‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 2)Chapitre 76 sur 152 · LIVRE T · texte numérisé non relu

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et des marais que, lorsque les souverains du pays voulaient y conduire leurs troupes, ils devaient attendre que les eaux fussent prises par la glace. Les travaux d'endiguement de la plupart des lacs de la Nord-Hollande et de la West-Frise commencèrent au XIV* siècle et se poursuivirent avec persévérance, en acquérant toujours plus de développement, surtout à partir du xvr siècle » .

Les Hollandais proprement dits, parmi lesquels il faut cora- [>rendre les habitants de la Zélande, se distinguaient, en général, par toutes les apparences de la force ; leur stature était haute, leur tempérament robuste. Us se signalaient aussi par les goûts les plus laborieux et par un courage qui se déployait dans Tindustrte et le négoce aussi glorieusement que sur les champs de bataille. C'était un peuple franc, simple et bon ; mais si calmes, que fussent habituellement les Hollandais, il fallait prendre garde de froisser leur attachement aux privilèges de leur province, car, autant que les Belges , ils se montraient fiers et Jaloux des antiques libertés de la patrie v

Le Hollande avait été illustrée par des savants éminents, et les lettres y étaient toujours en bonheur; mais le plus grand nombre des habitants se livrait au commerce, à la marine, à rélève des bestiaux et à la pèche. Tout était digne d'attention dans cette province. On y récoltait peu de blé, mais il y venait

en si grande abondance des régions septentrionales de rEuro()e

> Dans la province de Hollande seale, on gagna, de 4366 à 4645, par les endigoements et les dessèchements, plus de 86,000 arpents. Grosn van PsiasTsan, Vaderiandiche hitUnie, t. I, p. 3. ^ Votr aussi Touvrage de

SCBATIS, lOC. CU.

* « Ils aiment démesurément la liberté, disait BiHTivoeuo ; c'est pour cela qa*?l8 se montrent si attachés à conserver Icars privilèges ; et de là vient encore qu'ils entrent facilement en ombrage et s'émeuvent fort aisément. • BetationSf p. 6.

que la Hollande était la pourvoyeuse de plusieurs autres contrées. Elle ne produisait pas de vin, mais elle en faisait venir des bords du Rhin. Elle ne produisait pas de laine; naaison y fabriquait une quantité considérable de draps avec la laine qu'on tirait d'Angleterre , d'Ecosse , d'Espagne et du Brabant. Enfin , elle ne contenait plus de forêts; mais avec le bois, venu paiement des régions septentrionales , on y construisait des navires en plus grand nombre que dans aucun autre pays. Quelle était donc la richesse qui payait toutes ces importations? C'était surtout la fabrication du beurre et du fromage. La valeur de ces deux articles contre-balançait celle des épiceries apportées de Lisbonne à Anvers. Les Hollandais envoyaient leur beurre et leur fromage non-seulement dans touies les provinces des Pays-Bas , mais encore en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. La pèche, surtout celle du hareng, était une autre source de richesse pour la Hollande , et, comme on Ta dit, une source d or toujours jaillissante; huit cents navires et plus de six cents barques étaient consacrés à cette industrie ^

Le comté de Hollande contenait plus de quatre cents villages et vingt-neuf villes murées dont les principales étaient Amsterdam, Dordrecht, Harlem et Leyde. Les habitants de la Haye n'avaient pas voulu l'enceindre de murailles, aimant mieux être,

1 Un poète hollandais, Helmers, a caractérisé en quelques mots la féconde énergie de ses compatriotes : « La nature u*a rien fait pour nous; elle nous a reftisé ses dons, et tout ce qu'on voit dans notre pays est rœuvre d« travail, du zèle, de Tindustrie. » — La richesse et la simplicité des Hollandais du xvi« siècle étaient également dignes de remarque : « Louise de Goligny (quatrième femme de Guillaume de. Nassau}, a conté naïvement à mou père, dit Aub^ry du Maurier, qu*eUe fui fort surprise, arrivant on Hollande, de la différente- cl rude manière de vivre de ce pays là, à celle de France; et qu*au lieu qu'elle avoit.do coutum» d*aller dans un carrosse suspendu à la Françoise, on la mit dans un de ces chariots

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