LITRE IV (4559). U
nients moindres : indépendamment de la position presque dépendante de la Lorraine par rapport à la France , surtout depuis le mariage du jeune duc avec la seconde des filles de Henri II, on voyait un danger encore plus grand peut-être dans la popularité même que Christine s'était acquise en Belgique. On ajoutait, enfin, que la duchesse do Lorraine était prodigue et chaînée de dettes '. Ces raisons avaient presque toutes de la gravité» quand on les mettait en regard des tendances de la politique espagnole. Aussi auraient-elles certainement persuadé Philippe II , si déjà son choix n'avait été arrêté. Il repoussa, du reste , avec quelque humeur, les sollicitations de la duchesse de Lorraine *. Il ne se montra pas plus favorable au désir manifesté par son oncle, Ferdinand d'Autriche, de voir un de ses fils investi du gouvernement des Pays-fias, jusqu'à ce que l'infant don Carlos eût l'âge nécessaire pour venir lui-même diriger Fadministration de ces provinces. Les conseillers espagnols devaient voir avec déplaisir la grande familiarité qui existait entre le comte d'Ëgmont et l'archiduc Maximilien , roi de Bohême ; tandis que Philippe 11 avait dû prendre ombrage aussi de la faveur avec laquelle ce jeune prijice avait été naguère accueilli dans les Pays-
1 On peut lire dons les Papiers d'État du cardinal de Granvelle, t. V, p. 623, une requête où Christine de Lorraine expose à Philippe II combien sa situation est embarrassée. Elle est, dit-elle, constamment tourmentée par ses créanciers et elle a dû engager ses revenus.
* Dans sa décision sur la requête analysée ci-dessus, Philippe disait qu*il faudrait engager la duchesse à cesser ses plaiutes au sujet du gouvernement des Pay&-Ba8, et toute espèce de récrimination, ne faisant en cela que se compromettre et nuire en môme temps aux intérêts de S. M. Il lui conseillait de se retirer dans les terres de son douaire, en Lorraine ; et si elle ne goûtait pas cette proposition, il lui offrait un asile honorable dans la ville de Lecce, au royaume de Naples. Du reste, il la gratifiait, sa vie durant, d'un revenu de 40,000 écus, dont 6,000 assignés sur le royaume de Naples et 4,000 sur le Milanais. Papiers a*Ètat, t. V, p, 6^5-627.
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Bas. Mais, quoiqu'il eût allégué pour excuse la volonté de Charles'* Quint, qui , disait-il , avait indiqué la duchesse de Parme pour le gouvernement de ces provinces , la décision prise blessa Tempe-* reur Ferdinand et rendit plus froides encore ses relations avpc son neveu '.
Plusieurs motifs avaient engagé Philippe II à porter définitivement son choix sur la fille naturelle de Charles-Quiut. Gomme Marguerite de Parme avait passé plus de vingt ans en Italie, elle était étrangère aux partis qui se dessinaient déjà dans les Pays- Bas ; d'autre part, elle se trouvait dans la dépendance absolue de la couronne d'Espagne. Octave Farnèse, son époux, sollicitait ^ avec instance la restitution de la citadelle de Plaisance, en considération des services quïl avait rendus à la maison d'Autriche, tant en Italie que dans les Pays-Bas où il venait de servir comme volontaire. Hais Philippe, en nommant sa sœur gouvernante de ces provinces, ne voulut point se dessaisir de ce gage ; il retint même à sa cour, pour plus de précaution, le jeune prioco Alexandre, héritier des Farnèse. Il donna seulement des espé-*
1 Ces détails ont été mis au jour dans les Négocialùms, hltres et pièces diverses relatives au règne de François II, tirées du portefeuille de Sébastien de TAubespine évéque de Limoges, par Lotus Paris, bibliothécairearchiviste de la ville de Reims , et publiées dans la Collection des documents inédits sur Vhisloire de France, — Dans une lettre adressée au roi François II et datée de Gand le 27 juillet 1559, Tambassadeur français
s*cxprime en ces termes : « Je u'avois point sceu ci devant comme
« ledit seigneur empereur cust bien désiré que Tun de ses* enfants feust fi dcmouré au gouvernement de ce païs, attendant la venue du prince « d'£spagne par deçà, dont S. M. C. s*est excusée sur la nomination qu'a- « voit faicte le feu empereur de M»« de Parme. Monseigneur d'Arenberg « (Jean de Ligne) a eu charge d'en faire les excuses, d'où il procède du • malconlentement à bon escient, et est un grand bien pour S. M. C. di* « ce que le roi de Bohême (larchiduc Maxtmilien) est maladif et avec peu « de santé pour remuer ce monde. » Oper, cit., p. 44.