximes religieuses du peuple et de pervertir son esprit. Ces journaux prêchaient les doctrines les plus opposées aux principes du christianisme et les erreurs les plus subversives de l'enseignement catholique. — Ils faisaient caricature des dogmes sacrés de la foi et repoussaient, avec une légèreté impie, celui de l'Immaculée Conception de la Vierge, devant un peuple qui, depuis des siècles, avait juré de verser son sang pour cette sainte croyance. Ils tournaient aussi les sacrements en dérision de la manière la plus injurieuse, surtout le sacrement de la Pénitence et de la Communion, et méprisaient sans retenue les lois de l'Eglise. Aux journaux venaient en aide une infinité de mauvais livres de tout genre, d'historiettes, de romans, de poésies, de catéchismes irréligieux, d'abrégés du protestantisme, d'almanachs obscènes et impies, toutes publications également légères et irréligieuses, mais

toutes également eflicaces à verser le venin le plus mortel dans le cœur du peui>le abusé. On rendait familières et agréables aux masses, desdoctrines et des maximes qu'elles n'auraient jamais dû connaître, si ce n'est pour les abhorrer. Les bibles de l'apostat Diodati arrivaient dans ce pays par milliers et le nouveau gouvernement en facilitait la propagation dans toutes les provinces, et toutes les communes de l'île étaient exhortées par les journaux à imiter sur ce point la capitale. Et, comme les écrits elles livres ne disent pas grand' chose à la foule ignorante et au bas peuple qui ne sait i)as lire, on y suppléait au moyen d'images et d'estampes qui parlent aux yeux et n'en répandent que plus vite le venin de l'erreur et du mensonge. Outre les gravures que publiait la Forbice, mauvais journal de Palerme, le Fischietto de Milan et d'autres feuilles de la même trempe en distribuaient une immense quantité aux Siciliens. Partout ces turpitudes illustrées venaient exposées à la curiosité du peuple et certains partisans de Garibaldi se chargeaient d'en expliquer la signification; tantôt c'étaient des prêtres et des religieux dans des attitudes grotesques et indécentes, et parfois même le Souverain Pontife et ses cardinaux; tantôt c'étaient nos saints mystères et nos dogmes figurés sous des emblèmes outrageants qui ne pouvaient que les faire mépriser ou mettre en oubli. Cependant les volontaires de Garibaldi, dont plusieurs étaient véritablement une lie infâme d'hommes animés d'une haine mortelle contre le Catholicisme, apportaient une large et diabolique coopération à l'œuvre impie dont nous parlons. Fouler aux pieds les saintes images, déchirer à coups de baïonnettes, dans l'église de Reggio le magnifique tableau de S. Ignace de Loyola, profanerdans cette ville et àNaples

les pierres sacrées et les plus vénérables reliques, affliger nos temples de monstrueux sacrilèges; c'étaient là des usages familiers à ces Mazziniens qui, en 1848, les avaient pratiqués à Rome sur une plus grande échelle.

Leur langue était satanique; les blasphèmes qu'ils vomissaient contre tous les objets de notre vénération, eussent fait envie au prince des ténèbres; leurs expressions pour qualifier le chef suprême de l'Eglise respiraient une haine ignominieuse et frénétique; ruine et mort au Pape! voilà leur cri solennel.

Le peuple de Sicile, bien qu'il fût trompé et entraîné par tant d'attaques et d'allusions impies contre le Pape et son domaine temporel, et bien que, dans l'ivresse de la révolte, sa foi se fût grandement affaiblie, n'avait pas perdu le sentiment catholique, qui est le dernier à disparaître du cœur des peuples. Mais Garibaldi imaginait un moyen de corruption puissamment efficace. — Il instituait à Palerme un collège qui aurait eu ses ramifications dans toutes les provinces; y rassemblait les enfants du peuple, et pour les avoir en plus grand nombre, faisait assigner à chacun d'eux 3 carlins (1 fr. 25 c.) par jour, qu'ils consommaient ordinairement dans le jeu et dans le vice. 11 en confiait ensuite la direction à Mario, un vieux Mazzinien,qui déclara franchement « que l'éducation religieuse qui serait donnée à ces jeunes gens, ne serait pas tout à fait celle des prêtres catholiques et qu'on ne leur enseignerait pas ces momeries de confession, de communion, de pape etc., qu'on avait coutume d'insinuer à la jeunesse; mais que ce serait une instruction adaptée aux temps et aux nouvelles conditions de l'Italie régénérée. » Tel était donc le but de ces établissements d'éducation populaire, à savoir : de gâter dans son

premier germe la foi catholique, de la déraciner entièrement du cœur des jeunes gens et de corrompre ainsi sans remède la nouvelle génération. Le gouvernement i)iémontais continuera maintenant cette importante mission qui lui tient fort au cœur, de décatholiser l'Italie.

