RAPPORT DU LIEUTENANT-COLONEL DE JOUFFROT
au général de La Motterouge.
La Ferté, 12 octobre 1870.
Mon général,
J 'ai l'honneur de vous rendre compte du combat livré hier dans le faubourg Bannier, à Oi'léans.
Les troupes engagées sous mes ordres se composaient des corps suivants de la brigade : le o® bataillon de marche (chasseurs à pied), commandant M. de Boissieux, capitaine ; — le 39^ de ligne, 3^ bataillon, sous les ordres du capitaine Cissey; — le 5*= bataillon du régiment étranger, commandant Arago.
A midi, les troupes se sont portées en toute hâte dans ce faubourg. Le 39"^, qui formait la tête de colonne, a été divisé par ordre du général Borel. Il a été le premier engagé dans la rue principale, sur la ligne du chemin de fer à droite, et dans les vignes à gauche. Toutes les positions dominantes et les maisons du faubourg étaient fortement occupées par l'ennemi ; la l égion a soutenu et continué l'attaque du centre.
Le régiment de mobiles de la Nièvre a contribué énergiquement à la défense du chemin de fer à droite, et le 5^ bataillon de marche (chasseurs à pied) a occupé tous les jardins et toutes les vignes qui se trouvaient à gauche.
L'élan des troupes a été des plus brillants. Pas un militaire n'a fait de défaillance. La lutte, qui semblait avoir pour objet d'éloigner de la ville l'ennemi, a été acharnée des deux côtés et a duré jusqu'à la nuit. Ce n'est qu'en apprenant par hasard que l'armée passait sur la rive gauche de la Loire que j'ai fait batti'C m retraite * en ramenant le plus de monde possible.
1 Nous soulignons ce passage, qui augmente encore la responsabilité du général La Motterouge dans cette déplorable affaire.
De grandes pertes ont été faites ; j'ai l'honneur de vous transmettre les premiers renseignements que j'ai recueillis.