‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 3)Chapitre 44 sur 177 · LIVRE m (iSS · texte numérisé non relu

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Stuart, reioe d'Ecosse et épouse du dauphin de France, comme la vraie héritière de Marie Tudor '. Cependant Henri II s'était empressé aussi d'adresser à la reine Elisabeth les protestations ies plus vives d'estime et d'attachement. Il la conjura de se dégager d'une alliance qui avait été si funeste à l'Angleterre et de conclure avec lui une paix particulière, sans y mêler ses intérêts avec ceux de l'Espagne, dont elle devait absolument se séparer. Elisabeth paraissait incliner vers ce parti lorsqu^un acte impoli* tique de Henri II vint l'obliger à rester unie, momentanément du moins, avec l'Espagne. Elle avait conçu le plus profond re&* sentiment en apprenant que Henri II, d'après les suggestions des Guises, avait permis à sa bdle-fille, la reine d'Ecosse, de prendre le titre et les armes de reine d'Angleterre. Aussitôt elle enjoignit aux représentants de l'Angleterre à Cercamp d'agir en tout de concert avec Jes plénipotentiaires d'Espagne, et de ne se porter à aucune démarche sans en avoir auparavant conféré avec eux. Mais, d'autre part, elle déclina la proposition de mariage que Philippe lui avait faite et, quoique alliée politiquement avec le roi catholique, persista dans la résolution de détacher de nouveau l'Angleterre de la communion romaine '. Cependant Henri II s'était assuré une sorte de compensation en profitant des embarras de l'empereur, pour obtenir de la diète réunie à Augsbourg, en échange de promesses d'amitié, la conservation assurée des trois évêchés (Metz, Toul et Verdun), dont la France s'était emparée dans la campagne de 1552. Philippe II, dont l'attentic»!

1 Marie Stuart, nièce des Guises par sa mère Margtierite de Lorrain (femme de Jacques V, roi d'Ecosse), avait éponsé, le 24 avril 4558, François, dauphin de France. Elle était descendante directe de Henri VU par la fille aînée de ce monarque, Marguerite Tudor, mariée à Jacques lY , roi d'Ecosse.

* Histoire des ducê de Guise , 1. 1, p. 504 et suiv. ; Robebtson , liv. XIN, eiMiGfiET, Histoire de Marie Stuai-t, chap. U.

fi4 LES PAYS-BAS SOUS PHILIPPE II.

était principalemeot fixée sur l'Angleterre elle Piémont, déclara, au sujet des réclamations de TEmpire, que cela ne le regardait point '.

Tel était l'état des choses lorsque, sur la proposition de Christine de Lorraine, le siège des conférences pour la paix fut transféré, au mois de février 1559, de l'abbaye de Cercamp dans la ville de Câteau-Cambrésis ».

Elles furent reprises, le 6 de ce mois, et, dès la première séance, le connétable de Montmorency niiit en avant un projet de mariage entre le roi d'Espagne et la fille aînée de Henri II, Elisabeth de France qu'il s'était agi, à Cercamp, de fiancer au fils de Philippe, don Carlos. On revint aussi au projet d'unir le duc de Savoie et Marguerite de France, sœur de Henri IH. Le principal représentant d'Elisabeth , Thomas Howard d'Effingham, ayant eu vent du projet suggéré par le connétable, flatta les premières espérances de Philippe II en laissant entendre aux plénipotentiaires espagnols qu'il ne manquait qu'un mari à sa

* Rankb, Histoire de France, principalement pendant le xvp et le xyii« siècle (traduction de J.-J. Perchât), Paris, 4854, 2 vol. in-8«, 1. 1, p. 439.

' On avait abandonné Tabbaye de Cercamp parce que c'était un lieu incommode, et on ne pouvait se réunir à Cambrai, dont il avait d'abord été question, parce que cette ville renfermait trop de gens de guerre. Du reste, il résultait d'un rapport officiel fait sur les lieux, à Câteau-Cambrésis, que ceux-ci étaient aussi en assez mauvais état. Après de longues discussîoas entre les maréchaux des logis, la distribution suivante fut adoptée : le logis de la duchesse de Lorraine serait à Monsoulas ; les plénipotentiaires espagnols habiteraient Beauregard et Mooplaisir ; ceux de France seraient placés à Monsecours et à la BeUe-Image, et les ministres d'Angleterre se logeraient au palais de Tévêque. Papiers d'État du cardinal de GranveUe; t. V, p. 426.

* La princesse Elisabeth, née à Fontainebleau le 2 avril 4545, n'avait donc pas encore, à cette époque, atteint sa quinzième année. La princesse Marguerite était née en \ 523.

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