Pour ce qui concerne les ecclésiastiques et les évêques, Garibaldi et son gouvernement ne tardèrent pas à fouler aux pieds toute loi canonique; ils se jetèrent sur le patrimoine de l'Eglise, dévalisant d'abord, autant que possible, monastères, couvents, chapitres, menses épiscopales, legs pieux et ecclésiastiques, imposant aux maisons religieuses de fournir des vivres et des logements aux milices nationales; encaissant net plusieurs rentes d'églises et exigeant 2 % sur le capital des autres fonds de même nature, outre les contributions soi-disant volontaires qui dépouillèrent les monastères, les couvents et les évèchés. Dès que le dictateur fui à Naples, il porta une main plus audacieuse encore sur les biens de l'Eglise. En effet, le 22 septembre, il statua que tous les fonds épiscopaux et archiépiscopaux deviendraient propriété de l'Etat; que l'Etat assignerait ensuite aux évêques un revenu convenable qui ne dépasserait jamais 2000 ducats (8332 francs). De cette manière, Garibaldi spoliait les riches évêchés de Sicile et de Naples, que les grandes familles et les plus puissants souverains du royaume avaient généreusement dotés d'une part de leurs patrimoines; il leur ôtait les moyens d'opérer ces œuvres de bienfaisance publique auxquelles les lois de l'Eglise veulent que soit appliquée une i)ortion des menses épiscopales, ainsi que les moyens de conserver les grands séminaires de leurs diocèses avec éclat et honneur (i).

(1) Le gouvernement piémontais, par sa loi du 18 février 1861 contre les ordres

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Néanmoins, une partie du clergé, surtout en Sicile, ou ne connut pas ou feignit de ne pas connaître la perversité des intentions du dictateur et de toute la révolution dont il était le capitaine. Nous devons ici convenir que les journaux protestants ne se réjouirent pas à tort, cette fois, de voir un assez grand nombre des ecclésiastiques siciliens être de complicité manifeste avec la révolution garibaldienne.

Le Souverain Pontife, dans l'allocution déjà citée, se plaignit amèrement de la conduite de ces aveugles qui, «'éloignant du droit sentier, se mêlaient à des manœuvres entièrement étrangères au caractère sacerdotal. « 11 est « spécialement à déplorer, disait Sa Sainteté Pie IX, qu'il « s'est trouvé en Sicile quelques membres du clergé qui, « oubliant le Seigneur et le devoir des prêtres envers le « peuple, au grand scandale et à l'indignation des bons, « n'ont pas rougi de prêter leur concours aux ennemis de « l'Eglise et de toute justice. » Le vénérable pontife n'exagérait point et ne se servait pas d'expressions outrées contre ces malheureux. Ne fut-ce pas pour la Sicile et pour les catholiques du monde entier un objet de scandale et d'indignation que de voir des prêtres et des religieux, l'épée au côté et le fusil sur l'épaule et même quelquefois en chemise rouge, marcher en tête d'un ramassis d'insurgés ou se confondre parmi leurs rangs?Quoi de plus scandaleux aussi que ces ecclésiastiques qui, sans pudeurni réserve, se déclaraient pour Garibaldi et s'offraient à former des légions et à combattre à ses côtés contre le roi de Naples, et peut-être hélas! contre le Souverain Pontife lui-môme? Quel scandale

religieux et les propriétés du clergé, a complété l'œuvre de spoliation, commencée par Garibaldi.

