‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 11 sur 152 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

et Oran; en AmérjiqQe, te Mexique, le Péroui la Nouvelle-Grenade , le Chili et les autres dépendances de la couronne de Gastille. Il ne se réserva qu'un revenu de deux cent mille ducats, sur TEspagne, pour son entretien ^t oeiui(]e sesaerviteurs^ Cette seconde abdication s'accomplit en présence des reines Éléonore et Marie, du duc de Savoie, du due de Médina-Celi, du marquis de Las Navas, de don Luis de Zuniga, grand commandeur d*AIcantara, de Luis Quijada, majordome de l'empereur et co^ lonel de l'infanterie espagnole, du comte de Feria et d'autres grands d'Espagne» Ils souscrivirent les actes de cession que le nouveau roi reçut h genoux ' . En l'absence de Philippe II, la régence d'Espagne demeura à la secoïkle fille de Charles-Quint, dona Juana, veuve du prince royal de Portugal et mère du célèbre roi Sébastien.

Le 4 8 janvier, le nouveau souverain des Pays-Bas , grande maître de l'ordre de la Toison d'or, arriva en la ville d'Anvers, pour y présider le chapitre général, qui avait été décidé la veiUe de l'abdication de Charles-Quint. Le %\ au matin, les chevaliers s'étant rassemblés, on commença par donner lecture des ordonnances émanées de Philippe le Bon pour les officiers de l'Ordre, ainsi que le recueil des cérémonies. Le même jour, après-midi, commencèrent les premières vêpres ; le lendemain, la messe fut Célébrée, conformément aux statuts, et, après l'offrande, le chancelier de l'Ordre prêcha, selon la coutume. Le 28, à la messe des trépassés, le greffier, en vertu des fonctions de sa charge, fit aussi un discours ayant pour objet l'éloge funèbre des chefs et souverains et des autres chevaliers décédés. Le 25, on procéda capi- Uilairement , et avec les formalités ordinaires , à l'information des vie et mœurs des chevaliers, tant présents qu'absents, ainsi que des officiers. Parmi les chevaliers présents h l'assemblée, le

I MiflNET, Charlei^Quinty etc., p. 407-409.

74 LES PATS-BAS SOOS PHlUPPB II.

marquis de la Vèro, le comte dISgmont, le seigneur de Bugnicourt, le comle de Bouésu et le seigneur de Brederode, furent repris pour quelques excèë dans les moeurs. Où passa ehsuite à l'examen de la ootiduitè du chef et souverain. Les chevaliers, pleins de courtoisie envers leur nouveau grand maître, trouvèrent que ce prince réunissait plusieurs bonnes qualités, et parti- •culiérement qu'il était clément, affable, magnanime, humble, libéral et grand justicier; mais, comme on faisait remarquer que J'empei^ur, son père, n'avait pas maintenu, comme il convenait, l'honneur et la dignité de TOrdre, attendu qu'il avait souvent été donné atteinte aux privilèges qui y étaient attachés, l'assemblée supplia don Philippe de se montrer plus attentif que son père n'avait été à ce que l'Ordre né reçût, de ce côté-lè, atdcun échec. Le chapitre remplit ensuite les places vacantes dans rôrdre. Parmi les nouveaux élus on remarquait t don Carlos, prince d'Espagne; Ferdinand, archiduc d'Autriche; Guillaunve de Naôsâu, prince d'Orange; Philippe de Croy, duc d'Arschot; Charles, baron de Berlaymont ; Philippe iJè Montmorency, comte de Horneë ; Jean de Montmorency , seigtieur de Courrières ; Chartes de Brimeu , comte de Meghem ; Jean , marquis de Berghes, et Philippe de Stavele, baron de Ghaumont et seigneur de Glayon ».

Charles-^Quint qui, dans ses adieux à ded compatriotes, avait exprimé le i^egrôt qu'il éprouvait de ne pas laisser leur pays en paix, 8*efforça de rendre le repos au monde avant de se reposer iu&^méme. Déjà l'Allemagne protestante avait été satisfaite par la paix de religion conclue à Augsbourg, )e26 septe)bibre4&65, sous les auspices du roi des Bomaihs: Celui-ci l'avait acceptée, sans attendre le consentement de l'empereur, pressé qu'il était par la crainte d'un conflit avec les États de f Empire et par >e danger

* Histoire de Tordre de !a Toison d'or, p, Hb-kiB.

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