LIVRE II
conseil; voulant, comme sa bonté l'a toujours démontré; oonser* ver la France et s'opposer à sa ruine '. »
£n effet, soit que Philippe II n'ignprât point les; mesures prises par le roi de France pour lui résister, soit qu'il- manquât d'aur dacè, soit enfin qu'il fût déjà fatigué de la guerre, il se contenta d'entreprises peu importantes. Le comte d'Arenberg fut envoyé avec trois régiments de fantassins et 4 ,200 Chevaux pour assiéger le Cételet, et, le 6 septembre, le baron de Solignac, comman-r dant de cette place, craignant de ne pouvoir soutenir Tassauty ouvrit ses portes sans avoir combattu. Le H, le château de Ham se rendit au roi Philippe lui-même. Les Hispano^Belges se rendirent encore maîtres des places voisines, qui pouvaient nuire à Ham et à Saint-Quentin , surprirent dans Noyon quelques compagnies écossaises et s'emparèrent de Ghauni, où fut établie une forte garnison pour faire la levée du vin et en fournir les villes conquises. Après la soumission de ces places, quelques reitres poussèrent jusque dans les environs de Paris et effrayèrent tellement les habitants que les plus riches, suivant les elpressions d'un contemporain, » troussaient déjà bagage et se sauvaient, qui à Orléans, qui à Rouen, comme s ils eussent eu les Bourguignons sûr les épaules. » Cepaulant Paris n'était pas sans défense; lors de l'apparition des reitres, le roi fit faire une revue générale des bourgeois : il s'y trouva 46,000 hommes armés , de tous les métiers , sans compter les écoliers dont le nombre s'élevait à cinq mille environ.
L'hiver étant venu, Philippe II licencia la plus grande partie de son armée, renvoya les troupes anglaises, qui d'ailleurs ne s'entendaient pas avec les Espagnols, et se retira à Bruxelieâ. ' La situation financière des Pays-Bas occupa de nouveau lat^
• Mémoire de M. de la Cbastre. — Voir aussi 1{obei(tsoh, Histoire dé Charlea-Quint, liv. Xfl.
70 LES PAYS-BAS SOUS PHl^^lPPE II.
teotion du souverain. Pour se conformer aux désirs qu'il avait exprimés à Valenciennes , les députés des provinces s'étaient réunis à Bruxelles dans les premiers jours de septembre. Le roi désigna , pour le représenter auprès d'eux, le comte de Lalaing et les membres du conseil d'État. Cette assemblée fut en quelque sorte stérile, la plupart des députés. n'ayant d'autre charge que d'entendre les ouvertures qui seraient faites au nom du souve^ rain, tandis que le comte de Lalaing et ses collègues voulaient, au contraire, que les états proposassent eux-mêmes les moyens qu'il fallait employer. Comme on ne put se mettre d'accord , le comte prorogea l'assemblée le 44 septembre. Â la reprise des travaux, au mois de novembre, les députés arrêtèrent et pré* sentèrent au duc de Savoie un cahier de remontrances , contenant cinquante-deux articles dont il n'est pas inutile d'indiquer les principaux.
Les états demandaient que la confédération perpétuelle faite avec le saint-empire en 1548 fût entretenue par celui-ci comme elle l'avait été du oété des Pays-Bas, et qu'une pareille confédération fût propoaée au royaume d'Angleterre. Pour résister aux invasions des Français, ils proposaient, en temps de guerre, l'entretien de huit mille chevaux et de trente mille hommes de pied soldés. L'emploi de troupes étrangères ayant été de tout temps la ruine des royaumes et les habitants des Pays-Bas ayant toujours passé pour gens belliqueux, disaient les états, ils émettaient le vœu que deux mille cavaliers et pour le moins les deux tiers des fantassins fussent pris parmi les regnicoles ; ils étaient aussi d'avis qu'il fût équipé vingt navires de guerre pendant sept mois. Pour subvenir au payement des gens de guerre, les états propo-^ saient d'accorder un subside annuel de 800,000 livres d'Artois pendant huit ans, pourvu que le roi renonçât aux aides précédemment votées. Les états insistaient pour que la garde des forts et des villes frontières fût confiée aux chevaliers de l'ordre de la