que ces bouches de prêtres s'aventurant à déclamer contre le pouvoir temporel de l'Eglise, outrageant le Vicaire de Jésus-Christ des qualifications les plus ignominieuses, méprisant les arrêts de son autorité, comme juge souverain de la morale publique; se riant des excommunications lancées par lui contre les envahisseurs des biens de l'Eglise et du patrimoine de S'-Pierre; laissant enfin entrevoir des pensées de schisme et d'apostasie! Quel scandale que certain prêtre et même certain curé allant jusqu'à prêcher la croisade contre le Saint-Père et cela, avec une telle animosité que dans telle commune le peuple en fut soulevé d'indignation et menaça des effets de sa colère les nouveaux apôtres de satan! N'avons-nous pas à rougir, nous, catholiques, de l'avilissement où tombèrent quelques prélats des Deux-Siciles, en protestant, soit par crainte ou par nécessité, de leur dévouement personnel à Garibaldi, qui les reçut de la manière la plus impolie et avec des insultes abominables à l'adresse du Pontife dont ils représentaient l'autorité?

L'éloge du clergé de Sicile fait par Garibaldi était une tache d'infamie qu'il lui imprimait et que la plupart de ces dignes ecclésiastiques auront certainement repoussée avec mépris : et nous ne croyons pas que les feuilles révolutionnaires d'Italie et les journaux protestants de la Grande- Bretagne aient pu faire un plus sanglant affront à l'archevêque de Palerme qu'en lui décernant leurs éloges pour avoir été en Italie le premier prélat qui ait fait visite à Garibaldi. Mais ce qui causa le plus de surprise et de douleur, ce fut de voir que le chanoine Ugdulena, après toutes les justifications qu'il avait présentées au Souverain Pontife, une année auparavant, pour se disculper de sa participation

à la révolte de 1848, eût de nouveau trempé dans l'insurrection garibaldienne. Assurément si les égards de reconnaissance qu'il devait au gouvernement de Naples, qui s'était réconcilié avec lui et avait cherché à lui faire oublier ses mécomptes de 1849 en l'élevant aux dignités ecclésiastiques, si la reconnaissance, dis-je, n'avait pas suffi pour lui commander la modération et le respect dans les troubles de 1860, les motifs de religion auraient dû lui suTire. Homme de haute et forte intelligence, savant et érudit, iî ne pouvait méconnaître l'impiété des principes qu'apportait la révolution de Garibaldi. Que s'il voulait, comme il l'a dit et comme l'ont pensé ses amis, opposer par son influence une barrière au torrent qui menaçait de ruine le troupeau du Christ, il ne devait pas, lui prêtre, connu du monde catholique par ses remarquables travaux, il ne devait pas, à double reprise, accepter un portefeuille des mains de Garibaldi et siéger à côté des plus furieux ennemis de la religion, sans pouvoir en rien contrecarrer leurs projets; il ne devait pas se faire le promoteur de levées et {l'enrôlements de troupes, destinées à combattre contre le père commun des fidèles, ni adresser aux évêques siciliens des circulaires, les engageant à seconder pareille entreprise; il ne devait pas s'abaisser à approuver et à signer, comme ministre des affaires ecclésiastiques, les actes les plus contraires et les plus injurieux à la liberté et à la propriété de l'Eglise; il ne devait pas souffrir, sans mot dire, que les flots bourbeux de l'erreur inondassent la Sicile, et qu'au risque de semer le schisme et l'apostasie, on sapât effrontément les principes les jdus essentiels du catholicisme. A quoi bon, après cela, la profession qu'il a faite de son respectueux dévouement à l'autorité spirituelle du Souve-

rain Pontife, dans ce temps de duplicité et d'hypocrisie? Le gouvernement piémontais n'a-t-il pas répété plus d'une fois de semblables déclarations qui n'ont trompé que les gens niais ou aveugles? — Rapprocherons-nous l'illustre chanoine des Gavazzi et des Achilli? c'est ce que fait à peu près un journal protestant; nous nous contenterons de faire observer que les erreurs des sommités intellectuelles se mesurent d'ordinaire à leur grandeur.

En quoi nous ne saurions partager l'avis dnJlorning-Post, c'est quand il donne l'exemple de ces ecclésiastiques fourvoyés, pour la règle de conduite que tint le clergé de Sicile. Nous sommes certains, au contraire, qu'à peu d'exceptions près, le clergé des six provinces en dehors de Palerme, ne pactisa point avec la révolution garibaldienne. Dans la province même de Palerme, si un grand nombre d'ecclésiastiques, bien qu'opposés aux maximes antireligieuses de cette révolution, cachèrent leur manière de voir par faiblesse de caractère et par calcul de prudence, il n'en manqua pas cependant qui combattirent, à face découverte, le combat du Seigneur. Ainsi le clergé de Monreale tout entier mérite une mention spéciale. — Avec un courage au-dessus de tout éloge, il prêcha ouvertement contre les principes anticatholiques du parti révolutionnaire; les menaces d'emprisonnement, d'exil et de mort ne l'intimidèrent pas et il affronta les plus grands dangers pour honorer le sacerdoce et défendre la foi. Plusieurs évèques de Sicile firent preuve du même héroïsme.

