LIVRE VII (<52i--i563). ?i
cet espace de temps, deux c&[A soixante^dix--sept persono^s, diUon, forent bràl^s, sans coiBfilier celles qui subirent d!atttres peines, comme remprisomiement^ les amenda et les confi^f^atiens K Cette terrible preuve , sws ahaUre TaDglicanisme, le rendit p)o» exdusif encore. Persécuté sous Marie Tudor, il redevieni persécuteur è llaTéfieoiient d*JÉJtsabeth.: L'amende, les cachots et ia mort uiéme «ont déecélés coaireeeux qui ne feraient pas, au moins une fois tous les six mens, acte d& culte anglics^. Tel fut le caractère de ces lois pénales, que la persécution;, disent des auteurs non suspectas, égala ei> principe OsUe qui aviit rendu l'inqmsition si odieuse.
Mais, pour avoir une idée plus complète de celte époque, c'est le fanatisme inexorable de Calvin qu'il faut mettre en regard de l'ardeur de Paul IV et de l'inflexibilité de Philippe IL Calvin, qui avait fui sa patrie pour échapper à la mort, Calvin, qui tonnait contre l'intolérance des souverains catholiques , se fit inquisiteur et persécuteur à Genève. Non-seulement il subordonna l'État à l'Église, la société civile à la société religieuse, mais il prodama, lui aussi , que l'Église et TÉtat ont le droit de punir les hérétiques<. Non content de s'arroger la haute main sur les consciences, il étendit sa vigilance jusqu'aux actes de la vie privée. Les agents du consistoire pouvaient, comme les familiers de î'inquisilion, pénétrer à tout instant dans l'intérieur des maisons ; et ils venaient souvent , à l'heure des repas, surveiller la tempérance et la conversation des convives. Le sombre législateur de Genève alla jusqu'à fixer la forme des vêtements etdes souliers, ainsi qu(^ la coiffure des fiEfmmesj de même, la dépense des repas fut ré-
' HfMB, chap XX\J11L l\ y eut, ajoute-t-il, parmi les personnes coudamnées au feu cinqp évéques, vingt «t qd «cclésiasliques , huit gentilsbommes, quatre-vingt-quatee marchaiids,' cent laboureurs, doinesiiqiMis. ou artisans, cinfpjante-cinq^ femmes e( quatre enfants.
3t6 LES PAYS-BAS sens PHILIPPE II.
duite à une mesure fixe. Bn nuéme temps, I9. danse est interdile aihisi qu^ la lecture de oert^Ds livres, comme l'Amadis. Des joueurs sont exposés a» pilori; une femme est brèlée. pour avoir chanté des chansons impudiques. Pas de pilîé surtout pour les blasphémateurs , les idolâtres et les adultère» : Us doivent être punis de mort ; pas de fiiié non plus pour ceux qui s« livrent à la sorcelierie, • nyot si élastique dans la bouche des persécuteurs : ils sont voués au supplice du feu: De nombreux auto-darfé viennent attester la puissaqoe et le caractère inflexible de. ces lois nou^ velles. il est surtout un épisode digne de figurer dans les pages les plus lugubres des annales de Tinquisition : c'est la mort de Michel Servet. Rien ne démontre mieux l'intolérance générale de cette époque, ainsi que l'inconséquence des réformateurs religieux. Calvin, révolté contre l'Église de Rome, ne peut souffrir que rÉglise de Genève rencontre également des contradicteurs. Servet est condamné comme anti-trinitaire^le â7 octobre 4553, et brûlé vif en présence de Calvin lui-même, qui a voulu assister d'une fenêtre aux tortures de cet infortuné * ! .
l 'MiûDifi'v, Mémoire aur VétablissemerU de la Réforme dans Geiiève. -^ J, Bodin et son temps , par H. Bàuprillart , p. 42. — Histoire de Cet/vin. par Xvmn^ passif n, —Histoire de France, par L. Ram&e, t. 1, p. 464. — « Un seul homme, dit Mîgnet, sléleva contre celte barbare exécutioa : ce lut Sébastien Castalion , qui composa à cette époque un livre , de non puniéndis gladio hœreticis, qu'il n*osa cependant point avouer et qu'il publia sous le nom supposé dé Martin Bellius. Le cri qu*il poussa fut sans écbo; ropinion qu*ii soutint, sans parti dans ce siècle rigoui^ux et cruel, qui neperi^eMait pas le douter, et qui punissait r^rreur réfléchie. comme un crime contre Dieu. La persécution était alors la jurisprudence universelle des diverses communions chrétiennes, et, sans s'apercevoir de cet excès de contradiction, celui qui aurait été martyr dans un lieu se faisait bourreau ddns un autre. Les hommes les plus modérés ou les plus doux approuvèrent le supplice deServet. Melanchthon y. applaudit» et. Théodore de Bèze le justifia dans son livre de hœreticis gladio puniéndis. Chaque époque