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villes closes ou murées et plus de cent villages : ici le terrain s'abaissait pour former une région plate , mais bonne et trèsfertile aussi. La Frise \ si célèbre au moyen âge par le caractère indomptable de ses habitants qui avaient d'ailleurs conservé leur ancienne aversion pour la tyrannie , la Frise vivait en quelque sorte de ses pâturages et de ses tourbes ; le blé y étant insuffî* sant, on le faisait venir du Danemark et des pays méridionaux. Cette province , dans laquelle on rangeait la seigneurie de Groningue , renfermait treize villes et cinq cents villages environ.
Le comté de Hollande, l'âme et le cœur des provinces du Nord, était admirablement situé pour le commerce : au nord et à l'ouest, il touchait à l'Océan ; au midi, à la Meuse et au Brabant ; à l'est, il avait pour limites le Zuyderzée et la Gueldre.
Un. coup d'œil sur Taspect de cette contrée depuis le moyen âge montrera les changements qui y furent accomplis par le plus, énergique labeur. Au XP siècle , toute la Hollande méridionale, de Gorcum jusqu'à Harlem, était encore couverte par la forêt de Merwede. En 1017 le comte de Frise s'empara de cette forêt et bâtit un bourg, avec château fort, à l'endroit oii existe actuellement Dordrecht. De leur côté, les comtes de Hollande construisirent une maison de chasse autour de laquelle se forma bientôt le village de la Haye ('S Gravenhage^ bois du comte). Guillaume de Hollande , qui monta sur le trône impérial en 1 248 , éleva en cet endroit le palais appelé la Cour et y étfiblit un tribunal de justice pour terminer les aflaires qui pouvaient naître entre les seigneurs de sp suite, tandis que les bourgeois devaient être jugés par leurs magistrats ordinaires. La Haye devint ensuite la
• 11 s'agit ici de la partie occidentale de la vaste contrée qui portait ce nom au moyen âge ; la partie orientale ou West- Frise était réunie à la Hollande.
résidence principale des comtes de Hollande et des stathouders ou gouverneurs auxquels Tautorité était déléguée pendant l'absence du souverain >. Cependant les lacs, les marais et les terres incultes occupaient encore , dans l'ancienne Batavie, un plus grand espace que les forêts. Ainsi plus de la moitié du sol delà Hollande ne consistait qu'en marécages L'endroit où fut bâtie la ville de Rotterdam n'était qu'un lac ; même jusqu'au oommencernent du xv* siècle, une grande partie de la province d'Utreeht resta inculte et inhabitée-, en 4423, on fit enfin un appel aux étrangers pour qu'ils vinssent défricher, dessécher , et peupler les bois , les marais et les bruyères de cette contrée. Les premiers endiguements entrepris en vue de mettre les terres basses de la Hollande méridionale à l'abri des débordements du Rhin eurent lieu au xn* siècle, dans la contrée appelée RhynUmd; en \ 374, on endigua le territoire entre Rotterdam et le village d'Overschie. Enfin le collège du ^cib^roa/* (comte ou juge des digues) et des Heemraden fut établi en 4Sâ3, à fbccasion d'un débordement du Rhin qui, ayant rompu ses barrières, avait fait les plus terribles ravages en Hollande.
Du lac de Harlem jusqu'au gouffi« , sur lequel s'éleva Amsterdam, la vue n'embrassait qu'un marais couvert de joncs et d'herbes sauvages. LeZuyderzée non plus n'était pas encore, à la fin du XIII* siède, contenu par un système régulier de digues ; pendant l'été, les riverains se mettaient à l'abri des irruptions de la mer au moyen de légers épaulements : mais ces ouvrages ne pouvaient résister aux fortes marées de l'automne; aussi la population, toujours menacée, se retirait-elle, à l'approche de l'hiver, sur des tertres appropriés pour ce refuge ". La Nord- Hollande (Frisia minor) était tellement entrecoupée par des lacs
ï Basnaoe, Annales des Piwinces-VnieSy I. * \\% portaient le nom de Terpen ou Werden.
