‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 53 sur 152 · LIVRE IV (i559). iSi · texte numérisé non relu

LIVRE IV (i559). iSi

pagne, toujours avec Tinévitable duc d'Albe et cette fois aussi avec le comte de Horaes ; il suivit Philippe en Angleterre et assista au mariage qui fut célébré dans la cathédrale de Winchester. Mais ce furent surtout les victoires de Saint-Quentin et de Gravetines qui valurent au comte d'Egmont la popularité dont il jouissait. On vantait sa bravoure, on rappelait ses exploits, on aimait sa franchise, et on lui pardonnait, à cauae de £ies services, une présomption et une fatuité qui eussent déplu chez tont autre. L'extérieur de ce brillant capitaine plaisait égale* ment : son visage plein et agréable inspirait la conûance , la vigueur de son corps et son port majestueux commandaient le respect K Cependant Tintelligence et le caractère du vainqueur de Gravelines ne répondaient point à ces dehors imposants : soa esprit était altier, mais manquait d'étendue et de pénétration ; sa volonté, quoique dirigée ordinairement par des inteotioas droites et pures, était vacillante dans les circonstances graves et ne suppléait point, par la vigueur des résolutions/ h la pré-* voyance dont il était dépourvu.

Aussi, la partie la plus éclairée de la noblesse et Télite de la bourgeoisie avaientrcUes reporté leurs sympathies sur un autre grand seigneur, d'un caractère et d'un extérieur toujt différents ? sur son visage maigre, sur son front dépouillé avant l'ige, on découvrait la finesse, l'énergie concentrée, la pénétration, l9t ténacité, enfin les qualités propres à Fborome qui se plaît et se signale dans les luttes de la politique. Cet émule de Lamoral d'Egmont était Guillaume de Nassau.

Né à Dillenbourg, le 35 avril 4533, Guillaume de Nassau

I Steada> lib. I. — « Cestoit le seigneur de la plus belle façon, et

de la meilleare grâce que j*aye jamais veu, fust-ce parmy les grands, parmy ses esgaux, parmy les gens de guerre, et paimy les dames ; l*ayant vea en France et en Espagne, et parlé à lui. » Bt^ANTdvc, Capilaineê Mlrangerê, t. H, p. 477.

452 LES PAYS-BAS sots PBILIPPE II.

appartenait à une maison dont Torigine certaine remontait au xir siècle. En effet» vers 1 459, Wairam, comte de Laurenbourg, ayant hérité du château de Nassau, en prit le nom ; il fut Taïeui de Walram II et d'Othon qui, au milieu du lur. siècle, se partagèrent les États de leur père Henri, et devinrent les chefs des deux lignes perpétuées jusqu'à nos jours. La branche aînée pro« duisit les rameaux de Nassau-Idstein , Usingen , Sarbrttck et Weiibourg. Elle parvint un instant à TEmpire dans la personne d'Adolphe de Nassau, tué en 4 297 de la main de son compétiteur Albert de Habsbourg. La branche cadette fut transplantée dans les Pays-Bas au commenceioent du xv* siècle, tout en conservant en Allemagne : Dillenboni^, Herbom, Siegen, le Westerwald et Beilstein. Le chef de cette branche, Ehgelbert de Nassau, avait épousé Théritière de Polaoen : elle lui apporta en dot Breda., bientôt résidence habituelle de la famille^ Oosterhout, Rosendael, Steenbergen, la seigneurie de Gertruidenberg et de Rlundert; plus tard, Engelbert acquit encore dans le Luxembourg le comté de Vianden et la seigneurie de Saint-Vit. Son fils Jean IV fut maréchal du duché de Westphalie et sénéchal du Brabant ; il mourut en 4 475 : par son mariage avec Théritière de Loon et Heinsberg, il avait ajouté aux possessions de sa maison Milten, Gangeit et Vucht, échangées ensuite contre Diest, Sichem et le maiigravtat d'Anvers. Ses deux fils, Engelbert H et Jean V, se partagèrent les domaines de la famille. L'alné (Engelbert) eut les possessions des Pays-Bas-, le second, qui fut l'aïeul de Guillaume le Taciturne, les domaines qui étaient situés ea Allemagne ■ .

Engelbert II servitglorieusement Charles le Téméraire^ Maxilien et Philippe le Beau ; pendant sa longue carrière, il fut peutêtre le plus ferme soutien des maisons de Bourgogne et d'Autriche.

■ Archives delà maison c^Orange^Nasmu, t. I, introd., p. 54 et suiv. — Voir aussi notre notice dans la Revue nationaJle, t. XVII, p. 482.

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