LIVRE m (1558). . i
Ce futdaâs la ..ville d'Ârras que Philippe: Il reçut, le 26 oefio-^ hre, la iM>aveUe doKla mortdé son père. Profitant de la trêve
conviendrait deiaire poKiÈe!lle/-Auxrn[ifor}im<iioa& dé!fà.iraa$KXijse$:au m^hs duç^jouta (17 novembre) qu'il ne mapqMait pas d'bqnames gui.,v,oudraient épouser la mère de don Juan d'Aïutrichej et il ignorait si elle:même n'avait pas la volonté de se remarier, parce qu'il lui semblait qu'elle était encore assez jeune pour cela ; mais il lui avait fait dire de nouveau qu'elle ne devait pas y songer. Par une lettre dii * 30 juin 4 570, le roi chargea le duc d'Àlbe d6'feite eti sorte\iUe>ia m^e de don Juan d'Autriche s'établit dans •qufilquèfJendroit de»: PajfiBd^^ sans se remarier,, et de lui /ournir les moyens de yiyrexïomme fi convenait à sa qua}Ué. I^e 9 aoûtyle duc d'Âlbe informa le roi qu'il avait fait traiter avec la. mère de dpn Juan pojir rengager à se retirer dans quelque lieu des Pays-Bas selon l'prdre qu'il avait reçu ; qu'elle avait fait d'abord des difficultés, trouvant étrange qu'on lui imposât une telle condition, ttiài^, enfin, qu'elle avait conèentî à* se fixer à Oand. lié^dnc avait eu l^fn*éntion de rdnvoyér é Mbns ; maïs, oomihe efle ne savait m letftançaisv niuanause autcec langue que la siennoi elle ava<it préféré Gand^ Cet arrangepoi^b ne satis^t, pas Pbi^ippejll : ilitrouva que la mère de don Juan aurait à Gand plus de liberté qu'il ne fallait ; aussi préférait-il qu'elle se retirât dans un couvent. — Certes, objecta le duc 'd'Albé (9 octobre 4870), sîTi'on pouvait engager ïâ mère de don Jitàn d'Autriche à se retifet" dans ûri" "monastère; *ce serait ôe ii^ui conviendrait le mieux : niais il a déjà eu tant de peine à lui persuader de se fixer à Gànd, qiie, si on lilt proposait àujdurd'hni' de s^enfermer dans un monastère, il tient pour'èertaiii qu'elle 'fe'J^ refuserait éi réVoquerait même son engagement antérieur. — Lès févirier -1571, le roi informe le diîc d'Albe qu'il a dit à don Juan la manière dont sa niereVit à Gand : don Juan n'en est pas satisfait ;îl lui semblé' que sa mère y a plus de liberté qui! ne convient. Aussi" désire-t-U qu'elle vienne en Espagne; 'et 'il a résolu, avec riapprdbation du roi , d'envoyer atix Pays-Bas un dé ses gentilshommes qtii aura charge de l'y amener. Cette résolution Soit demeurer secrète jusqu'à l'arrivée dudit gentilhomme. Dans l'intervalie cependant, le due pourrait, par quelque personne de conflance, faire înâi'iiuer à la mère de don Juati qu'il conviendrait qiie, ayant un fils térque le sien, elle allât rééider o'uil est. Le duc se conforma à ces intentions; la mère de don Jùan répondit qu'elle se réjouirait de voir son flis, mais qil'elle n'aimait pas à aller en
440 LES PAYSr»BA3 SOOS PHILIPPE II.
Gcmclue avec la Frsnce ,.ii revint daiiK le Br.ai)ant eti^adia âfeofermér, Je 10 navembre, dans i'abbaye de GroeDemdaiei , [Visible retraite, au milieu de la forêt de Soigne, où Charles-Quint était venu plus d'une fois oublier les soocis de la pMîssance. i > «
La mort, cependant, ne s'était pas endore lassée de débiter !a famille du roi : la reine d'Angleterre ,,sà femme, lui fut enlevée le 17 novembre.
tes {unéfai,llesde JiarieTudor, comme duchesse dePraJ)ant^ furent célébrées dans l'église collégiale de SaiotenGuclule , à Bruxelles, le 15 et le 16 décembre; celtes de rempereàrChorle^- Quint , le 29 et le 30 du même itiois , avec une pompe digne de celui qoi avait commandé à tant de peuples. Le roi, le duc de Savoie , les chevaliers de Tordre de la Toison d'or, les seigneurs espagnols et belges qui formaient la cour du souverain , les arabs^s^eurs dea puissances alliées, tous en deuil , a3sis^iai^n| aux obsèques. L'église était décorée des armoiries de iouis les royau^ rties et seigneuries que Charles-Quint avait possédés , et, autour
Espagne ; qu'elle savait très-bien la manière dont op enfermait là-bas les femmes, et que, la mît- on en pièces, on ne, la contraindrait pas à s'y rendre. Le duc d'Albe se plaignait des em))arras qu'elle occasionnait; selon lui elle avait une terrible tête et pouvait, en conséquence, se remarier. Lui donner de l'argent, ajoutait-il, c'est le jeter à la rivière, parce que, en deux jours, elle l'a dissipé en festins. En résumé, U fit .proifpser de la conduire en Espagne, par surprise, en disant qu'on la conduisait à Anvers, où on la ferait entrer dans une Ijarque qui la transporterait en ^élande. Philippe II envoya sa décision le 44 novembre il 574. Puisque, disait-il en substance, il n'y a pas moyen d'obtenir de la mère de don Juan qu'elle se retire dans un monastère des Pays-Bas, le duc tâchera, par persuasion ou .autrement, de l'emmener sur la flotte, qui la transportera en Espagne. Si toutefois on pouvait être certain qu'çUe ne se remariât, pas, et qu'elle vécut convenablement; on pourrait la laisser aux Pays-gas. — Ces détails sont empruntés à un certain nombre de documents disséminés dans la Correspondance de Philippe II, t. II, p. 96 et suiv., passim.
