LIVRE viji
« leUrç el qu il iiie doutait point qu'ils n'eussent donné cet avis <( en vassaux fidèles, mais que, puisqu'ils n'alléguaient point de « Faison particulière pour fairo éloigner Granvelle des Pays-Bas, « et que, d'autre part, le voyage qu'il se proposait de faire dans «( ces provinces pourrait encore éprouver quelque retard, il ^ exprÎB^ait le désir que quelqu^un d'eux trois fit le voyage M d'Espagne afin d'être mieux instruit de bouche des motifs de «1 leur démarche; l'affaire était trop importante pour qu'elle pût « être éclaircie convenablement par cori*espondance ' . » En même temps, Philippe II, désirant que ce fût le comte d'E^gmont qui se rendit à*. Madrid^ lui adreasa uoe lettre autographe pour lui faire savoir qu'il ^serait biea aise, d'apprendre dç^ lui l^s raisons doQtûlnQjui avait pa3! donné co&naissanoQ^ par aa requête. Il infûrma la gouvernante de ces répooseâ, mais m expriiuant le dé$ir qu'elle feignit de les ignorer jusqu'à ce que je comte d'Egmont lui en parlât et lui demandât la permi^sîon de venir en Espagne, permission qu'elle devait lui aocoirier. Le but de Philippe II en cela était de diviser les trois seigneurs et de gagner du temps ; il^ lui paraissait d'ailleurs que le comte d'Ëgnoont, séparé des autres, serait plus trattable et plus facile à mettre à la raison ' . Dans la soirée du. 29 juin, le comte d'ËgmoiH vint trouver la régente et lui communiqua la Jedre par laquelle le roi Imvitait à se rendre en Espdgne. Il lui dit que, quoiqu'il eût résdu do ne pas quitter les Pays^^s, cependant il ferait volontiers ce voyage pour aller baiser les mains du roi ; mais que d'aller à la caur pour rendre compte des affaires du pays» cela ùe dépendait pas de lui mais des seigneurs, comme du prince d'Orange, <lu
J Voir le texte de cette lettre, dans la Correspondance de Guillaume le Taciturne, t. il, p. 44. — « Mauvaise el froide réponse, » écrivait Louis de Nassau, le 8 juillet, au landgrave Guillaume de Uesse. Archives de fa maison d'Orange-Nassau, 1. 1, p. 464.
2 Strada, lib 111.
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comte de Hornes et des autres, s'excusaht en conséquence autaot quil le pouvait. La gouvernante ne nég^gea rien pour le faire rhanger de résolution, mais ce fut sans succès. Egmont revint au palais, (e M juillet, avec le prince d'Orange et le comle de Mornes, de retour à Bruxelles depuis la veille; N dit à la gouvernante que le roi ayant répond» à la lettre qu'eux trois lui avaient écrite, tant eh leur nom qu'en celui d'autres seigneurs de Tordre delà Toison d'or et de gouverneurs des provinces, il était coDvei^able qu'ils convoquassent el consultassent sur la ré})ohse> à- faire à S; M. les tnémes personnages.; qu'ils avaient voulu en informer la* duchesse et qu^ils lui demandaient son autorisation à eet effet.' La duchesse repartit qu'ils pbutaient traitei' la chose par correspondance, >que cela ne ferait pas tant diB bruit et déplairait moins an roi. Egmont répKqua que, si la réuni€mdes seigneurs à Bruxelles était désagréable à la duchesse, cette assemblée po^rait avoir lieu ailleurs, mais qu'il était impossible à eux trois de répondre au roi. sans la participation de ceux qui avaient concouru à l'envoi de leur première lettre. La régente , voyant bien que l'assemblée des seigneurs se ferait sans son consentement, si eUe le refusait, préféra Tautoriser à Bruxelles même, parce qu'elle pourrait mieux pénétrer ce qui se traiterait en cette ville qu'ailleurs. Ce point ayant élé arrangé, la duchesse leur demanda sïl n'y avait pas quelque moyend'aceommoder leurs différends av^ac Cran velle. Le prince d'Orange répondit aussitôt qu'il n'en voyait aucun, et le comte d'Ëgmont parla dans le même sens. Elle demanda ensuite qu'un d'eux se rendit auprès du roi pour lui exposer en détail toute l'affaire. Là-dessus le comte de Hornes voulait prendre la parole; mais Egmont Fen empêcha, en se plaignant que la réponse du roi eût tant tardé *.
