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avant son exil. Ce mariage fat célébré à Naples, après l'expédition de Tunis, et pendant les fêtes du carnaval auxquelles l'empereur lui-même voulut prendre part en se faisant armer à Tafrioaine et en participant; aux ès^ercices chevaleresques de la noblesse. Ces fêtes n'annonçaient qu'une catastrophe. Bientôt une nouvelle conjuration se trama à Florence pour renverser ta domination des Médicis. Le chef du complot vivait dans le palais mên)6du duc: c'était son parent, Lorrenziho de Médicis, qui, pour mieux cacher ses projets, affectait la démence de Brutus. Benvenuto Cellini gravait alors la médaille du duc Alexandre, et Lorrenzîno lui en avait promis le revers. Il tint sa promesse. Pendant la nuit du 5 au 6 janvier 1537, le duc fut poignardé dans son lit par des assassins que Lorrenzino avait introduite dans sa chambre, au lieu d'une fille dont Alexandre était amou* reux et qu'il avait chargé son parent de lui amener. Mais loin de rétaUir la république, ce meurtre hâta l'avènement de Gosme de Médicis.
Le nouveau duc supplia l'empereur de lui donner en mariage la veuve de son prédécesseur. Charles-Quint, ne doutant point de la fidélité de Cosme, aima mieux faire servir Marguerite à une alliance avec la maison Farnèse, dont le chef, Paul III, occupait le trône pontifical depuis le 43 octobre 1534. Ils arrêtèrent, dans l'entrevue de Nice, le mariage de Marguerite avec Octave Farnèse, second duc de Parme et de Plaisance '. Mais cette unioa ne fut pas plus agréable à Marguerite que la première : enfant, elle avait épousé un homme ; femme^elle épousait un enfant, car Octave n'avait que treize ans. Les deux époux furent séparés; le duc de Parme suivit Charles-Quint dans l'ex-
* Pierre Louis Farnèse , son père , assassiné par les chefs de la noblesse de Plaisance, en 4847, était fils naturel du pape Paul IIL Voir les Commentaires de Fr. dk Rabutin, liv. I«,
pé(jitfQn d'Alger et servit deux ans dans les armées impérmles.
Cependant lîabsence avait éveillé l'amour de Marguerite; elle revît son époux avec joie et de leur union naquit le prino» Alexandre qui devait immortaliser un jour le nom de Fàrnèse. PI113 âgée (|u'Octave, Marguerite^ voulait le dominer. Elle avait leB go^\3 virils ; elle était si forte et si vigoureuse , dit Strada , que lorsqu'on ohassaii le cerf, elle lassait autant de chevaux que les plus robustes chasseurs:; elle avait même un peu de barbe au menton et sur la lèvre supérieure. Dan& les querelles qui s'élevaient entre les Farnèse et l'empereur, elle prenait toujours le parti de celui-ci ; sa vénération pour son père était si grande qu'elle répétait souvent que plutôt que de lui déplaire par une demande indiscrète , elle aimerait mieux couper U tête à son propre enfant *. D'autre part, la ferveur de sa dé^'Jdtion devait lui concilier les sympathies de Philippe II. Bile avait eu pour directeur spirituel Ignace de Loyola, à qui elle se confessait plus souvent qu'on n'avait coutume de le faire en ce temps; elle pratiquait aussi. tous les autres exercices de piété ; chaque année, le jeudi saint, elle lavait e)le-i!néme les pieds à douze filles pauvres et lea servait ensuite à table *.
(.e piqs profond mystère avait enveloppé la naissance de don Juan. Il avait vu le jour à Ratisbonne le 24 ou le.25 févrij3r4547. Sa mère était Barbe Bluxnberg, peut-être d'origine néerlandaise. Elle fut amenée à Gharles^^uint pour chanter devant lui et Tarracher à la mélancolie. qui le consumait depuis la mort.de l'im^ pérî^trioe; ce fut d'elle quHeut don Juan^ M^J'enfant fut presque immédiatement enlevé à sa mère et confié par l'empereur à son valet de chambre: Adrien de Bues, qui, pour mieux cacher
• RkTiKE.Hist. de la papauté, liv. III.
^ Hist. d'Alexandre Farnèse (Amsterdam, 1602), p. 15.
^ Strada, lib. \.
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son origine, }e ranit ensuite à un joueur de vwle: Quels motifs engagèrent Gharles^Quiùt à tenir si secrète l'existence de cet enftttt ? Rir. pudeut, sanis doote, il im voulait point qu'elle ftit révélée de «onivivant. Ce ne fut que dans son testament qu'il avoua For^ne de don Juan et qu'il le recomipanda à.sonsucceôseur *.
