LIVRE Vill (iS(ȉ
pour y faire conférer Je titre de roi des Romains à son fils, l'archiduc Maximilien. Un des principaux seigneurs desPays* Bas devait représenter le roi d'Espagne à cette diète. La cour de Bruxelles se garda naturdiement de proposer poui* celte, mission un des adversaires ducardinaK Le roi désigna Philippe de Groy, due d'Arschot, voulant récompenser par une charge si honorable la froideur qu'il témoignait au prince d'Orange et se proposant aussi de gagner, par l'espérance de semblables distinctions, les autres grands qui voudraient se détacher de la coalition ^. Mais Orange ne subit pas tranquillement ce nouvel échec. 11 résolut d'aller de son chef à Francfort, malgré tout ce que la gouvernante lui put dire pour qu'il attendit au moins le consentement du roi. Le prince all^a la nécessité de ce voyage pour rétablissement de son frère, les intérêts de sa maison et le règtoent de la dot de sa femme av^ec le duc Auguste de Saxe ; il déclara aussi qu'étant né allemand, il ne pouvait manquer à ce qu'il devait à 'Son sang et à sa patrie. ïl se contenta d'écrire au roi pour le prier de ne paa prendre son absence de mauvaise part et se mit en route, dans les derniers iours d'octobre, sans attendre la réponse de Philippe U '.
11 partît même avec tant de précipitation qu'il ne voulut pas attendre l'accouchement de sa femme, laquelle, trois jours après, mit au monde une ÎBlle que, d'après les ordres du prince, on baptisa siuvant le rite catholique *. Car, selon le témoignage des
i SrftâDA, lib. m.
^ Lettre de 2a dachesse de Parme au roi du 24 novembre H 563^ àms la Corre^pondamcede Philippe H, 1. 1», p. 22S. Voir avssi la Corrfspondance dcOuUImmekTaeHwrfie, t. II, p. 34.
^ Aitchntes de la unaimm d'ùrooge^-NoMsaU^ t. i, p. i 39.:-*^ Le roi manda è 'Granwlie Je 33 déoenbre (4563) qu'il avait appris a^ec ijoicf ki bapléme de >la fiJAe du prince d'Orange, et que ]a princesse s'était confessée et avâit oommunié. Correspondance de PhOéppe /i, 1. 1. p. 33&.
D7â LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.
coDtemporainSy il se conduisait si adroitement, en matière de religion, que les plus fins ne savaient rien discerner dé ées opinions. Les catholiques le réputaient catholique, en le voyant assister journellement à la messe avec sa femme, et les luthériens le considéraient o(»ià me un des leurs, sachant, qu'il tolérait Tatta* cbement secret d*Anne de Saxe aux doctrines dans lesquelles elle avait été élevée* *:« Indépendamnient^du prince,' les comtes de M^hem, d-Arenbérg et de Mansfeid se rendirent également en Allemagne pour leurs affaires particulières. Les étatëde Brabant
* Relation contempoi>Bine citée dans la Correspondance de Philippe II,
t. H, p. iii-v. — « Quant au prince d'Orange, lit-on dans la lettre de
Granvelle au roi du 43 mai 4 562 Je ne puis affirmer qu'il soit gâté sous le rapport de la religion [daMdo en la religion), n'ayant rien entendu dire sur son compté qui puisse n&otiver un jugement semblable, mais je ne vois point qu'on s'occupe d'instruire sa femme dans les doctrines de l'Église catholique. Les frères et sœurs de ce prince, qui habitent avec luisons le même toit, et quelques-uns des frères du comte de Schwartzbourg, qui ne le quittent presque pas, forment sa société habituelle, et j'appréhende
beaucoup l'effet de pareilles fréquentations » Papiers d*État, t. VI,
p 551. — Au mois de mars 4563, Granvelle s'exprimait ainsi : « Y. M.
veut que je lui dise si la princesse a reçu l'absolution (H*est réconciliée avec l'Église romaine) ; quant à cola, je n'^n puis rien savoir, parce que si la chose s'est faite, elle a eu liefi sans doute en secret, et non-seulement je p'ose prendre aucune information sur ce point, mais pas même parler à ceux qui fréquentent la maison 'du prince, dans la crainte qu'il ne me soupçonne de surveiller ses démarches. Ce qui me ferait croire que rien
n'a été effectué, c'est qu'on ne m'en dit rien de Rome Il est pourtant
une chose qui m'a causé un sensible plaisir, c'est que le baptême de l'enfant dennèrement né ait été cél^é d'une manière aussi orthoddxo, et que la princesse ait manifesté, ainisi que je Tâi écrite l'intention d'embrasser la
religion catholique » Papiers d'État, t. VII, pp. 3i8et 3d. ^ Plus tard,
Granv^le, revenant sur ee fait) oommuniqaa d'étranges soupçons au roi; il Itti mandaiitle^ 8 avril 1564 : « . ... . Quelques personnes ont cheithé à m'in* spirer des soupçons au sujet du prêtre qui a baptisé la fille (}u prince ; mais je n'ai à cet égard aucun.. renseignement bien positif.» ibid.,%. Vllyp. 4dO.