SÉANCE DU SAMEDI 3 SEPTEMBRE
M. LE BARON JÉRÔME David, ministre des travaux publics. .
(Après avoir fait au Sénat une déclaration conforme à celle de M. de Palikao au Corps législatif, le ministre terminait ainsi :)
Voilà les renseignements que je puis porter à la connaissance du Sénat.
Il en est d'autres arrivés par la voie prussienne, et qui seraient plus défavorables encore à notre cause.
Mais le gouvernement se regarderait comme coupable s'il leur donnait l'authenticité et la notoriété de cette tribune, lorsqu'aucun renseignement digne d'une foi sérieuse ne peut permettre de les contrôler
Qu'il me soit permis d'ajouter, au nom du Gouvernement, que nos revers nous affligent sans doute. Nous ne pouvons assister sans émotion à tant de valeur, d'abnégation, de courage et de dévouement.
Mais ce spectacle terrible, loin de nous enlever notre énergie, l'augmente et la redouble.
Depuis que le cabinet actuel, il y a vingt jours, a été appelé à prendre le pouvoir, il a tourné tous ses efforts vers la constitution des moyens de résistance de la France.
Vous savez tous avec quelle activité, quelle suite, quel zèle infatigable M. le comte Palikao a réuni et fait produire à la France les ressources qu'elle peut donner. Ces ressources sont restreintes, oui, mais elles demeurent assez puissantes pour qu'avec l'énergie de la nation nous puissions avoir le dernier mot dans cette lutte redoutable.
Nous comptons, pour arriver à un tel résultat, sur le concours des coi'ps constitués, et sur celui du Sénat eu particulier. Malgré les mauvais jours, aucun découragement n'est entré dans notre âme, et, Dieu aidant, nous chasserons l'étranger du sol sacré de la patrie.
(En réponse à quelques paroles du président, le ministre ajoute :)
Je demande au Sénat la permission de lui adresser encore quelques paroles qui correspondent à une idée qui, au milieu de l'émotion légitime que nous éprouvons tous, m'avait échappé.
M. Je président du Sénat vient de faire éloquemment allusion à l'esprit de résistance héroïque qui anime la ville de Paris. Je suis heureux, à ce propos, de pouvoir vous dire que la défense de la capitale ôe présente dans des conditions qui, de l'avis de tous les hommes compétents, lui permet de défier toute tentative de l'ennemi.
Nous défendi'ons Paris dans ses forts, derrièi'e son enceinte, dans ses rues. (Oui ! oui! — Bravo!) Notre glorieuse cité ne capitulera pas devant l'étranger, et, s'il le faut, nous nous ensevelirons tous sous ses décombres !