M^"" Guttadauro, des princes Rebordoni, évêque de Callanissetta, déclara solennellement ne vouloir prendre aucune part dans le gouvernement de la révolution et défendit sévèrement la même chose au clergé de son diocèse. M»' Cri-

scoli, évêque de Trapani, menaça d'excommunication et, si c'était un prêtre, de suspension a cUvinis, quiconque oserait attaquer le domaine temporel du Pape ou répandre d'autres maximes d'impiété; il publia ensuite un savant opuscule contre un pamphlet destiné à propager des principes erronés sur le pouvoir de l'Eglise.

M^' Papardo, évêque de Messine, montra encore plus d'intrépidité; et sa fermeté fut vraiment celle d'un premier pasteur. Garibaldi, après son entrée dans cette ville, ayant reçu la visite de plusieurs prêtres malavisés, avait donné l'ordre que l'évêque, à son tour, avec le reste de son clergé vînt en personne lui promettre obéissance et reconnaître sa dictature. Le courageux prélat refusa sans hésiter de se soumettre à un acte qui aurait avili la dignité de son caractère. Alors le dictateur le fit arrêter et juger par une commission spéciale, bien résolu qu'il était de donner un exemple terrible, pour qu'à l'avenir aucun prêtre ne se permît plus de résister à ses ordres. Mais ce tribunal, (jui désirait infiniment contenter le dictateur, ne réussit pas à trouver des raisons suifisantes pour la condamnation capitale qu'avait en vue ce despote aventurier. La sentence portait seulement que l'évêque s'éloignerait à l'instant de la Sicile. Mais l'admirable prélat ne se plia pas même à cette injonction ; il répondit ((u'il n'abandonnerait son troupeau que par la force; la force fut donc employée et M?' Papardo traîné à bord d'un vaisseau fut transporté à Civita- Vecchia. Pareille violence eut lieu, toujours par ordre de Garibaldi, envers l'excellent évêque de Caltagirone, M^' Natoli, arrêté dans son palais et traduit hors de son diocèse par une escouade de Garibaldiens. Ainsi le dictateur donnait libre cours à sa haine invétérée contre le clergé ca-

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cholique; il n'avait pas eu l'occasion de sévir à Palernie, où les prêtres avaient caressé son ambition; mais il comprenait maintenant qu'il n'avait pas seulement à faire en Sicile à des Gavazzi et à des Achilli.

A Naples, comme dans l'île, la révolution garibaldienne fit les plus grands efforts pour décatholiser ce peuple. L'inondation des mauvais petits livres écrits avec la plume desatan y fut encore plus grande qu'en Sicile et les Bibles de Diodati y furent répandues avec plus de profusion. Des sociétés impies s'y organisèrent dans le but de corrompre la foi des habitants. Les voyageurs protestants eux-mêmes écrivaient de Naples qu'ils n'auraient jamais cru qu'on déploierait tant d'activité dans cette capitale pour détruire les croyances du peuple et l'élever à l'école du protestantisme (i). C'était l'éducation que Garibaldi voulait faire donner au peuple par la classe instruite de la société.

«Votre devoir, » disait-il à Naples aux personnes les plus cultivées, « votre devoir est d'enseigner le peuple à être « Italien et à défendre ses libertés. Enseigner le peuple « veut dire assurer son indépendance : la liberté et la gran- « deur de l'Italie dépendront de la forte et salutaire éduca- « tion du peuple (i). » Or dans le même discours il avait dit que le pape était l'ennemi de la liberté et de la religion même du Christ, qui est une religion de liberté; il avait recommandé de répandre cette doctrine et de la faire pénétrer dans les masses ; élever le peuple à la liberté, voulait donc dire dans la bouche de Garibaldi l'élever à l'école du protestantisme. La nouvelle société mazzinienne qui se

(1) V. la correspondance d'un protestant dans la Free-Press de Glascow, 1 déc. (-2) V. le Times, 8 Dov. 1860.

fondait à Naples et dans toute la péninsule, sous le titre à' Association d'unité nationale se proposait le même objet, d'inculquer aux peuples les principes de l'école qui représente tout le système des maximes de la Jeune Italie (i).

