‹ Histoire de la révolution du 18 marsChapitre 36 sur 60 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

Tous les sociélaires sont instamment priés de se réunir le mercredi 3 mat, à dix heures précises du malin, au siège social, place Valois, pour de là se rendre à l’IIÔtel-dc-Ville, afin de protester en masse, et avec la plus grande énergie, contre la violence faite à la société. (Se munir des insignes.)

Par décision du conseil,

Le président ;

Docteur Hücüet.

Nombre d’ouvriers se rendirent à cet appel et se transportèrent à l’Hôtel-de- Ville.

La Commune, en réponse à leur manifestation, prit l’arrêté suivant qui fut immédiatement affiché :

La Commune de Paris,

Sur la proposition de la Commission du travail et de l'échange.

Vu le décret de la Commission exécutive du 30 avril, supprimant le travail de nuit chez les boulangers,

Arrête :

Art. 1". — Toute infraction à celle disposition comportera la saisie des pains fabriqués dans la nuit, qui seront mis à la disposition des municipalités, au profit des nécessiteux.

Art. 2. — Le présent arrêté sera affiché dans un endroit apparent de chaque magasin de vente des boulangers.

Art. 3. — Les municipalités seront chargées de l’exécution du présent arrêté.

La Commune de Paris.

Le Comité central lit, le 3 mai, une tentative pour faire transférer à ses membres la direction des affaires militaires; celte prétention était appuyée par un grand nombre de chefs de légion qui paraissaient disposés à tenter un coup de main contre la Commune, contre la partie du moins qui leur était hostile. Celte question fut débattue, en comité secret, à la suite de la séance dont nous venons de rendre sommairement compte; et la fraction de la Commune composée des ouvriers socialistes vota contre cette proposition, qui n’était d’ailleurs point appuyée par les anciens membres du Comité central devenus membres de la Commune.

11 est à remarquer que ces derniers semblaient généralement

avoir assez peu d’eslime cl de sympathie pour leurs anciens collègues. Dans leur opinion, à ce moment, et dans celle de la minorité socialiste de la Commune, le Comité central, dont la composition avait été modifiée en partie depuis le 18 mars par de nouvelles élections, pouvait être regardé, à bien peu d’exception près, comme une réunion d’ambitieux incapables, soucieux par dessus tout d’obtenir et de garder une situation.

Le Comité central demandait aussi à la Commune la destitution du citoyen Rossel, délégué à la guerre. Celui-ci, en effet, manifestait l’intention de restreindre le rôle du Comité central à des attributions de eonseil de famille de la garde nationale; il voulait, non sans raison, lui interdire toute ingérn ce dans les affaires militaires, lui dénier toute autorité, lui interdire toute direction dans les affaires de cet ordre.

Le Comité de salut public prenait l’arrêté qui suit, relatif à la sortie des marehandises :

Le Comiic de salut public.

Vu l’arrêté de la Commission exécutive en date du 23 avril 1871, autorisant la sortie des marchandises de transit, à l’exception des farines, armes et munitions de guerre;

Considérant qu’il importe de concilier autant que possible les nécessités de la défense de Paris avec les intérêts commerciaux de la France et de l’étranger, '

Arrête :

Art. 1er. — La Sortie des marchandises de toute nature est autorisée à partir de ce jour.

Art. 2. — Sont exceptés de cette disposition les vivres, farines, liquides ou denrées alimentaires, les équipements militaiics, armes et munitions de guerre.

Paris, le 3 mai 1871.

Le Comité de salut publie :

Ast. Abnacd, Ch. Gérardin, Félix Pyat, LÉO Meillet, g. Rasvier.

Par un autre arrêté, il faisait passer le contrôle général des chemins de fer de la Commission de travail et d’échange à la Commission des subsistances, qui prenait le nom de Commission des subsistances et transports.

Le citoyen B. Gastineau, délégué à l’inspection des bibliothèques

communales, était chargé de faire rouvrir la bibliothèque de l’Institut, dite Mazarine, et de la diriger.

La Commission de la guerre prenait l’arrêté suivant, ayant pour but d’entraver une spéculation à laquelle se livraient certains gardes nationaux :

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