LIVRE VI (iS
à vaquer en Espagne, sept mille cinq cents ducats de pension au profit de quelques-uns des nouveaux évoques des Pays-Bas ' .
Trois des abbayes du Brabant étaient destinées, dans la nouvelle combinaison/ à former la dotation d'autant de sièges^ c'étaient Fabbaye d'ÂfOighem pour Tarchevéché de Malines^ Tabbaye de St-Bemard sur TEscaut pour l'évéché d'Anvers, et l'abbaye de Tongerloo pour l'évéché de Bois-le-Duc. Les principales abbayes ou fondations des autres provinces devaient recevoir une destination analogue.
Quelque délicate que fût cette affaire, le pape avait voulu qu'elle se réglât dans un consistoire public, et les pièces en avaient été délivrées aux cardinaux. Des copies en furent bientôt envoyées dans les Pays-Bas, où les moines, dont les bénéfices devaient être annexés aux nouveaux sièges, employèrent désormais tous leurs efforts pour entraver la négociation ». Granvelle
» Correspondance de Philippe 11, t. I», p. 490. Lettre du W mai 4660.— Philippe II écrivait à Granvelle, d'Aceca, 42 mai 4560 : « Je me rappelle d'avoir cherché à vous persuader, pendant mon*séjour dans les Pays- Bas, de la nécessité et convenance qu'il y avait à ce que vous acceptassiez votre nomination à Tarchevôché de Malines. Je persiste dans les mêmes sentiments, attendu que je ne pourrais élever à cette dignité personne qui la méritât davantage. En effet, vous réunissez en vous toutes les qualités désirables au plus haut point, offrant une double garantie : Tune pour le service de Dieu, puisque vous résideriez ordinairement dans le ressort de votre Église ; l'autre pour mon service, puisque BruxeUes, siège ordinaire de la cour, est situé dans le diocèse de Malines. Prenant donc, tout à la fois, dans la plus sérieuse considération l'appui que vous pouvez prêter aux affaires publiques et à celles de la religion dont vous auriez la direction principale, ainsi que le dévouement qui vous anime, je persévère dans ma première résolution de vous appeler à ce siège. Je vous prie avec instance d'accepter cette offre...» Papiers d'ÉUU du cardinal de Granvelle, t. VI, pp. 83 et 84.
' Lettre de Granvelle à Gonçalo Ferez, du 24 janvier 4 564. Correspondance de Philippe II, t. l*»", p. 492.
estimait que tout le mal veDait de l'avarice de la chancellerie romaine ; selon lui, elle subordonnait au payement d'une somme de douze mille ducats l'expédition des dépêches publiques relatives à la dotation des sièges et à l'union des abbayes et des bénéfices. Or, le trésor des Pays-Bas était si épuisé à cette époque qu'on n'avait pas môme les moyens de faire partir un courrier lorsque cela était nécessaire. Granvelle pensait que la dépêche publique aurait dû être expédiée gratuitement ; que même, à Rome, on aurait dû prier pour cela, puisqu'il s'agissait d'une affaire qui importait tant à la religion, et particulièrement au soutien de l'autorité apostolique dans les Pays-Bas '.
Comme la première place dans la nouvelle organisation ecclésiastique du pays avait été réservée à Granvelle, cette promotion devait l'exposer plus directement aux attaques passionnées dont était l'objet l'augmentation des sièges épisoopaux. 11 semble pourtant avéré que l'évêque d'Ârras ne participa nullement à la conception de cette mesure grave et inattendue. Il existe un mémoire de sa main dans lequel il se défend avec énergie d'avoir inspiré cette innovation : « On a avancé, dit-il, que j'étais l'auu teur de cette nouveauté ; on me l'a imputée à ambition, comme u si par ce moyen j'eusse prétendu à l'archevêché de Malines. « Mais en cela nul ne peut me donner meilleur témoignage que le « roi, et je l'ai, écrit à moi de la main propre de 9. M. ; par « cette lettre, elle me dit que Ton me faisait grand tort, confes- « santque, en cette négociation, elle s'était cachée de moi, « d'autant que les trois évéques que nous étions alors et moi la u contredisions, parce qu'il était plus honorable d'être un des « quatre qu'un des dix-sept. Et je n'avais pas besoin de ce titré « pour croître en dignité, étant déjà cardinal et évéque d'Arras.
' Lettre de Granvelle à Gonçalo Ferez, du 5 février 1564. — Oper^ cU., r- 193.