Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II
Agitation dans les provinces fidèles, — Embarras de Philippe II et de Requesens. — Ils désirent secrètement un accommodement avec les insurgés de la Hollande et de la Zélande. — Junte d'État convoquée à Bruxelles.
— Requesens propose d'échanger les Pays-Bas contre le Piémont. — Délibérations de la junte dÉtat. — Elbertus Leoninus et Hugo Bonté sont envoyés vers le prince d'Orange, pour déterminer les préliminaires d'un congrès. — Popularité toujours croissante du prince d'Orange ; ses partisans sont partout. — Il précise ses intentions. — Leoninus à Delft. — Conspiration à Anvers, pour remettre la ville au prince d'Orange ; elle est découverte. — Leoninus à Middelbourg; ses conférences avec le prince d'Orange. — Commissaires désignés pour conférer, à Breda, avec les députés de la Hollande et de la Zélande. — Le comte de Schwarzbourg offre la médiation de l'empereur. — Premières délibérations du congrès de Breda. — Requesens appréhende l'insuccès de cette nouvelle tentative de pacification. — Avis de la junte instituée à Madrid. — Le grand inquisiteur, — Perplexité de Philippe II. — Reprise des conférences de Breda. — Le comte de Schwarzbourg à Anvers ; entretiens avec Requesens.
— Il se rend ensuite à Gertruidenberg, pour s'aboucher avec le prince
d'Orange. — Guillaume le Taciturne et le colonel Mondragon. — Le conseil d'État est d'avis de faire de plus grandes concessions aux provinces rebelles. — Résistance de Requesens. — Suite des conférences de Breda. — Mariage du prince d'Orange avec Charlotte de Bourbon. — Nouvelles délibérations sur l'ultimatum des mandataires de la Hollande. — Les réformés refusent de s'expatrier. — Rupture du congrès de Breda.
L'héro'ïque délivrance de Leyde accabla le lieutenant de Philippe II. Non-seulement la Hollande lui échappait, mais les provinces encore fidèles se montraient à leur tour impatientes de secouer le joug des Espagnols. Parmi les membres des états beaucoup excitaient les n rebelles i' à persévérer, en leur donnant avis de l'impossibilité où l'on était de soutenir les grandes dépenses occasionnées par la guerre ' .
On n'ignorait plus les graves embarras du Roi catholique et de son lieutenant. Aussi le bruit était-il généralement répandu, même en France et en Angleterre, qu'ils voulaient s'accorder avec les rebelles. Bien que Requesens affectât une fierté extrême vis à vis des médiateurs officieux qui voulaient s'interposer pour mettre un terme à la lutte, il désirait réellement un accommodement ; mais il ne se dissimulait point que les derniers succès des provinces révoltées et les sympathies témoignées au prince d'Orange rendraient un accord bien difficile. Il avouait au Roi que les rebelles ne se soumettraient qu'à la dernière extrémité. Or dans les provinces encore fidèles, on disait ouvertement qu'on obligerait Philippe II à terminer la guerre en ne donnant plus d'argent.
Les membres principaux des conseils, ceux qu'on pouvait appeler les ministres, se prononçaient également contre la poli-
' Requesens au Roi, d'Anvers, 6 octobre 4374, dans la Correspondance de Pniiippe II, t. III, pp. 170 et suiv.