De sorte que la révolution, à mesure qu'elle s'étend dans les provinces italiennes, se met aussitôt en devoir de rajeunir le peuple en le formant aux sentiments les plus funestes à la vraie doctrine du christianisme.

Garibaldi avait spécialement chargé de cette mission le PèreGavazzi, un apostat de 1848, devenu Mazzinien, infecté des vices les plus honteux et repoussé des écoles mêmes des protestants. Le Père Gavazzi qui, associé à Cicero Vacchio, avait tant travaillé en 1848, à Rome, pour le parti de l'insurrection, qu'il séduisit, par ses infernales menées, jusqu'à l'âme généreuse d'Ugo Bassi, accepta volontiers de Garibaldi la mission de déraciner peu à peu du cœur des populations les premiers germes des vérités du catholicisme. 11 avait commencé à Messine, par ses funestes prédications à corrompre la simplicité du peuple; mais le centre de ses diaboliques opérations devait être Naples. C'est là qu'il entreprit devant le peuple ses prédications politiques, tendant surtout à transformer les lazzaroni en autant de saints Janviers qui se feraient éventrer, par amour pour Garibaldi. Hypocrite raffiné autant que déclamateur outré, il assaisonnait ses allocutions populaires de quelque sentiment religieux qu'il croyait devoir être agréable à ces masses, et il espérait par là les entraîner plus facilement dans les voies de l'erreur (2). Dès qu'il vit son élo(|uence de

(1) V. le règlement de celle associalion dans le Morning-Star du 12 déc. 1860, et dans le Monde du IG déc.

(-2) V. le Times àu^ nov. 1800.

(le carrefour se déployer au souflïede la popularité, il voulut, (l'accord avec Garibaldi, risquer un coup terrible contre la foi des Napolitains : mais, sa tentative fut comme un dard mal dirigé qui retourne contre celui qui l'a lancé.

Le dictateur en effet se proposait de créer sans retard dans les Deux-Siciles des églises protestantes, et ayant, dans cette intention, aboli par un seul décret tous ceux de 1818 à 1857 concernant les libertés ecclésiastiques, il accordait gratuitement aux protestants l'emplacement nécessaire pour ériger un temple à Messine, et à Naples deux autres temples dont l'un était pour la Congrégation évangélique. Garibaldi souhaitait pareillement de mettre à l'usage des protestants les églises catholicjues, celle des Jésuites, en particulier. C'est pourquoi il avait choisi le P. Gavazzipour desservir les deux églises des Jésuites de Naples, le Gesù nuovo et S. Sebastiano. L'apostat se disposa aussitôt à jouer lerôle important que Garibaldi lui avait assigné; il tint à S. Sebastiano des réunions d'autres apostats et de jeunes gens égarés ; il organisa des propagandes de prosélytisme et disposa toutes choses pour inaugurer dans le Gesà nuovo le grand temple du protestantisme. Déjà il avait fait enlever les tableaux des saints et il aurait de même ôté les croix, brisé les pierres consacrées et renversé les autels, s'il avait pu aller au terme de son infernal projet. Il annonça donc au peuple qu'il prêcherait au Gesù nuovo et rebaptiserait cette église sous le nom de Gesà risorto (ressuscité). Des correspondants du Times et d'autres journaux protestants en suffoquaient de joie; ils rêvaient monts et merveilles mais sans sortir du vague de leurs idées : il leur eût été difficile de les préciser. Car le peuple de Naples, au fond religieux et plein de foi, qui savait ({uelle espèce d'homme

RÉVOLUT. DE SICILE. T. I. iii

c'était que Gavazzi, se précipita furieux dans le temple, criant dans son langage énergique : « mort à ce diable « d'apostat, devenu curé par commission d'un diable plus « élevé dans la hiérarchie! » et menaçant de le massacrer s'il osait encore ouvrir la bouche en public. Au bruit de ce soulèvement populaire, la garde nationale accourut, consigna Gavazzi dans sa maison avec défense de prêcher au peuple, et mit les scellés sur l'église du Gesùnuovo où elle laissa un détachement. Ce fut en vain que Garibaldi confirma à cet apôtre de Satan la faculté de prêcher et fit son possible pour lui regagner l'estime de la population; celleci conserva la même attitude contre Gavazzi et le menaça de mort avec une énergie si résolue qu'il n'osa plus braver par ses diatribes frénétiques la fureur de la multitude. Ainsi les correspondants des journaux révolutionnaires et protestants demeurèrent, pour employer un proverbe vulgaire, le bec dans l'eau.