* Les papiers relatifs à don Jua« étaient renfermés dans une enVëlopiie sur laquelle on lisait la recommandation suivante, écrite de la main de Tempereur : « Personne ne doiib ouvrir le pré&ent^crit, si ee n*est Ifci prince « mon fils, ou,, à défaut de lui, mon peUt-fils don Carlos, et, h défaut de ce o dernier, .celui pu celle qui se trouvera désigné pour me succéder en « vertu de mon testament, à l'époque ou l'ouverture en sera faite. » L'écrit mystérieux contenait ce qui suit : « En outre de ce qui est porté dans mon « testament , je dis et déclare qu'étant en Allemagne , depuis la mort de « rîmpératrice mort épouse, j'ai eu, d'une femme non mariée, un fils na- « turel appelé Jérôme; que, pottr o0rtains moljfs particuliers, mon i|iten- « tion a été de touttemps, comme elle est encore (si la chose est possible « sans trop, d'inconvénients), que ce fils prenne spontanément et de son « plein gré l'habit dans quelque ordre de moines réformés, vers lequel pu a l'acheminerait, mais sans exercer contre lui ni violence ni coaction quel- « conque. Cependant, si mes vues ne pouvaient ê:re accomplies, et que le « prince préférât vivre dans I9 siècle , je veux et j'ordonne qu'on lui assi- * gne, par voie ordinaire, de 20 à 30,000 ducats de revenu annuel dans le « royaume de Naples, ainsi que des terres et vassaux qui lui ob^sseot, Je a remetsle tout à la discrétion du; prince mon fils, et, à son défaut, à celle « de l'infant don Carlos, mon petit-fils, ou de tout autre qui, aux ternes de « mon testament et lors de son ouverture, se trouvera être mon héritier. « Si , à ce))te époque , ledit Jérôme n'est pas encore entré dans l'état que je a désire lui voir embrasser, il jouira dudit revenu et des terres qui lui sont « assignées pendaAt tout le cours de sa vie, et, après lui, ses héritiers et « successeurs légitimes issus à» son corps. Quel que. soit, du reste, le genre « de vie pour lequel se décide ledit Jérôme ^ je recommande expressément « au prince mon fils , à mon petit-fils » ou à tout autre mon héritier, au a moment de l'ouverture d^.mon testament, de Tbonorer et faire honorer, « de lui garder le respect qui lui est dû , et d'accomplir et exécuter tout ce « qui est prescrit dans la présente cédule, signée de mon nom et de ma
i08 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.
Le confident intime du dernier atnour de Charles-Quint fut Luis Quijada , son majordome. Ce loyal: serviteur, sans jamais divulguer Torigine de Tenfant , le confia à sa femme ,. défia Màgdalena de Ulloa, qui lui donna des soins maternels. On peut croire d'ailleurs que Quijada, après avoir établi sa famille à Quacos, fit en sorte que, avant de mourir , l'empereur accueillît et bénît le jeune Geronimd, Toujours est-il avéré que, pendant les obsèques de Charles-Quint, don Juan se tint constamment à côté de Quijada, dans l'église de Yuste, étonnant les autres assistants par une attitude qui dénotait son affliction et le respect' qu'il professaitpour la mémoire de l'empereur ^ Du reste,. Philippe II, exécutant la volonté formelle de son père, reconnut le fils illégitime de Barbe Blumberg et l'appels^ à sa cour en i560 ; mais, alors même que don. Juan venait de donner, sur les côtes d'Afrique et à Lépante , un nouveau lustre aux armes de l'Espagne, son frère, toujours plein de défiance, ne voulut point qu'on lui accordât le titre d'Altesse, alléguant que celui à'Exceïtence était mieux en rapport avec sa position *.
« main, dose et scellée de mon petit sceau secret, la considérant comme « clatise expresse de mon testament. Fait à Bruxelles , le 6 janvier i55i. » Papters (TÉtat du cardinal de Granvelfe, t. IV, pp. 496 et suiv.
» Relation du religieux de Tordre de Saint-JérÔioae, cliap. XLÏII.
2 Barbe Blumberg épousa ensuite un Anglais, Jérôme-Pyrame Kegell, qui' remplissait rofiSce de commissaire des vivres aux Pays-Bas. Elle perdit son mari au mois de juin 4569, et, huit jours après, Je plus jeune des deax enfants provenus de ce mariage se noya dans une citerne. Du reste, elle restiait pauvre avec beaucoup de dettes. Comme on nMgnôrait point dans le public qu'elle était mère de don Juan, le duc d- Albe, alors gouverneur général des Pays-Bas, Tenvoyà visiter et lui donna le conseil de ne point disposer de sa personne sans l'en avertir preriifèr^nent. Il se Mta," d'ailleurs, de demander les ordres du roi. Celui-ci répondit (26 septembre 1569) que le duc ne devait pei-mettre en aucune manière que la mère de don Juàn vînt en Espagne, et il désira avoir son avis sur ce qu'il