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enfin, après Tavoir longuement examinée, il demanda un troisième tableau, celui du Jugement dernier. Tout à coup un frisson le prit; il se to*irna veira Je docteur Mathys, son médecin, et lui dit : «c Je me seiDS indisposé, docteur. » A ces mots, ses gentilshommes accoururent, et le portèrent au lit, qu'ii ne quitta plus, depuis.
Pendant les vingt jours que du ra la maladie, Charles se signala par sa patience, sa résigoation et sa piété. La veille de sa mort, on lui annonça l'arrivée de Tarchevéque de Tolède. 11 ordonna de lintroduire, s'informa de la santé de son fils, le roi Philippe H, mais ajouta aussit6t quil n'était pas disposé à parler d'affaines. Vers le soir, l'archevêque nevint une seconde fois ; lâais il dut se tenir dans l'antichambre, l'empereur; prévenu contre lui par les insinuations de l'inquisiteur-général Valdès, ayant refusé de l'admettre, malgré les instances de Quijada et du confesseur. Le bruit s'étant répandu que l'empereur était à l'eitrémîté, larchevéque, sans en avoir demandé la permission cette foisj entra avec les autres gentilshommes dans la chambre et s'étâht approché du lit, il lut et expliqua au moribond le psaume De profundis . Tombant ensuite à genoux et montrant le crucifix , il prononça lesparoles. suivantes, qui furent dénoncées à l-inquisition : « Voilà Celui qui répond pour tous; il n'y a plus de^ péché, tout est pardonné! )> Plus prudent ou mieux inspiré, le prédicateur fray .luan de Villalba chercha ensuite des consolations dans l'assistance particulière des saints. A minuit, l'empereur se trouvait à l'agonie; il demanda aux religieux de réciter les prières et les litanies pour les agonisants, se fit donner le crucifix qui avait servi à l'impératrice, sa femme, le porta à sa bouche et le serra deux fois sur sa poitrine. Enfin, le docteur Mathys, qui se tenait au pied du lit, prononça l'arrêt de Charles-Quint, et tous ceux qui l'assistaient, gentilshommes, religieux, serviteurs, éprouvèrent le saisissement de la douleur et de l'angoisse. A deux heures et
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demie du. matin, le mouràflt fit un dernier effort et 'expira en balbutiant le nom du Sauveur K
Éléonored'Autribhe, reine douairi^e de Portugal et de France, avait précédé son frère dans la tombe : elle était morte, le 48 fé-' vrier précëdent; au village de TàlaVeruela. L'a titre soatir de l'empereur, l'illustre Marie d'Autriche, reine douairièpe de Hongrie et de Bohême, ancienne gouvernante générale des Pays- Bas , ne survécut que quelques semaittés à son frère : elle suo*^ comba, le 18 octobre, à Cigales/ tandis qu'une (lotte Fatlendâit à Latedo pour la reconduire dans les provinces qu'elle avait si gkwnieusemeritdirijgées pendant un quart de siècle.
Charles-Qaint avait laissé trois enfantsf de son mariage avec Isabelle de Portugal : Philippe li , roi d'Espagne; Marfe, qui
' Ces détails sont emprantés, pour la plupart, à la relation contempo-' rai^e du moljoe bij^ron3rmitç ^ analysée par M. Bakhui^en. Voir aussi les lettres de Quijaçla, de Gaztelû, etc., iusérées dans- le recueil de M. Gachard, et dont M. Mignet s*est principalement servi dans son beau récit de la mort de Charles-Quint. Bartolomé de Carranza , quoique revêtu de la haute dignité d'archevêque de Tolède, devint bientôt après victime de la jalousie du grand inquisiteur Valdès, qui le ûl dénoncer comme suspect de favoriser les opinions de Luther^ et le tint ensuite enferçié, pendant huit années, dans les prisons du Saint Office, à Valiadolid. L^rQhevéqtf^ sentit vEaiseoi* blabJement resté prisonnier toute sa vie, si une circonstance imprévue n'avait fait découvrir au roi les intrigues de Valdès. Carranza fut appelé à Rome , à la demande de Pie V, subit une nouvelle détention au château St-Ange,et n'obtint qu'en 4576, dé Grégoire XIII, une sentence d'absolution. Le procès intenté à l'archevêque de Tolède fut une des preuves les plus frappantes de Tomnipicitenoe que s'arrogeait rinquisitiion. Qui pouvait se orc^re assez puissant ou assez orthodo?:e pour échapper à ce tribunal eS^'ayant^ devant lequel les trois premiers généraux de la Compagnie d« Jésu^ n'avaient pas même trouvé grâce, à une époque où les jésuites, comme dit Llorente, ne s'annonçaient que par des vertus? Saint Ignace de Loyola fut mis en prison, et ses deux successeurs, Laynez et saint François de Borja, furent persécutés comme « fanatiques illuminés. »