LIVRE II
«( que cette longue n^odation ^it menée à la fin tanÉ désirée ; <( qu'ii les remerciait cordialement de la bonne affection qu'ils M avaient montrée à son service ainsi qu-au bien et à la défense « du pays '. » :
Une tentative, peu siucère, à la vérité, avait été faite par les Guises pour prépeur^r ie$ voies à un accommodement avec l'Espagne. Christine, duch^se douairière de Lorraine , retirée dans les Pa;s*Baa depuis la conquête des trois évéchés par Benri II, témoignait le plus vif désir de revoir son fils qui avait été soifstrait à sa tutelle pour étt» élevé à la cour, de France. Ce désir ayant été communiqué au cardinal de Lorraine, celui- 4 promit d'y satisfaire ; mais il y mit en quelque sorte poorcon* dition que la duchesse se ferait accompagner par des ministres du roi d'Espagne. Cette proposition ayant été acceptée» et le lieu de Tentrevue fixé à |ilarcoing, village à une lieue de Cambrai, la duchesse de Lorraine s'y rendit, le 16 mai, avec l'évéque d'Arras, le comte d'Egmont, le secrétaire Baves, et d'autres seigneurs. Le jeune fils de Christine était accompagné du comte de Vaudemont, du cardinal de Lorraine, du duc d'Âumale etdu secrétaire d'état ^Aubespine^ De longues conférences s'établirent ^.Marcoing entre Granvelie et; le cardinal de Lorraine ; mais elles n'eur^t point de résultat propre à faciliter une négociation plus régulière. Loin que Granvelle crût à. la sincérité du cardinal de Lorraine, il sexonvainquit.quason désir de paix n'avait d'autre but que de tromper leis Espagnols; qu'il ne fallait donc pas se laisser abuser , mais hâter plutôt la levée des gens de guerre, afin d'éviter toute surprise ; continuer résolument la lutte était, selon lui, le seul moyen de parvenir à la paix. 11 n'y avait pas d'espoir, ajoutait-il, que les Français fissent rien volontalre-
> Des anciennes Assemblées nationales de la Belgique, § II. * Histoire des ducs de Guise^ 1. 1, pp. 457 eMwiv.
ment ou qa'iis se résignassent à des Conditions rai^nnabied s'ils ne voyaient leurs adversaires les armes au poing ' .
Les Français avaient fait les plus grands préparatifs pour la campagne de 1 558, et leurs propres forces s'étaient accrues de nombreuses levées tirées de l'Allemagne ». Le premier théâtre des bostilités fut le Luxembourg. Au commencement du mots de mai, Vieilleville, gouverneur de Metz, vint camperdevant Thionville* avec les vieilles bandes qui tenaient garnison dans les pfeMM voisines ; bientôt après, le duc dé Guise, ne voulant pas se laisser ravir une nouvelle occasion de gloire, aiccotirut loi-mémè avec des renforts, qui élevèrent l'armée assiégeante à douze mille fantassins, dont les trois quarts étaient allemands, quatre mille reîtres ou cavaliers proprement dits , quatre cents hommëè d'armes et deux dents chevau-légers.
Thion ville était une place réputée imprenable, comme Calais ; elle était située sur la Moselle^ an milieu d*une plaine couverte de marais , d^endue par cinq bastions, à quelques lieues de Metz, qu'elle tenait pour ainsi dire sujette. Le 5 juin, treote^cînq grosses pièces d'artillerie commencèrent à jouer contre la place: La garnison, commandée par Jean de Gaderebbe, gentilhomme du Brabant, était brave , maié trop faible , car elle ne s'élevait guère qu'à trois mille hommes, et la vigilance des Français empêchait l'entrée d'aucun secours* Le comte de Mansfètd, gouver^ neur de Luxembourg, et le comte de Homes essayèrent inutilement de la mettre en défaut; ils furent repoussés ^. En vain
1 Papiers d'État du cardinal de GranveUe, t. V, p. 468.
^ Les reitres ^taieut en si grande quantité, selon Giôvaniii Midiiei, q<ie non-seulement la nation , mais la vie du roi lui-môme et celle de ses enfants étaient entre leurs mains. Becueil de M. N. Tommaseo, 1. 1, p. 397.
3 « Durant la première nuit du siège, le comte de Homes chercha à pénétrer dans rintérieur avec trois enseignes des vieilles bandes espagnoles, mais trouva tous les abords si bieii gardés qu'il fut contraint de se retirer, après