Le dictateur cependant, depuis son entrée dans le royaume de Naples, avait reconnu que le clergé de cet état opposait un formidable obstacle à ses desseins pervers. Le très-digne cardinal, archevêque de Naples, avait défendu sous des peines graves aux ecclésiastiques, de recevoir Garibaldi dans la cathédrale ou dans toute autre église de son diocèse, de chanter le Te Deum pour son entrée ou de lui faire aucune démonstration quelconque. Et comme un prêtre Garibaldien voulut à toute force chanter la messe au Gesùnuovo^ le courageux prélat lui en fit fermer les portes. Telle fut en général la conduite du clergé de cette vaste ca|)itale, bien que le correspondant du Tiines ait souvent répété que prêtres et moines se mettaient à fraterniser avec les Garibaldiens, sans nous dire que ceux dont ils parlaient étaient

sortis des galères de Nisida et qu'ils méritaient bien d'y retourner. Le vrai clergé de Naples, tant sous la dictature que sous le gouvernement de Farini et de ses successeurs, se montra toujours fidèle aux devoirs de son sublime ministère. Ce qui le prouva clairement, ce furent les menaces publiées contre les ecclésiastiques par Conforti au temps de la dictature, et plus tard renouvelées par le prince de Carignan, qui aurait peut-être désiré voir le clergé napolitain s'asservir bassement à l'école de Cavour; «ous trouvons la preuve du même fait dans la circulaire adressée par le ministre Mancini à tous les évoques du royaume de Naples, pour qu'ils eussent à réfréner le zèle de leurs prédicateurs du carême de cette présente année 1861. Ne s'ensuit-il pas que la majeure partie des évêques et des ecclésiastiques de ce royaume ne jouissent pas de la confiance du gouvernement et ne trahissent pas leur mission? C'est pourquoi Garibaldi eut recours aux moyens de rigueur et de violence. Il publia donc des peines sévères contre les prêtres qui oseraient blâmer les actes de son administration, fit incarcérer bon nombre d'excellents prêtres et exila plusieurs évêques, dont les principaux furent ceux de Reggio,de Castellamare, de Sorrente et le cardinal archevêque de Naples ; et il n'aurait pas borné là ses persécutions, et volontiers il aurait renouvelé les faits qui s'étaient passés dans les Romagnes,siles réactions menaçantes, dont le bruit retentissait jusqu'aux portes de Naples, et les défaites essuyées sur le Yolturne lui avaient permis de provoquer l'indignation populaire en se déchaînant à l'aise contre le clergé.

Mais avant de quitter Naples, après l'entrée de Victor- Emmanuel, il voulut inaugurer à sa façon et par un décret solennel, l'époque de cette liberté de conscience que les

protestants ont posée comme la pierre fondamentale de leur foi, et qu'ils se promettaient de voir proclamée par Garibaldi en Italie (i). En conséquence, il annula de son autorité dictatoriale la bulle de Benoît XIV, Etsi pastoralis, proclama sans restriction la liberté de conscience et autorisa les Grecs albanais de Sicile à exercer leur culte librement et ouvertement. Ce décret est une preuve entre mille autres, de la crasse ignorance du dictateur-pirate et de ses conseillers a latere. Sans parler de cette autorité d'un nouveau genre, avec laquelle ce despote de fraîche date supprime et foule aux pieds, non-seulement les décrets des princes et les lois constitutionnelles des nations, mais encore les bulles des souverains pontifes, qui a jamais dit à Garibaldi que les Grecs albanais de Sicile et de toute l'Italie n'obtinrent pas des papes pleine et entière liberté de suivre leurs croyances et leurs privilèges, quand ils sont catholiques eux-mêmes, quand la bulle citée non-seulement leur accorde cette liberté, mais confirme et amplifie les privilèges que les papes leur avaient concédés dans les temps passés? Où donc Garibaldi a-t-il appris que cette bulle a pour objet l'hétérodoxie et prêche la persécution contre les hétérodoxes, quand il n'y est question que des dogmes et des rites à retenir et à observer? Nous en publions en note la partie la plus importante {2) .

