‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 4)Chapitre 9 sur 103 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

écarteler trois conspirateurs dont un marinier ; un autre matelot fut brûlé vif parce qu'ils était hérétique pertinace. Toujours par les ordres de Requesens, vingt et un individus qui avaient eu connaissance de la conspiration, furent, au commencement de l'année suivante, exécutés en deux fois, à Anvers. Parmi les derniers, au nombre de quatorze, il y avait, comme Requesens l'écrivit au roi, quelques bourgeois notables, entre autres, le vicemaître et les deux doyens des mariniers dont nous avons parlé. <i Ils étaient catholiques, dit le gouverneur, et moururent comme tels : on les avait attirés dans la conspiration, en leur mettant devant les yeux le mal que cette longue guerre cause au pays et en excitant en eux la haine de la nation espagnole. » En outre, une trentaine de fugitifs subirent aussi le dernier supplice en difîérents endroits du pays.

Mais les exécutions d'Anvers excitaient de grands murmures. On disait avec raison que les bourgeois suppliciés avaient été condamnés en violation des privilèges de la ville par une commission extraordinaire. Le peuple protestait contre cette illégalité et soutenait que ces pauvres bourgeois avaient été mis à mort sans être coupables ' .

Guillaume le Taciturne, toujours à Middelbourg, y avait appelé Leoninus. Celui-ci quitta Delft le 29 décembre, dans la matinée , escorté d'un détachement de soldats et d'un hallebardier. Le Marché était plein de gens qui, presque tous, le saluèrent avec cordialité ; et la foule le suivit jusqu'au bateau où il s'embarqua pour Rotterdam. Dans cette ville et à Dordrecht, il reçut encore un excellent accueil. Le 30, au matin, il partit pour la Zélande, et, le lendemain, il débarqua à Middelbourg. Ayant averti le prince de son arrivée, celui-ci envoya à

' Requesens au Roi, d'Anvers, 9 janvier et dSmars 4575. (Correspondance de Philippe 11, t. III, pp. 235 et 267.)

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