PRÉFACE
compagnent toujours les grands mouvements politiques, et n’avons ainsi pas eu difficulté à garder i'impartialUé qui convient k Thistoipe. ‘ - : »
Dans ces récits écrits au jour le jour, h fur et mesure que les événements se produisaient, le lecteur, en présence de certaines appréciations, pourra quelquefois croire que nous penchons par ici plutôt que par Ih. Qu’il ne s'en tienne pas à une vue fragmentaire, qu’il poursuive ; nous avons confiance que promptement il reconnaîtra son erreur, et s’apercevra qu’elle n'a pu naître qu’en raison de la disposition par journées, qui exclut, jusqu'à lecture complète, toute vue d’ensemble en ce qui concerne l’esprit général do l’œuvre, autant qu’en ce qui a rapport aux faits.
Des amis, plus timorés qu’il ne convient sans doute, ont voulu voir, dans ce que nous appelons notre impartialité, un péril pour notre œuvre, et nous ont rappelé le.mot de P.-L. Courier : « Malheur à celui par qui le scandale * arrive, qui sur quelque sujet important et d’un intérêt « général, dit au public la vérité. Proscription, persécution, « récompense ordinaire de ceux qui seuls se hasardent h « dire ce que chacun pense. »
A cette citation, nous avons répondu en empruntant h Prévost-Paradol les paroles suivantes : « Poursuivre un « livre (en dehors de la question des bonnes mœurs ou de la « diffamation personnelle) est toujours une niaiserie. Que « des poursuites puissent intimider la presse périodique,
« influer sur sa conduite générale et rendre les journaux « plus modérés par prudence, on peut le comprendre ; mais « un livre qui, une fois publié, est un acte irrévocable, qui
PRÉFACS
« doit infailliblement prospérer ou périr, selon le sujet « qu’il traite et selon le talent de l’écrivain, à quoi bon le « poursuivre ? Est-ce pour le supprimer, l’anéantir ? Certes, « si l’imprimerie n’existait pas, ou si les tribunaux français « avaient juridiction sur toute la terre, on pourrait conce- « voir une telle espérance. Mais, dans notre état actuel de « civilisation, c’est une illusion puérile que de prétendre « arriver par des arrêts de justice à la suppression d’un « écrit, pour peu que le public éclairé ait un motif quel- « conque d’en prendre connaissance. Je n’ai pas grand « mérite à affirmer, par exemple, qu’il ne serait au pouvoir « de personne d’empêcher le présent ouvrage d’arriver aux « lecteurs français et étrangers, en vue desquels je le « publie. »
Paria, juin 1871,