LIVRE V (ISdO
recherchés aux foires d'Anvers et de Francfort; Mons était alors à Tapogée de sa prospérité commerciale. Ses fabriques de tissus de laine étaient devenues si nombreuses, dit-KHi, qîi'à l'heure de la sortie des ouvriers on sonnait la cloche du Beffroi pour interrompre momentanément la circulation des voitures *. On admirait la gendarmerie du Hainaut ; quant au peuple, Guicciardin le trouvait de mauvaise wa/wre^ c'est-à-dire, vif, entêté et turbulente Parmi les fondations religieuses, il fallait distinguer le chapitre de Ste-Waudru à Mons, dont l'abbesse jouissait de la prérogative d'installer le comte de Hainaut à son avènement i le chapitre des chanoinessçs de Maubeuge, qui possédait la seigneurie entière de cette ville ; le collège des chanoines.de St-Vincentà Soignies, investi pareillement du gouvernement et de la seigneurie de la commune ; enfin l'abbaye de St-Ghislain près de Mons, la prin* cipale du Hainaut. Cette province renfermait des fiefs considérables. Beaumont et Chimay appartenaient au duc d'Arschot , Chièvresaux Croy, Leuze à Floris de Montmorency, frère du comte de Homes. Les L&laing, qui tiraient leur nom dun beau village avec château situé sur la Scarpe à deux lieues de Douai, possédaient Condé. Montigny, avec le titre de comté, se trouvait à deux lieues de Douai ; Antoing, beau village à une lieue de Tournai, était la résidence des comtes d'Espinoy ; la baronnie
' Cette particularité a été puisée par M. Lacroix, conservateur des archives de l'État à Mons, dans les bans de police de cette ville. ■— Voir aussi Statistique du Hainaut, par Jacques Lessabé, de Marchiennes (mort en i 5&7) , dans la Collection des chroniques belges [Documents inédits, publiés par M. de REiFFENBtRG, 1. 1^»-)- "" ^n tfQuve d'autres détails dans les Commentaires de Bermardino de Mendoça : « Davantage, dit-il, il y a plusieurs minières de fer et de plomb, et de très-belles pierres pour faire divers ouvrages , minières aussi de la sorte de charbon , de pierre noire , qu'ils appellent houille, dont ils font bon feu»» Commentaires mémorables de don Berxardino DE Mendoça, etc. (Paris, 4591}. • . •
I9â LES PAY^BAS SOUS PHILIPPE fl.
de Barbançon, près de Beaumont, appartenait à Jean de Ligne, comte d'Arenberg, tandis que le comté de Ligne ^ à deux lieues û'Aihf était alors la propriété du comte de Valckenbourg, seigneur de Wassenaer en Hollande. .Louis de Blois possédait le village de Trelon ; le marquis de Berghes était propriétaire de Solre-le-Ghàteau. A deux lieues de Mons on trouvait te comté de Boussu ; non loin de Biucbe, l'antique seigneurie de Trazegnies. Berlaymont, sur la Sarabre, avait la dignité de baronnie ; et il en était de même de Glayon, à deux lieues d'Avenue. Dans un des sites les plus pittoresques de la province, la dernière gouver^ nante des Pays-Bas avait fait construire le magnifique château de Mariemont, brûlé par Henri IL
L'Artois était, comme le Hainaut, une province belliqueuse. La profession des armes y était surtout en honsieury et les habitants formaient d'excellents soldats , fidèles à leur prince, dit Guicciardin, et mortels ennemis des Français. Cette aversion était naturelle : dans les moindres démêlés avec la France, la guerre se portait toujours sur l'Artois ; aussi devait-on considérer Arras comme le boulevard do la Belgique. L'Artois était en même temps une contrée agricole; elle produisait le froment en si grande abondance qu'on en exportait une quantité considérable pour Malines et Anvers, afin de fournir aux besoins des autres r^iona: On trouvait dans celte province douze villes murées, huit cent cinquante-quatre villages et un grand nombre d'abbayes et monastères. Les villes principales étaient Arras, St-Omer, Béthune, Aire et Bapaume. Arras, h ^capitale, était partagée par des murailles en deux parties : l'une, appelée la ville, appartenait au souverain des Pays-Bas j l'autre, la cité, à l'évéque. Cette dernière renfermait la magnifique abbaye de St-Vaast , réputée la plus riche des Pays-Bas. On trouvait, dans l'Artois, le marquisat de Renty qui appartenait à la. maison d'Àrschot , ainsi que la seigneurie d'Achicourt, située non loin d'Arras.