‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe II (volume 5)Chapitre 40 sur 131 · LIVRE III (1573). iOa · texte numérisé non relu

LIVRE III (1573). iOa

dant, les états, croyant devoir ménager un homme qui leur avait rendu de grands services, ne prirent pas contre La Marck des conclusions criminelles; ils se bornèrent à lui faire remettre la liste de leurs griefs, et l'ancien chef des gueux de mer essaya de se défendre, en alléguant son zèle pour la religion réformée. Il fut enfin relâché, puis arrêté de nouveau au mois de mai, lorsque les états eurent appris qu'il machinait contre eux quelque mauvaise entreprise, avec ses soldats wallons. 11 fut alors enferme au château de Honingen près de Rotterdam. Le prince et les états voulurent encore le ménager, en ne lui faisant pas un procès en règle, quoique les charges ne manquassent point; mais il fut gardé et surveillé, malgré ses protestations, jusque ce que, au mois de nîai 1574, il obtînt enfin l'autorisation de quitter la Hollande avec tout ce qui lui appartenait ^

Barlel Entes, relâché au bout de quelque temps, continua de servir la cause nationale. Thierry Sonoy, lieutenant du prince d'Orange dans le quartier du Nord, lui avait aussi donné beaucoup de soucis. Ce chef, si courageux contre l'Espagnol, était comme à la merci de ses soldats et de ses officiers, presque tous anciens corsaires, et qui avaient conservé toutes les violentes habitudes de leur ancien métier. Prenant en considération les plaintes des habitants, le prince d'Orange ordonna, maison vain, de mettre un terme à des vexations qui déshonoraient la guerre faite aux tyrans du pays. Michel Crock, un des plus féroces caiiitaines de Sonoy, se trouvant ivre, coupa le nez et les oreilles d'un prêtre à Langhedyck. En présence de ce nouveau forfait, Sonoy parut sortir de sa léthargie. Il ordonna de saisir le cou-

' Ce sout les historiens protestants qui ont surtout fyjt connaître les acles de cruauté de La Marcli, sa disgrâce si justement motivée et ses longues contestations avec le prince d'Orange et les états de Hollande. Voir Van Meteren, fol. 79 \" et 101, et Boa, 6<^ liv., fol. .309 et guiv.

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pable et lui fit trancher la tète dnns le château de Schagen. Cet acte de juste sévérité intimida enfin les soldats chargés de défendre la Nord-Hollande '.

Guillaume de Bronckhorst , seigneur de Batenburgh et de Steyn. successeur de La Marck, était un capitaine aventureux et hardi. 11 avait juré qu'il secourrait la ville de Harlem ou y laisserait la vie. Il fut donc placé à la tête de toutes les forces du prince d'Orange, qui s'élevaient à environ quatre mille hommes de pied, dont les bourgeois volontaires formaient la majorité, et à cinq ou six cents chevaux ^. Il était secondé par deux gentilshommes brabançons, Gaspard Vander Noot, seigneur de Carloo, et Jérôme de Tseraerts, qui avait réussi à sortir de Harlem, le 17 juin, pour faire connaître la situation de cette ville au prince d'Orange. Indépendamment de huit pièces d'artillerie légère, de bronze et de fer, Batenburgh amenait avec lui trois cents chariots garnis de vivres et de munitions. Il quitta Sassem le <S juillet, à trois heures après midi, et vint jusqu'au bois de Nortwyck, oii ses soldats prirent quelque repos et firent leurs prières. Vers minuit, ils repartirent et se dirigèrent vers le camp des Espagnols. L'avant-garde se composait de quatre cents cavaliers, portant chacun un arquebusier en croupe; ceux-ci, ne trouvant personne dans les premiers retranchements, pénétrèrent jusqu'à la place de bataille. Ils tombèrent ainsi dans l'embuscade que les Espagnols, prévenus de leur approche, avaient eu le temps de préparer. Bientôt les assaillants furent attaqués par des forces supérieures, culbutés sur les escadrons

' BoR, O liv., fol. 318. Il rapporte que l'exécution de Michel Crock eut lieu le 10 ou le 11 février 1.57.3.

- Nous adoptons les chiffres donnés par Jlondoucet dans sa dépêche au roi Charles IX, du 11 juillet 1573. Ceux qui sont consignés dans la Relation espagnole [Correspondance de Philippe II, t. Il, p. 388), sont évidemment exagérés.

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