ARRÊTE
Art. 1*'. — La compagnie du chemin de fer de Ceinture versera dans la huitaine, entre les mains des düTérents préposés de la Commune, l’arriéré de ses impêts de toute nature.
Art. 2. — Ce versement comprendra le montant de tous les impêts dus depuis le dernier paiement effectué jusqu’au 30 avril 1871 inclusivement.
A partir du 1^' mai, le compte des impêts du chemin de fer de Ceinture sera régulièrement arrêté et payé tous les dix jours.
En même temps, en exécution de l’arrêté susmentionné, les compagnies des chemins de fer de l’Est, d’Orléans et de Lyon, versaient au trésor de la Commune les sommes ci-après imputables à l'arriéré de leurs impôts ;
La Compagnie de l’Est 354,000 fr.
— d’Orléans. . . . 376,000
— de Lyon .... 692,000
Sur la proposition du citoyen Raoul Rigault, procureur de la Commune, le Comité de salut public nommait les citoyens :
Ferré (Théophile),
Dacosta (Gaston),
Martainville,
Huguenot,
substituts du procureur de la Commune,
L’Assemblée, à Versailles, ne tint, le mai, qu’une courte séance, où aucune question intéressant Paris ne fut agitée.
Le ministre de l’intérieur, M. Picard, annonça que les élections municipales avaient eu lieu avec calme par toute la France, hormis en un quartier de Lyon et à Thiers, où d’ailleurs les troubles avaient été promptement réprimés ; il ajouta que les résultats connus à ce moment étaient « satisfaisants ».
Mardi « mal 1891
Toute la nuit il y avait eu échange de feux sur toute l’étendue de la ligne de bataille. Le Moulin-Saquet, principalement, était attaqué avec énergie. Vers Issy également, attaque violente. Les Versaillais occupent la gare de Clamart et le château d’issy. Du côté de Neuilly et d’Asnières, même situation ; toujours un duel d’artillerie, accompagné de temps en temps de quelque fusillade.
En somme, quoique sans faits d’armes bien retentissants, les Versaillais avancent; peu à peu leurs lignes se rapprochent des forts et de l’enceinte. On peut, dès ce moment, prévoir que le fort d’issy, ou du moins ce qui reste de ce fort déjà presque entièrement cerné, ne tardera plus bien longuement à tomber aux mains des troupes versaillaises.
Le Comité de la Ligue d’ Union républicaine det droite de Paris chargeait son bureau et ses commissions exécutive et départementale réunies de faire une nouvelle démarche à Versailles. La délégation de la Ligue devait, cette fois, borner tout son effort à demander une trêve pure et simple.
La trêve obtenue, on eût réglé le mode et les bases des négociations.
En même temps, la Ligue faisait insérer dans les journaux la note suivante, par laquelle elle faisait appel aux partisans de son programme :
LIGUE d'gkion républicaike des droits de paris
a Tous les citoyens qui approuvent le programme de la Ligue, ainsi lue la pensée qui l'a dicté, tous ceux qui désirent la fin de cette lutte .ratricide et veulent la République avec les franchises municipales com* plètes, doivent comprendre qu'il est absolument indispensable d’appuyer le plua (dt possible ce programme d’une immense quantité de signatures.
A l’oeuvre donc! le temps presse Dans ce but, la Ligue prévient la
population parisienne que des listes d’adhésion sont, dès à présent, déposées aux adresses suivantes, où l’on recevra également les offrandes destinées à subvenir aux frais de cotte œuvre d’humanité et de patriotisme.
(Suivent les adresses.)
Les francs-maçons, réunis au Cirque national, adoptèrent les résolutions suivantes :
1° Tous les moyens de paix et de conciliation ayant été repoussés par le chef du pouvoir exécutif, et les hostilités ayant été reprises par les assaillants de Versailles, les francs-maçons et les compagnons s’engagent à défendre par les armes la revendication des franchises municipales ;
2° Aucun des leurs ne sera plus admis aux réunions qu’autant qu’il portera l’uniforme de la garde nationale; ils marcheront avec leurs insignes, et ils ne mettront bas les armes qu’autant qu’ils auront assuré le succès de la cause républicaine de Paris;
3° Tous les membres devront se faire inscrire dans les compagnies de leurs quartiers respectifs, et les bannières du Compagnonnage seront placées aux remparts, à côté de celles de la Franc-Maçonnerie.
A la séance de la Commune était présenté un projet de décret du citoyen Rosscl, tendant à organiser dans chaque arrondissement des sous-délégations ayant pour missionfie « faire le recense- « ment des habitants, distribuer des cartes d’identité, signaler et « poursuivre les réfractaires, dresser l’état des chevaux existants « et celui des appartements vacants; présider à la recherche des < armes et des munitions. »
La Commune, sans voter le décret lui-même, décida qu’une circulaire dans ce sens serait envoyée aux municipalités par ses secrétaires.
Le citoyen lourde, délégué aux finances, donnait connaissance
du bilan du Trésor pour la période du 20 mars au 30 avril. Puis il priait la Commune de nommer une commission pour vérifier ce bilan et de pourvoir à son remplacement. Sa démission était provoquée par le décret de la veille, instituant un Comité de salut public. Il craignait que ce décret, à tort ou à raison, ne nuisît au crédit communal; de plus, il prévoyait qu’il amènerait des conflits de pouvoirs.
Des mesures d’organisation militaire étaient prises par le Comité de salut public, le directeur de l’artillerie et le délégué à la guerre, pour assurer l’ordre le plus complet possible dans les divers services.
Nous ne citerons que les « ordres » suivants, qui sont seuls intéressants :