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y députèrent Antoine Van Strelen , bourgmestre d'Anvers, et Guillaume Martini, pensionnaire de Bruxelles, pour solliciter de l'empereur la confirmation des privilèges contenus dans la Bulle d'or de Brabant. De son côté, Philippe II envoya directement au roi de Bohème N. de Guzman pour que cet ambassadeur veillât h ce que Farchiduc accomplit ce que les rois élus des Romains avaient coutume de faire envers lé Pape, et aussi pour que Maximilieu donnât au souverain pontife quelque satisfaction sur ce qui s'était naguère puUié de lui touchant ses sentiments au sujet de Id religion ^
Le baron de Montigny, qui avait été envoyé en Espagne pa/ la gouvernante desPays^-Bas sur la désignation des seigneurs du conseil d'État, obtint du roi son audience de congé le 29 novembre. Sortant alors de sa réserve habituelle, Philippe pressa Montigny de s'expliquer franchement sur ce qui se passait aux Pays-Bas, et sur les causes du mécontentement que les seigneurs prétendaient y régner. Montigny s'en excusa d'abord, disant que le roi devait être bien informé. Enfin, il allégua les trois griefs suivants : l'érection des nouveaux évéchés, qui avait été négociée sans que personne des Pays-Bas le sût ni y intervînt; le bruit répandu qu'on voulait introduire dans ces provinces l'inquisition à la manière d'Espagne ; la haine que tout le monde avait conçue contre Granvelle, haine qui allait si loin qu'elle pouvait faire craindre quelque soulèvement. Le roi, qui avait rédigé sa réponse en se servant des indications transmises par le ministre accusé, objecta qu'il s'étonnait que les habitants des Pays-Bas prissent l'alarme sur des bruits sans fondement ; que ce qui avait été répandu de son intention d'établir l'inquisition dans ces provinces était faux ; que jamais cette pensée ne lui était entrée dans l'esprit , et que personne ne le lui avait conseillé ;. que l'érection
» Correspondance de Philippe II, t. ï^f , p. 256 et suiv.
des cvéchés avait eu uniquement pour but de remédier au peu d'instruction religieuse qu'il y avait aiix Pays-Bas et de suivre tes conseils de Charles-Quint, comme le pouvait témoigner le marquis de Berghes, à qui, lorsqu'il s'était rendu en Angleterre pour y épouser la reine Marie, il avait parlé de ce dessein et qui ne l'avait pas désapprouvé. Quant à Granvellé, le roi ne lui avait point parlé de la résolution d'augmenter le nombre des évéques avant que François Sonnius eût été envoyé à Rome pour ce sujet. « Enfin , ajouta Philippe II, ceux-là se trompaient qui haïssaient Granvellé sous prétexte qu'il voulait rendre la noblesse odieuse par de secrètes accusations : c'était un artifice qu'il n'avait point tenté. Pour lui, il n'avait jamais remarqué en Granvellé cette envie dont on l'accusait et , d'ailleurs , il ne l'endurerait jamais ni en lui ni en aucun autre de ses aûnistres. De quelque façon que les choses se passent, ajouta-t-il encore, j'espère bientôt faire un voyage dans les Pays-Bas et satisfais également à mes intentions et aux vœux de mes sujets. >» En congédiant Montigny, il le chargea de donner connaissance de cette déclaration à tout le monde aux Pays-Bas, et celui-ci le lui promit».
Le baron de Montigny fut de retour à Bruxelles le 23 décembre. Le 28, il fit sur sa mission un rapport au conseiï d'État, en présence de la duchesse de Parme, du prince d'Orange, du comte d'Egmont, de Berlaymont et de Vigllus. Cerapport produfeit plus de mal que de bien, car Montigny dut nécessairement apprendre à ses amis que la volonté du roi était de conserver, dans le ministère des Pays-Bas, le cardinal de Granvellé. Lui-même accusait Philippe II de partialité en faveur du cardinal. Ce n'était |)as à tort ; car le monaixjue tenait essentiellement aux services et à la politique de ce ministre.
1 Correspondance de Philippe II, l. I^r, p. 229. — Strada, lib. Ul.