LIVRE VII (15121 -1503). 5i
fiien loin de se laisser corrompre par les nouvelles doctrines, Henri II, surtout depuis la: pacification de Càteau^-Cambrésis, multipUa les châtiments et. résolut même d'iniroduire i-tnquisi^ tion dans son royaume comme étaht a le vrai moyen d^extirper « la racine de telles erreurs, punir et cori^er ceux qui les cgoin- I) mettent avec leurs iaùtaiteurs. >> Mais, sur les représentations des^iétata, il eut» comme Cbarles-Qûint^ recours à un/biais pour atteindre le but qu'il avait en vue. U fil demander au pape des pouvoirs extraordinaines pour les cardinaux français qui auraient, de l^ur côté,. le droit de subdélégther d'autres prélats pour qu-il fût procédé par eux • à l'introduction et. observation de ladite « inquisition, en la iorme et manière accoutumée de droitv sous u l'autorité du. saint siège apostolique, avec Tinvocatioii du bras «( séculier et jurisdiction temporelle. » Henri 11 insistait là-dessus avec beaucoup de force. « A quoy de ma part, ajoutait-il , je u veux tenir la main et m'employer vivement comme celay qui « ne désire autre chose en ce monde que de voir mon peuple net « et exempt d'une telle dangereuse peste et vermine, que sont <c lesdites hérésies, fausses et réprouvées doctrines K » (.a demande du rQi fut accueillie par une bulle du 26 avril, et l'inquisition générale établie sous la direction des cardinaux de Lorraine, de Bourbon et de Ghâtillon ^ Henri II donna l'exemple d'une
' Lettre écrite par Henri H, le i3 février 4556 (4557 n» s.), à M. de Selve, son aml:^ssadeuF à Rome, dans Ribier, t. Il, pp. 677'67S.
' Les inquisiteurs, autorisés |i sobsti tuer à leur propre place des vicaires choisis parmi les évêques ou les doc'eurs en théologie, exerçaient une pleine puissance d'arrêter, d'emprisonner, de punir du dernier supplice, sans égard au rang ou à la qualité, toutes les personnes atteintes ou suspectes du crime d'hérésie. Les vicaires des grands inquisiteurs étaient astreints, il est vrai, à prêter, devant le conseil du roi, le serment de ne pas s*écarter des règles canoniques dans leurs procédures, et de soumettre celles-ci à la décision de tribunaux suprêmes, formés dans chaque diocèse,
impitayâUe sévérité lorsque lai-méme se rendit au sdio du parlemeatde Paris po«r foire arrêter cinq CdOBeillers dont lest sentiments sur la foi lui avaimt paru- suspects. Celui qui s'était le plua compromis, Anne du Bourg, fut ensuite pendu- et brûlé eo place de Grève K
De leur cftté , les souverains protestants qui , en Angleterre et dans les royaumes du Nord, ifdposèrent la réforme à leurs sujets, se montrèrent égalemi^t impitoyables. Il est iiMltile de rappeler les cruautés et les tnrpitades de Henri VIII. Edouard VI, sdn successeur, continua à châtier les anabaptistes , les hérétiques^ tous ceux enfin qui méprisaient ïb nouveau rituel '. Naguère triomphants, les sectateurs de l'anglicarnsme eurent à subir des représailles terribles à ravénement de Marie Tudor, fille de Catherine d'Aragon et femme de Pbiiippe II. Ce fut parle fer et le feu que cette reine Êinatique entreprit de restaiirer le catholicisme en Angleterre. La persécution dura trois aimées. Durant
sur les dix membres desquels six, au moins, devaient faire déjà partie d'une eour souveraine: Le parlement crut poser quelques limites a cette effrayante mesure en makitenant une dîstinetion entre les ecclésiastiques et les laïqMe«t et en réglant que tes premiers seule seraient abandonnés auK tribunaux de Tinquisition, tandis que les autres ne paupraient èitre que simplement déclarés par eux hérétiques , sans jamais se voir privés du droit d*appel devant leurs juges naturels. Histoire des ducs de Guise, t. !«', pp. «42eiM3.
' Après avoir informé son ambassadeur à Rome de l'aprestaMon des conseillers du Bourg et du Paur, Henri fP ajoutait : « ..'..: J'espère bien, <« puisque Dieu m'a donné la paix, d'employer le temps et ce que j*auray « de ftirceen main à faire punir, chastier et extirper tous ceux qui se « trotfveront imitateurs^ de ces nouvelles doctrines, sans y épargner per- << sonne, de quelque qttalité, ou dignité quils soient; en sorte que j'en « purgeray et nettoyenai mon: royaume, s'il est au monde po^îblis. » RitiËR, t. Ilvp.80ë.
'Hume, chap. XXV.