4tviiE m (i5»8). ill
d'u& vastemaosolée, des ^()ilaphe9 rappelaient^k»' prifielpànx ^vënements de ce règnb méiiKïrâbla. L'oraison funèbre f lit pto-^ poncée par FrençoM Richardet, sufflràgantde I^évéque d'Arras K Dtt reste^ oti' soleonisa, dans tout le mondé eatkioHque, lamé-^ moire de Gterleft^Quint. Soûrante-qu^Aâre amitié messes tarent^ ditK)n , célébrées pour lui; et on lui éteva^ vingt-quatre * mille mausolées, qui coûtèrent plus de six millions de ducats d*or ^ •'. Cependant des désirs pacifiques prédominaient Morsidans les États dont la rivatitë, sous te del'nier f^ne» arait ei longtemps troublé le monde; de toutes parts > les: vcéux les plus ardents s'âevaient podr l'faeonsiuse isSue des n^ociatidos entamées ââns le but d'ainener une récondliation durable entre rfispàgné et la Sranœj. •>:
Les conférences entre lés plénipotentiaires^ espagnols et françaiS; réunis à l'abbaye de Cereamp, avaient traîné ^.longueur par suite des prétentions exagérées qui avaient été mises d'abord en avant de part et d'autre, selon l'usage presque constamment suivi d£ns les négociations diplomatiques. Et cependant les deux princes, qui étaient principalement intéressés dans la. négociation, désiraient également la paix. Philippe cédait à l'impatieticc de retourner en Espagne, surtout depuis la mort de son père, et
1 Brantôme, Capitaines êstratig ers, i. I, p. 47. Oli y troiEiYe une relation détaiUée des obsèques de Cbarlés^Quint à Bruxelles.
2 Paul IV fit aussi oéiébrer un ^rvice pour râtïiè de Charles-Quint ; puis, en présence des cardinaux et des ambassadeunâ, ik prononça un discours tendant à démontrer u que ledit empereur Charies estoit décédé <i empereur, ayant en eette qualité reconnu tous lés Papes qui ont esté de- « pu» son élection él^ coronation, et semblablemcut esibé reconnu d'eux'; et « qv»y sam kur ikeni^M p€r^ik8ionr il ae.pouToit renoncer ny déposer « cette' dignité, de laquelle nullavinque luy n^est apparu enûore tala-^ « hlenwtU pmrvu. ». Uévéque d'Angôuième au roi .Henri U, ^SdéceiSK bre1558, dans Ribier, t. H, p. 775.
i\i LES PAY&<>BAS SQVS PHILIPPE II.
Heori à celle de- délivrer le connétable de Montmorency) prûson*nier des Espagnols;^ et de s'affraivobir da joug qbe les Guises prét^ndaientilui imposer. Toutefois; leà conférences de Gercaœp n'avaient, m boui d^un moië, produit exioore d'autres résultats favpnâA)les à la paix qu'uoe ^prolongaliont dé la trêve,, lorsqu'elles furent tout àooupsiu^pendues à la nouvelle de la làort de Marie
Philippe U fit bifer^tùt une déofiàrohe qui dénotait toute la profondeur de; sa politique et de. son ambition. Potïr:cobserver sur l'Angleterre l'infitience que lui avait donnée son maria^^aveô la &Ue de iGatheriiie d'Aragon, il offrit à ia. nouvelle sô(uv6raînè, fille.d'Anne de Boieyniet conséquéinmeat entachée d'Ulégiticbité aux yeux de l'Europe catholique, il offrit également sa main à là reine Elisabeth après avoir d'abord cherché à la gagner par les protestations les plusiaffectueuses.?. : • : : *
Les catholiques, et à leur. tète les:fiuiaes, considéraient Marie
1 Voir les Papiers d'État du cdrdinat de Granvelle, t. V, p. 229 et suiv. -*• DaDâiuûè lettré confidentielle adi^èssée au dobfesseur du roi Philippe II et datée de Côrcamp le 2 noyémlbre, Oranvélle s^e^tprimaite^; ces terities : ........ J'igiK>re si Dieu le permet en punition de nos p(âchés,ou/pour quel-
0 que autre motif, mais toujours est-il que les Français ne prennent pas « jusqu'ici le chemin de conclure le traité qui nous occupe. Une chose a dû «..nous faire tort auprès d^eux, c'est qu'ils connaissent nos vœux pour la « paix ; aussi paraissent-ils décidés à nous la v^dre cher..: Peutr^re aussi « comptent-ils beaucoup sur le vif désir que nous avons de retourner en « Espagne : car i^s. sont gens à tiirer par ti de tout » 'ibid. , p. 354 et suiv.
^ Voir l9 lettre de Philippe II, datée de Bruxelles 1© 24 décembre 4BS8, et insérée dans les Papiers d'État du, cardinal de GranveUe, t. V. p; 40S. — Il iTésulte d'une dépôcfce adressée de Venise, le 9 janvier 4 5B9; par le cardijûal de Tournon au roi Henri Il,quei'On était persuadé à Rome que \
rintention de Philippe M était d'épouser Elisabeth et que le pape, soudé {
sur ce sujet par Tévêque d'Âugouléme , paraissait disposé à aoetordér la dispense nécessaire. Rtbier, t. II, p. 777.