LIVRE DOUZIÈME
Saccagement des églises et des monastères. — Les désastres commencent dans la West - Flandre. — Impuissance ou indifférence des magistrats. — Le comte d'Egmont à Ypres. — Agitation dans toutes les provinces. — La régente veut combattre les iconoclastes; objections du comte d'Egmont. — Le départ du prince d'Orange détermine le saccagement de la cathédrale d'Anvers et des autres églises de cette ville. — Prêches dans la cathédrale dévastée. — Dévastation des églises de Tournai, de Gand, etc. — Interruption du culte catholique dans la plupart des provinces. — Ces excès sont le fruit des prédications calvinistes. — Précautions prises à Bruxelles pour empêcher le saccagement des églises. — Angoisses de Marguerite de Parme. — Elle annonce l'intention de se retirer à Mons. — Le prince d'Orange et le comte d'Egmont s'opposent à ce projet, et le magistrat de Bruxelles fait fermer les portes de la ville. — Délibérations des chevaliers de la Toison d'or et du conseil d'État sur les dernières résolutions du roi et les requêtes des confédérés. — Le prince d'Orange et ses amis trouvent les concessions de Philippe II tardives et insuffisantes. — Ils engagent la régente à donner aux députés des confédérés les garanties qu'ils réclament. — Ce vœu est appuyé par les autres seigneurs dans l'espoir d'apaiser les troubles. — Marguerite de Parme déclare qu'elle cède à la force. — Lettres
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d'assurance octroyées aux confédérés. — Engagement pris par leurs députés de faire cesser le saccagement des églises, de désarmer la populace et de renoncer provisoirement au Compromis. — Instructions adressées aux gouverneurs et ordonnance qui suspend l'inquisition et les anciens placards. — Marguerite fait connaître à Philippe II les circonstances qui lui ont arraché ces concessions ; elle le presse d'employer la force contre les hérétiques et ceux qui les soutiennent. — Imputations violentes qu'elle dirige contre le prince d'Orange et ses amis. — Les confédérés refusent le concours armé des protestants français. — Ils emploient toute leur influence pour mettre un terme aux violences des briseurs d'images. — Bréderode sauve l'abbaye d'Egmont. — Backerzeele fait pendre vingtdeux iconoclastes près de Grammonf . — Louis de Nassau oblige le magistrat de Bruxelles à tolérer les prêches près de cette ville. — Protestation secrète de Marguerite de Parme contre l'accord du 23 août. — Tableau qu'elle trace de la situation des Pays-Bas. — Elle accuse Guillaume de Nassau et ses amis de vouloir s'emparer de toute l'autorité et de rechercher l'appui des princes protestants de l'Allemagne et des chefs des huguenots pour opérer le partage des Pays-Bas. — Projets réels du prince d'Orange et de ses amis. — Menaces publiquement adressées aux chefs de la confédération ; méfiance de Bréderode et d'autres confédérés. — Le prince d'Orange envoyé à Anvers pour faire exécuter l'accord du 23 août. — Châtiment infligé à des briseurs d'images. — L'église de Notre-Dame rendue au culte catholique. — Convention conclue par le prince d'Orange avec les calvinistes et les luthériens. — Forces des prolestants à Anvers. — Guillaume explique sa conduite aux princes d'Allemagne et cherche à connaître les dispositions de la reine Elisabeth. — Marguerite refuse d'approuver les articles qui permettent les prêches dans la ville et l'exercice libre de la nouvelle religion. — Mécontentement du prince d'Orange, il justifie les mesures qu'il a prises et manifeste l'intention de se rendre dans son gouvernement de Hollande. — Mission remplie par le comte de Hooghstraeten a Malines ; il est également désapprouvé par la régente. — Prêches dans les églises de Tournai. — D'Esquerdes et Villers envoyés dans cette ville par les confédérés pour empêcher de nouvelles violences. — Mission confiée par la régente au comte
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de Homes; il rétablit la paix à Tournai, restitue les églises aux catholiques et obtient la soumission des religionnaires. — La conduite du comte de Hornes officiellement approuvée, puis dénoncée comme factieuse à Philippe II. — Le comte d'Egmont en Flandre ; capitulations avec les religionnaires ; les églises rendues aux catholiques, etc.— La conduite du comte d'Egmont est également dénoncée à Philippe II. — Nouveaux motifs de mécontentement donnés au prince d'Orange ; mission remplie auprès de lui par le conseiller d'Assonleville. — Guillaume demande une entrevue aux comtes d'Egmont et de Hornes. — Assemblée de Terraonde. — Le prince fait proposer par Louis de Nassau de s'opposer, les armes à la main, aux Espagnols qui viendraient dans les Pays-Bas pour y établir la tyrannie. — Protestations du comte d'Egmont qui détruisent les espérances du prince. — Les seigneurs se séparent. — Agitation et plaintes du comte d'Egmont ; Marguerite s'efforce de le rassurer. — Le comte de Hornes, également mécontent, annonce l'intention de se retirer à Weert. — Philippe II au bois de Ségovie; son application aux affaires des Pays-Bas. — Instructions qu'il adresse à la duchesse de Parme le 24 et le 30 août. — Colère qu'il manifeste en apprenant le saccagement des églises. — Il revient à Madrid et annonce son prochain départ pour les Pays-Bas. — Le marquis de Berghes et le baron de Moutigny conseillent à Philippe II de ne point avoir recours à la force, mais d'envoyer le prince d'Eboli comme médiateur dans les Pays-Bas. — Philippe II, décidé à châtier les promoteurs des troubles et à dompter les sectaires, choisit le duc d'Albe comme l'exécuteur de ses desseins. — Préparatifs militaires quil ordonne en Lombardie, en Bourgogne, etc. — Il demande pour ses troupes l'autorisation de traverser la Provence et le Lyonnais ; le refus de Charles IX l'oblige à différer le départ de l'armée. — Le conseil d'Espagne recommande au roi de se rendre en personne dans les Pays-Bas et de fixer son départ au mois de février suivant. — Philippe feint d'adopter cet avis; lettres qu'il adresse en conséquence à Marguerite de Parme et aux comtes de Meghem , d'Arenberg et de Mansfeld. — Le 30 décembre, il annonce que le duc d'Albe prendra les devants pour rassembler l'armée sur les frontières des Pays-Bas. — Instances de Pie V pour que Philippe II entreprenne un voyage trop longtemps différé; mi.^sion remplie à
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cet effet par l'évêque d'Ascoli à Madrid. — Irritation de Philippe II contre ce prélat ; plaintes qu'il adresse à son ambassadeur à Rome : il ne peut tolérer que l'évêque d'Ascoli veuille lui imposer les voies de la négociation au lieu de celles de la force pour pacifier les Pays-Bas -167