' Correspondance de Philippe 11, 1. 1«, p. 254.
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ËQ vertu de I'autorisatior> donnée par la duchesse de Parme, le marquis de Bèi^hes, ies comtes de M^gbèm et de Mansfeld, le baron de Moniigny, les comtes de Ligne et dellooghstraetën se réunirent à' Braxelies avec te prince d^Orange, les comtes d'Egmont et' de Homes. Dânâ ieu^s conférences il futrésola que personne: ne ^seYehdrait en Espagne etqoeles trois derniers, après avoir répondu 'à la lettre du roiy s'aï)stiendraient de paraître dorénavant au conseil id*État.
Le ^i juillet, tous ces seigneurs, se rendirent auprès de la gouvér»ante pour lui faire connaître leur résolution. Le prince d'Orangé, portaht la parole, lui dit qu'ils avaient"résDlu de répoiWre à * la lettre du roi, ' sans envoyer à sa cour aucun d'eux, attendu qu'il ne ccmvenait ni au service de Sa Majesté, ma l'intérêt du pays, ni à leur réputation, qu'il se fit uii aussi long et aussi pénible voyage pour accuser le cardinal de Granvelle; mais que , pour baiser les mains à Sai Majesté et pour toutes autres affaires de feon service, non-seulement l'un d'eux, mafis tous étaient prêts à'iefairie: Ces paroles furent conflrmées par le comte d'Ëgmont et p^r le comte de Hornes. La duchesse leur exprima son regret de la résolution qu'ils avaient prise. Ils dirent aloi-s qu'iMeur suffisait, oommie fidèles vassaux et serviteurs du roi, d'avoir représenté à Sa MajiBté ce qui convenait à son service; qu'ils ne l'avaient pas fait par haine contre le cardinal ou contre tout autre, mais uniquement dans l'intérêt du roi et pour le bien du pays ; >qué c*était à Sa Majesté maintenant à prendre les mesures que lui dicterait sa sagesse ^
Il y eut une nouvelle entrevue, le 26 juillet^entrc la duchesse
' Correspondance de Philippe II, t. !*»•, p. 258. — Suivant Sirada, les seigneurs no pensaient pas seulement que ce serait faire trop d'honneur à Granvelle que d'entreprendre un si long voyage pour Taccuser, mais ils hésitaient aussi à se confier à la discrétion du roi. '
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de Parme et le prince d'Orai^e, les comtes d'EgmoDt et de Hornes , ie marquis de Berghes, les comtes de Maosfeld et de Meghem (HoBtîgby était indisposé). Le prince , portant de nouveau la parole au nom de tous , kii adressa une longue remontrance sur les dangers que courait la reti^on, le mécontentement que ressentaient les gens de guerre du dénàment dans lequel on les laissait, la nécessité de satisfaire aux dettes que les receveurs avaient contractées de la part du roi, en6n Tuifence d'une assemblée des états généraux , qui devait être le rensède suprétne. Il attribua à des motife d'iirtérét personnel To^^Kiaitionque le cardinal de Graovelle el le baron de BerJaymont faisaient» dans le conseil, à la convocation. des états. « Ces deux miniatres, dit-il, alléguaient sans eeâse le préjudice qu'avait cau^ au roi l'assemblée pour l'aide novennale; maiâ ils se taisaient sur les avant^es qui en étaient résultés, car elle avait assuré la conservation de ces provinces. » Mais Granvelle prétendait , de son côté, que ces assemblées avaient porté les premiers coups à rautorjté monarchique, en encourageant des tendances qui s'étaient dévdoppées graduellement et dont le caractère ne pouvait plus être contesté. Le but de ses antagonistes, disait-U ouvertement , serait de réduire le gouvernement à la forme républicaipe , oii le roi n'aurait d'autre pouvoir que celui qu'ils voudraient bien lui laisser '. De son cêté , le prince d'Orange déclarait que la déBanec qu'on montrait envers les états, produisait aussi la défiance de la nation envers le souverain. Il annonça ensuite l'intention formelle des seigneurs de ne plus prendre part aux. délibérations du conseil, puisque leurs avis étaient ^dédaignés , et que nombre d'affaires qu'on devait leur communiquer, leur étaient cachées par le fait du cardinal. Il répéta enfin que les seigneurs n'agissaient
1 Lettre de GranTeile à Gonçalo Ferez , du 2S^ juillet 4563 , dao& les Papiers d*Êtat, t. VII, p. 40». «