LIVRE IV
Thérouannc, auquel ressortissait aussi la moitiéde FArtoîs. L'archevêque de Cologne avait juridiction hNimèigue et dans quelques autres endroits de la haute Gueldre. De même, les évéques de Munster, de Minden, d'Osnabruck et de Paderborn, étendaient leur autorité sur certains cantons de la Frise, de l'Overyssel et des pays de Groningue et de Drenthe. Il y avait une province, celle de Luxembourg, qui se trouvait soumise à six différents f^rélats, dont aucun ne résidait dans le pays : les archevêques de Cologne et de Reims, les évéques de Trêves, de Liège, de Metz et de Verdun. On a dit, avec raison, que les inconvénients de cet ordre de choses étaient très-graves ; les évéques étrangers et leurs ofSciers se permettaient souvent des abus de pouvoir, au préjudice des droits des citoyens et des libertés nationales, même au détriment des prérogatives et de la dignité du souverain. D'autre part les intéressés, dans les causes ecclésiastiques, devaient se pourvoir en appel devant des tribunaux éloignés et situés hors du pays, recours difQcile, et même périlleux, en temps de guerre. Mais cet état de choses était plus préjudiciable encore aux intérêts de la religion. L'étendue des diocèses (dans celui d'Utrecht on comptait près de 4,400 églises et plus de 300 villes fermées) empêchait les évéques de diriger et de surveiller con- Ncnablement leur clergé. Il en résultait que les ecclésiastiques s'acquittaient de leurs devoirs avec négligence, que le relâchement s'était introduit parmi eux, et que ce désordre favorisait les partisans des innovations religieuses ' .
Déjà Philippe le Bon avait songé à augmenter le nombre des diocèses dans les Pays-Bas * . Charles-Quint aussi s'était convaincu, dès les premières années de son règne , de la nécessité
» Gaciiard, Correspondance de Philippe II, t. f [îDlroduct.), p. xcui et suiv.
' Stuada, lib. I.
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d*opérei* une réforme dans Torganisation ecclésiastique de ces provinces ; et chaque fois qu'il s'était trouvé en bonne intelligence avec le saint siège, il avait fait ouvrir des négociations à Rome pour cet objet. Lorsque Adrien Plorent, son ancien précepteur, eut été élevé au ponûâcat, l'empereur chargea le vice-roi de Naples, Charles de Landoy^ et le duc de Sessa, son ambassadeur à Rome, de solliciter du nouveau pape une bulle qui instituât en Flandre les évéchés reconnus nécessaires. La brièveté du pontificat d'Adrien VI ne lui permit pas de s'occuper de cette affaire. Elle rencontra ensuite un autre obstacle dans les graves différends qui s'élevèrent entre Charles-Quint et Clément YII. Mais après la réconciliation des deut souverains en 4539, les négociations furent reprises. Il s'agissait alors d'ériger six nouveaux sièges, qui auraient été établis à Leyde, k Hiddelbourg, à Bruxelles, à Gand, à Ypres et à Bruges, f^ duché de Gueidre et le comté de Zutphen ne faisaient pas encore partie dés États de Charles- Quint '. Bien que l'empereur désirât avec passion d'exécuter cette entreprise, il fut arrêté dans son dessein par les guerres qui troublèrent son règne. Peut-^tre aussi craignait-il de diminuer, par rétablissement de nouveaux sièges, la puissance et l'autorité de son oncle Georges d'Autriche, évéque de Liège. Quoi qu'il en soit, entre les derniers avis qu'il donna à Philippe, son fils, celui-ci était le premier. Le nouveau souverain ne le négligea point et agrandit encore le plan de sou prédécesseur. Il fut d'autant plus puissamment persuadé d'augmenter le nombre des pasteurs que de jour en jour, disait-il plus tard, la population s'augmentait dans la Flandre; que l'hérésie, qui sortait des États circonvoisins , commençait à s'y établir, et qu'il avait imprimé dans son âme le commandement de son père, aux yeux duquel c'était là le seul moyen d'assurer la religion dans 1rs Pays-
' GACttAnu, opei\ cit., p. xcV.