(t) « If we would fully understand, why Scotraen liave watched thc progress of <t the Italian struggle with so rauch eariiestness, we must refer to tliat great prin- « ciplc ofliberty of conscience tliat foundation of OUI" protestant faith. » Ce senties paroles que M. Walter Buchanan adressa, k Glascow, aux membres du comité organisé pour fournir des secours à Garibaldi. V. le Times, ii dccemb. 1860.

(2) « Grapcos et Albanenses grœci ritus tam in ditione uostra ecclesiastica et utraque Sicilia quani in reiiquis italiœ parlibus et insulis adjacentibus, in diœcesibus Lalinoruni episcoporum coniraorantcs specialibus favoribus et gratiis prosequi volentes, oninia et singula qua; laudabiliter provida pontificum prœdccessorum nostrorum ordinatione Grœcis et Albanensibus prœdictis, tura quoad ritum Graecoruni,

Pour ce qui regarde la condition civile des Deux-Siciles dans le temps de l'occupation garibaldienne, nous dirons en deux mots que ces contrées furent toujours dans un état d'épouvantable anarchie; au point que les panégyristes mêmes du dictateur, quiavaientcoutume d'en faire un demidieu, perdirent l'espérance d'en faire un homme d'Etat. Le Ti7nes, eu dépit doses efforts pour couvrir la vérité, fut enfin contraint d'avouer que INaples était cruellement gouvernée et tout le royaume livré à la plus féroce anarchie, parce que le chevaleresque Garihaldi, qui est si fort comme soldat, est petit et incapable comme homme d'Etat (i). Les correspondants du journal anglais, non moins que ceux des feuilles de France,y compris les De'&ût^s, VOpinion nationale Qi\t Siècle, ont fait la plus lamentable description de cette situation de violence et d'anarchie (2),

Le mal n'était pas moins grand en Sicile où, après 5 mois de révolution, on n'avait fait que désorganiser de plus en plus l'administration civile, relâcher les nerfs de l'autorité et remplir les provinces de tant de rapines et de meurtres, que Depretis crut annoncer merveille, quand il publia que

sive consuetudinumobservantiani, tum qiioad privilégia, iinmiinitates, exempliones, favores, indulta et facta dignoscuntur et plenioreni roboris firniitatern obtinent, eoque finnius et slabilius illibata, ineoncussaque perdurant, quo sœpius siint in gênera et in specie Sedis Apostolicae prœsidio coramunita, per prœsentes nostras litteias innovamus, confirmanius et approbannis, illisque nostrœ approbationis, confirmationiset innovationis robur adjiciinus ; ut iisdeni privilegiis, immunitatibus, exemptionibus, indiiltis, gratiis, favoribus, perinde ac clerici iatini tara seculares quam regulares, eorunique Ecciesiaî, nionasteria etbona in iisdem iocis, ubiUalo-Grœci comniorantur, utiintur, potiuntur et gaudent, uti poliri et gaudere libère possint ac valeant; ut privilegiis ac gratiis hujusraodi sibi concessis in Domino plene gaudentes in tranquillitate pacis conquiescant, et per semitam mandatorum Dei gradientes, ferventiori erga Apostolicam Sedcm devotione persévèrent. — Bullarium Uened. XIV, t. I, p. 75.

(1) Le Times du 18 cet. 1860. V. encore la lettre d'Edwin James au Times (U sept. 1860).

(2) Le Times du 8 nov. 1860. —V. encore la corresp. napolitaine du 26 sept, dans le Journal des Débats.

dans Palerme les assassinats ne s'élevaient plus qu'à un par jour (i).

Qui pourrait peindre la condition intérieure de l'île? Pour ne pas rappeler les faits de cannibales commis à Bronte, à Biancavilla, à Tre Castagne, à Bon Pietro, à Resultana et dans d'autres lieux situés près de S'-Pliilippe d'Argiro et à Castiglione, où des assassins renommés massacraient les plus honnêtes familles et passaient pour impunis à Catane et à Palerme, les correspondances de Sicile nous ont appris que les meurtres et les vols les plus audacieux étaient à Tordre du jour, que la police était sans force, les magistrats sans autorité, les chefs de la sécurité publique menacés de mort, tout en désordre et confusion.