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et des marais que, lorsque les souverains du pays voulaient y conduire leurs troupes, ils devaient attendre que les eaux fussent fH'ises par la glace. Les travaux d'endiguement de la plupart des lacs de la Nord^HoUande et de la West-Frise commencèrent au xiv* siècle et se poursuivirent avec persévérance, en acquérant toujours plus de développement, surtout à partii* du xvr siècle • .
Les Hollandais proprement dits, parmi lesquels il faut comprendre les habitants de la Zélande, se distinguaient, en général, par toutes les apparences de la force : leur stature était haute, leur tempérament robuste. Us se signalaient aussi par ies goûts les plus laborieux et par un. courage qui se déployait dans l'industrie et le négoce aussi Sérieusement que sur les champs de bataille. C'était un peuple franc, simple et bon ; mais si calmes que fussent habituellement ies Hollandais, il fallait prendre garde de froisser leur attachement aux privilèges de leur province, car, autant que les Belges , ils se montraient fiers et jaloux des antiques libertés de la patrie '.
Le Hollande avait été illustrée par des savants éminents, et les lettres y étaient toujours en honneur; mais le plus grand nombre des habitants se livrait au commerce, à la marine, à rélève des bestiaux et à la pèche. Tout était digne d'attention dans cette province. On y récoltait peu de blé, mais il y venait en si grande abondance des régions septentrionales de l'Europe
I Dans la province de Hollande seule, cm gagna, de 1366 à 4646, par les endiguements et les dessèchements, plus de 86,000 arpents. Gaosn van Prinstbker, Vaderlandêche historié, t. f , p. 3. — Vinr aussi l'ouvrage de ScBATEs, loe. cit.
' « Ils aiment démesurément la liberté, disait BiHTivofiLio ; c'est pour cela qu'ils se montrent si attachés à conserver leurs privilèges; et de là vient encore qu'ils entrent facilement en ombrage et s^émeuvent fort aisément. » Helations, p. 6.
que la Hollande était la pourvoyeuse de plusieurs autres contrées. Elle ne produisait pas de vin, mais elle en faisait venir des bords du Rhin. Elle ne produisait pas de laine; maison y fabriquait une quantité considérable de draps avec' la laine qu'on tirait d'Angleterre, d'Ecosse, d'Espagne et du Brabant. Enfin, elle ne contenait plus de forêts ; mais avec le bois, venu également des régions septentrionales , on y construisait. des navires en plus grand nombre que dans aucun autre pays. Quelle était donc la richesse qui payait toutes ces importations? C'était surtout la fabrication du beurre et du fromage. La valeur de ces deux articles contre-balançait celle des épiceries apportées de Lisbonne à Anvers. Les Hollandais envoyaient leur beurre et leur fromage non-seulement dans touies les provinces des Pays-Bas , mais encore en Allemagne, en Angleterre et en Espagne. La pèche, surtout celle du hareng, était une autre source de richesse pour la Hollande , et, comme on l'a dit, une source d'or toujours jaillissante; huit cents navires et plus de six cents barques étaient cx)nsacrés à cette industrie ^
Le comté de Hollande contenait plus de quatre cents villages et %ingt-neuf villes murées dont les principales étaient Amsterdam , Dordrecht , Harlem et Leyde. Les habitants de la Haye n'avaient pas voulu l'enceindre de murailles, aimant mieux être,
ï Un poêle hollandais, Helmers, a caractérisé en quelques mots la féconde énergie de ses compatriotes : « La nature n'a rien fait pour nous; elle nous a refasé ses dons , et tout ce qu'on voit dans notre pays est Fœuvre du travail, du zèle, de rindustrie. » — La richesse et la simplicité des Hollandais du xvi« siècle étaient également dignes de remarque : « Louise de Goligny (quatrième femme de Guillaume de Nassau), a conté naïvement à mon père, dit Aubery du Maurîer, qu'elle fut fort surprise, arrivant en Hollande, de la«différente et rude manière de vivre de ce pays là, à cette de France ;et qu'au lieu qu elle avoit de coutume d'aller dans un carrosse suspendu à la françoise, on la mit dans un de ces chariots