‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 132 sur 152 · LIVRE Tlll · texte numérisé non relu

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eepter. Enfin , le roi avait fait écrire à d'Egmont et au prince d*Orange , par son secrétaire Erasso i quHI plaçait une grande confiance en eux ; qu'il se flattait donc que non^seulement ils obéiraient à ses ordres, mais qu'ils s'appliqueraient à écarter les inconvénients qui pourraient compromettre son service et le bien du pays *. Ces lettres avaient été également confiées à Armenteros.

Geltti^i , que l'état de sa santé obligeait, à voyager à petites journées^ n'arriva, à Bruxelles que' dans les derniers jours du OHMS de février. Il remit ani prince d'Orange et au comte d'Egmont les lettres particulières qui leur étaient adressées ; il remit aussi au cardinal le paquet que le roi lui avait domié pour lui. Granvelle tréuva dans le pU de Gonçalo Ferez une dépêche du roi, de sa main et en chiffres. Elle portait en tête : Ramano del Bey; secr^a. Minutée par Gonçalot Petez, elle avait été transcrite par Philippe 11 ^ et contenait sa résolution secrète. Le roi disait à Granvelle qu'il avait beaucoup considéré, dans tonlea les lettres «que ceiuirci lut avait adressées pendant les derniers mois, b mauvaise volonté que quelque»*uns avaient h son jégard dans les Pays-Bas et notamment le soupçon qw, si ces mécontents ep venaient à des excès, le cardinal serait leur première victime. Il avait considéré surtout l'avis que donna au cardinal le curé de Saînle-Gudulc et ce qu'il avait appris touchant le Génois qui s'entretient à Weert^. « Choses qui m'ont mis en peine, ajoutait t( Philippe II, non-seulement à cause du prix que j'attache à votre

I Voir Com$jHmdanee de GuiUaumeh Taciturne^ t. Il, pp. 6i-65.

^ M. Gachard a trouvé la jnînutede Ferez dans les Archives deSimaucas. Voirsur cette découverte une notice du savant aocbivisle, dans les IMktw de ^Académie royale de Belgiqme, t. XII.

^ A propos du bruit qu*oo avait fait courir de rassassinal du roi , Graurvelie, dans une lettre à Gouçalo Ferez, du S4 janvier 4 6C4, dit que, dans un temps de dévergondage comme celui où il écrit;, le roi doit se tenir sur

« vie, qui importe tant pour mon service, mais aussi pour les « suites qui seraient à craindre, s*il vous arrivait quelque chose. «( Par ces motifs, j'ai pensé qu'il serait bien, pour laisser se cal- <( mer la haine que ceux-là vous portent, et pour voir comment « ils remédieront aux affaires des Pays-Bas, que vous sortissiez tt de ces provinces pour quelques jours,' et cela du sa de la dutf chesse de Parme, et avec la permission que vous demanderez à « cet effet. Je lui écris qu'elle vous la donne, sans qu'il paraisse «i qu'elle ait d'ordre dici pour cela, et vous la prierez de m'écrire» u afin que j'y donne mon approbation. De cette manière, mon « autorité , ni la vfttre , ne recevra d'atteinte , et, selon la tour- » Aure que- prendront les choées , il sera donné ordre à votre *» retour et aux autres choses qu'il y aurait en outre à r^ler. M Prenez lesr précautions nécessaires pour que votre personne ne u coure alucun risque ; je ne cesserai, de mon oAtd, d'avoir l'œil •c'a ce qui touche votre-ihoiMiear et réputation, puisqu'il y .va u également de la mienne. »

Depuis quelqUies mois déjà Granvelle prévoyait sa chute. U ne s'était pas borné à demander au roi l'autorisation de le servir à Madrid , il avait cherché à employer dans le même but le crédit

ses gardes, et il ajoute : • Moi, qui ne suis qu'un ver de terre, je suis menacé de tant de oMés que beaucoup doivent me teoir déjà pour mort ; mats je tôcherai, avec Taide de Dieu , de vivre autant que possible, et, si Ton me tue , j'espère qu'on n'aura pas gagne tant par là. • Correspondahce de Philippe Uy t. I*r, p. S84. — Gonçalo Perez lui écrivait de Barcelone, le 49 février : « Que votre seigneurie révérendissime veille aussi pour elle, car il en est bien besoin, et certes, je ne sais comment elle peut être tranquille. » IbUi,, p. S89. — Dans une lettre au roi, du 24 janvier» le cardinal disait qu'il lui venait journellement de nouvelles menaces. « Je veillerai, avec Taide de Dieu, à ma sûreté, disait-il , et si , maigre toutes les précautions et les soins, il m'arrivait quelque chose de i&chevx pour avoir rempli mon devoir, je prie Dieu et Votre Majesté de vouloir bien l'accepter comme un sacrifice fait à leur cause. • Papiers d'État, t. VU, p. 320.

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