‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 131 sur 152 · LIVRE VIII (1564). ii · texte numérisé non relu

LIVRE VIII (1564). ii

était plus en sûreté. Du reste, il persistait à croire que la venue du comte d'Egmont serait opportune '.

Philippe II ne prit de l'avis du duc d'Albe que ce qui convenait h son caractère irrésolu et soupçonneux. Après un délai de six mois , pendant lequel il n'avait laissé entrevoir ses intentions définitives à aucun de ses familiers % il se décida enfin à sacrifier le cardinal deGranvelle, mais en tenant cet acte également secret, de manière à sauver sa dignité et de manière aussi à ne pas avoir l'air de favoriser les prétentions des seigneurs. La prépondérance acquise en France par les adversaires des Guises contenait son irritation. Obligé de céder, il pensa qu'if était à propos, poui' conserver son autorité tout entière, de faire de luimême ce que peut-être la nécessité eût honteusement arraché de ses mains ^.

Le 23 janvier 1564, le roi, toujours àJflonzon, commanda à Tomàs Armenteros de retourner dans les Pays-Bas et lui donna une instruction qui répondait aux divers points de Féxposé rendis par la duchesse de Parme à son secrétaire. Quant à la religion, le roi voulait que lés hérétiques fussent châtiés. Quant à la convocation des états généraux, la duchesse devait s'en excuser |)ar tous les moyens possibles, et si on la pressait trop pour cela, elle devait en référer au roi. 11 avait reçu, disait-il, une lettre du prince d'Orange et des comtes d'Egmont et de Homes, accompagnée du mémorial qu'ils avaient présenté à In régente. Cette démarche de leur part lui avait beaucoup déplu , ainsi que

* Correspondance de Philippe 11, t. I", p. 272 et suiv., et les Papiers d'État dm cardiniBU de Granvelle, t. VII, pp. 229^ 268 et 875.

^ C'est eo qui résulte d'une lettre adressée par Charles de Tisnacq au cardinal de Qranvelle , le 30 décembre 4563 ; le roi coupait court , par des paroles générales , à la curiosité de ceux qui rapprochaient. Voir Papiers d*Ètat du cardinal de Granvelle, t. VII, p. 304.

' Cest l'opinion de Slrada, liv. IV.

la. publication faite par eux c|e leur mémorial. Il avait ordonné de leur répondre qu'il avait vu leur lettre; qu'il n'y avait pas répondu plus tôt, à cause des occupations que lui p valent données les cortès d'Aragon ; qu'il s'était fort étonné qu'ils eussent cessé d'assister au conseil ; qu'ils devaient y retourner et montrer par là qu'ils mettaient son service et le bien du pays avant toute considération particulière; et, en ce qui touchait Granveile, que, puis qu'ils refusaient de spécifier les f|;riefs qu'ils avaient contre lui, il voulait encore y penser. Cette lettre dure et sèche pouvait exaspérer les personnages les plus pui3j9an.t3 d^ Pays-Bas si le roi n'en atténuait pas l'effet par une décision qui leur fAt agréable. Aussi Philippe jugea-t-il prudent de retenir, le courrier des seigneurs, qui devait leur remettre cette lettre, jusqu'à ce qu'il présumât qu'Armenteros fût arrivé à BruxeUes et qu'il e^t remis au cardinal de Granvelie les dépêches destinées à oelui^d. Parmi ces dépêches se trouvait une lettre, qui sacrifiait le ministre, et qui était signée depuis la veille , bien que l'instruction remise à Tomàs Armenteros portât que, à l'égard du cardinal de Granvelie , le roi délibérait et qu'il ferait connaître à la duchesse le parti auquel il se serait arrêté. Il ajoutait qu'il était convaincu des bons effets que produirait sa présence aux Pays-Bas; qu'il désirait vivement faire ce voyage, mais qu'il avait tant de choses à r^ler en Espagne qu'il ne savait quand il pourrait l'effectuer ; que la régente devait. néanmoins. entretenir les espérance des seigneurs des Pays-Bas à cet égard * . Armenteros était encore porteur d'une dépêche adressée à la duchesse de Parme, et par laquelle le roi lui faisait parvenir deux lejltres différentes et autographes pour le comte d'Egmont : l'une, datée du 4 «^ janvier, pour l'inviter à se rendre le plus têt possible à sa cour; l'autre, datée du 22, par laquelle il le remerciait de son offre sans Tac-

» Correspondance de Philippe //, l. hr, p. îS6.

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