Cet état de choses servit de prétexte aux agents de Cavour pour prêcher en faveur d'une prompte annexion, comme un puissan t moyen desalut,commeruniquepréservatifde l'anarchie et de tous les crimes. Le pro-dictateurDepretis etCordova employèrent toutes leurs ressources pour faire prévaloir cette opinion dans la partie la plus influente de la secte révolutionnaire. Mais Crispi contrariait vivement leurs desseins et poussait au parti contraire. Il s'en suivait un antagonisme prononcé entre lesMazziniens et les annexionistes ; ces derniers, signalant leurs adversaires comme les ennemis du bien public, les exposaient aux injures et aux siftlets de la population, et à mesure que ces influences opposées se disputaient plus violemment le terrain, le désordre croissait à proportion. C'étaitla conséquence nécessaire d'une révolution commencée et poursuivie par des principes subversifs; après avoir tout détruit, tout dévoré, elle devait finir par se détruire et se dévorer elle-même et finir par

(1) V. la correspondance parisienne du Weekly-Register (1 sept. 1860).

ressembler à un objet de mépris et de dérision pour la multitude.

Garibaldi, mis au courant de la mauvaise humeur des populations de Sicile et de la discorde allumée entre les gouverneurs, adressa à Palerme, en date du 10 septembre, une proclamation où, après avoir assuré les Palermitains de son affection pour eux et de l'ineffable souvenir qu'il conservait d'eux au fond du cœur, disait avoir laissé un autre lui-même à Palermo dans la personne de Depretis, représentant non-seulement de sa dictature, mais encore delà sainte idée natio7iale;']\?iloutai[t que Depretis leur annoncerait l'heure opportune de l'annexion; puis il terminait ainsi : « Aux lâches qui se cachaient quand vous combatce tiez sur les barricades de Palerme pour la liberté de « l'Italie, vous direz au nom de Garibaldi, qu'il proclamera « bientôt l'annexion, mais du haut du Quirinal, lorsque « l'Italie pourra voir tous ses enfants réunis en une seule « famille, les accueillir libres dans son sein auguste et les « bénir (i). » Par ces magiques paroles, le dictateur prétendait calmer les colères du peuple et pacifier les partis; mais Depretis ne secondait pas ses vues et se démettait de ses fonctions, ou plutôt Garibaldi l'en dépouilla, ne voulant plus reconnaître en son ami un autre lui-même, deux ou trois jours après sa proclamation. Le 17, il fit donc afficher à Palerme un second manifeste où il répétait sens dessus dessous les mêmes choses ; il disait qu'à Rome il proclamerait le royaume d'Italie et promettait d'envoyer aux Siciliens Mordini, comme pro-dictateur (2). Mordini était un

(1) Cette proclamation de Garibaldi fut publiée le It sept, dans le journal officiel de Naples.

(2) Ce manifeste parut le même jour dans le journal officiel de Palerme.

51azzinien, et dans l'assemblée de Toscane il avait été un des trois qui avaient voté contre l'annexion au Piémont (i) ; Garibaidi pouvait donc mettre en lui toute sa confiance et être bien persuadé qu'il se montrerait digne de Vltalie. Cependant, pour mieux arranger les choses, il voulut le jour même se transporter en personne à Palerme. Là, du haut d'un balcon, il harangua le peuple, l'exhorta à ne pas se laisser entraîner aux conseils de ceux qui poussaient à l'annexion immédiate, et lui certifia qu'il était le plus grand ami de Victor-Emmanuel. Par la même occasion il changea le ministère et le composa de personnages plus dociles à ses idées. Ce fut Pisani, Errante, Orlando, Digiovanni, Corvaia, Fabrizzi et l'abbé Ugdulena, qu'il choisit pour ministres. Mais le nouveau ministère, pas plus que le nouveau pro-dictateur, ne sauva la Sicile de l'horrible anarchie dont jusqu'à présent le gouvernement sarde ne l'a pas sauvée lui-même.

(1) V, lacorresp. napolitaine du Times (26 sept. 1860) et la lettre du 22 sept, adiessée de Turin au Tablet.

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