‹ Histoire de la révolution du 18 marsChapitre 34 sur 60 · ORDRES · texte numérisé non relu

ORDRES

Il est formellement interdit à tout commandant militaire, officier ou autre fonctionnaire au service de la Commune, d'avoir aucune communication avec l’ennemi.

Le délégué à la guerre rappelle à ce sujet les prescriptions du règlement sur le service en campagne ; il les fera exécuter dans toute leur teneur :

a Les trompettes et les parlementaires de l'ennemi ne dépassent jamais les premières sentinelles; ils sont tournés do côté opposé au poste ou i l'armée. On leur bande les yeux, s'il en est besoin. Un sous-officier reste avec eux pour exiger que ces dispositions soient observées.

a Le commandant de la grand’gurde donne reçu des dépêches et les expédie sur-lc-champ au général. Il congédie sur-le-champ le parlementaire. »

L’envoi de parlementaires sert parfois à couvrir une ruse de guerre. On ne doit donc pas interrompre le feu pour le recevoir, quand même l’ennemi aurait interrompu le sien.

Tout officier ou employé à la guerre qui publiera un rapport sur les opérations militaires, ou un document officiel de nature à renseigner le public sur les ressources militaires de la Commune et leur mode d'emploi, sera révoqué par ce seul fait et puni disciplinairement d’un mois de prison. Les officiers supérieurs et généraux sont chargés de veiller i l’exécution du présent ordre.

Paris, 2 mal 1871.

Le déligué à la guerre,

Rossel.

La séance de l’Assemblée se passe sans incident relatif aux faits de Paris. M. Picard annonce seulement la prise de la gare de Clamart et du château d’Issy.

Le gouveroement adressait la dépêche suivante aux autorités civiles et militaires :

Versailles, 3 mai 1871, 3 h. soir.

opénsTioss DE l’armée

Le fort d’Issy, accablé par le feu de nos batteries, avait arboré le drapeau parlementaire et allait se rendre, lorsqu’un envoyé de la Commune, ■arrivant soudainement, a empêché les défenseurs de déposer les armes. Le feu a recommencé sur-le-champ et a continué ses ravages.

Cette nuit, le général la Mariouze (du la division Faron), à la tête de deux bataillons, un du 35* et un du 43*, a emporté le château d’Issy arec la plus grande vigueur. Pendant ce temps, le 33* de chasseurs à pied, de la brigade Berthe, s’approchant en silence de la gare de Clamart, l’a enlevée à la baïonnette presque sans tirer. Les insurgés, dans ces deux actions, ont fait des pertes considérables. Ils ont laissé trois cents morts sur le terrain et environ quatre cents prisonniers.

En ce moment, le fort, complètement investi et isolé de Paris, sera bienidt en notre pouvoir, ou par reddition ou par force.

Nos opérations continuent donc selon un plan bien mûri et de manière à amener des résultats prochains. Pendant ce temps, la Commune, délaissée par les électeurs de toute la France, et menacée par notre armée, commet des actes qui sont ceux du désespoir. Elle arrête ses généraux pour les fusiller, et institue un Comité de salut public qui indignera tout le monde sans faire trembler personne. Elle est évidemment au terme de son délire, et il ne lui reste que la ressource, dont elle use tons les jours, d’annoncer aux Parisiens qu’elle est partout victorieuse. Toujours est-il qu'en quatre jours le fort d’Issy a été éteint et entièrement isolé de Paris par un investissement actuellement complet.

Le Journal officiel, de Versailles, publiait le document suivant, qui, selon son dire, était l’œuvre des membres de la Commune et était remis par eux à leurs agents en province :

Page 1