‹ Histoire de la révolution des Pays Bas sous Philippe IIChapitre 84 sur 159 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

tences de bannissement perpétuel prononcées contre le prince d'Orange, Louis de Nassau, Hooghstraeten, etc. — Exécutions d'anciens confédérés et capitaines des gueux, sur le Sablon, à Bruxelles. — Philippe II résiste à de nouvelles sollicitations en faveur des comtes d'Egmont et de Hornes. — Ils sont ramenés de Gand à Bruxelles et décapités; détjails sur leurs derniers moments. — Le duc d'Albe marche contre Louis de Nassau, l'oblige à lever le siège de Groningue et anéantit son armée à Jemmingen. — Un autre corps composé de huguenots français, est repoussé des frontières de l'Artois. — Mort de don Carlos. — Nouvelles rigueurs du duc d'Albe ; destruction de l'hôtel de Culembourg, etc.

— Persévérance de Guillaume de Nassau. — Il résiste aux injonctions de l'empereur et publie les motifs de ses armements contre le duc d'Albe. — Son camp près de Romersdorf ; mutinerie des mercenaires allemands. — Relations du prince d'Orange avec des Liégeois bannis ou fugitifs ; leurs projets. — Le prince au château de Withem ; sommation infructueuse qu'il adresse aux bourgmestres, jurés et métiers de Liège. — Il passe la Meuse et s'avance vers le Brabant. — Détails sur cette expédition ; les populations, par leur immobilité, la font échouer.

— Guillaume, obligé de rétrograder, essaye vainement de s'emparer de Liège. — Il se dirige vers la France.

Envoyé dans les Pays-Bas comme l'exécuteur des vengeances de Philippe II, le duc d'Albe, pour remplir cette terrible mission, poussa jusqu'aux dernières limites la dissimulation d'abord, puis la violence et la cruauté. Il ne lui suffisait pas de tenir dans les prisons des seigneurs illustres et des gentilshommes aimés du peuple -. il fallait trouver, des juges pour les condamner, eux, leurs amis, leurs partisans, et tous ceux enfin qui avaient participé directement ou indirectement aux troubles passés. Prétendant que les délits politiques ou affaires d'État exigeaient une juridiction spéciale, le duc résolut de les confier à un tribunal exceptionnel qui ne connût d'autre loi que sa volonté. Ce

tribunal fut h; Conseil des troubles. Appelé à prononcer sur les

biens, sur la liberté, sur la vie des citoyens, le nouveau conseil

ne fut pas institué par des lettres patentes du souverain, comme

l'avaient été tous les tribunaux ordinaires ; il tint ses pouvoirs

du duc d'Albe , qui ne daigna même pas le confirmer par un

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