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ADMINISTRATION DES POSTES

En vertu de l’arrété du 0 avril, des agences ou entreprises particulières, pour le transport des correspondances, peuvent être provisoirement autorisées.

Les agences ou entreprises fonctionnant actuellement devront en faire la déclaration immédiate au secrétariat de la direction générale des postes. Celles qui s’établiront à l’avenir seront soumises à la même formalité.

A partir du jeudi 4 mai, tous les bureaux de tabac devront être approvisionnés de timbres-poste de un centime à vingt centimes inclusivement, et SC trouver en mesure d’en fournir la quantité désirée à première réquisition des Intéressés.

Nous invitons les citoyens qui auraient des plaintes à formuler à s'adresser à l’administration, rue Jean-Jacques- Rousseau.

Le délégué à la direction générale des postes, A. Theisz.

Un journal encore était supprimé par ordre de la Commune : la Nation touveraine, née depuis peu de jours.

Inutile de renouveler, à propos de ce nouvel attentat à la liberté de la presse, les protestations que nous avons déjà faites.

Le gouvernement continuait à prendre ses mesures pour entraver le ravitaillement de Paris; les journaux publiaient la note suivante :

« Depuis hier matin, le gouvernement fait arrêter en Seine, à la « hauteur de Poissy, tous les bateaux chargés d’approvisionne- « mcnls pour Paris. »

Néanmoins les approvisionnements, à défaut des chemins de fer et de la navigation, continuaient à arriver par les voies de terre; et les vivres, dans Paris, ne subissaient pas une hausse sensible.

L’état des arrivages sur le marché aux bestiaux de La Villette démontre que, si les marchands avaient dès l’abord été surpris par les ordres du gouvernement, ils ne s’étaient pas découragés. Au contraire, ils devenaient chaque jour plus adroits à forcer le blocus et à déjouer la surveillance dos gendarmes et de la police, car le nombre des bêtes amenées, d’abord tombé assez bas, allait peu à peu en croissant.

Jeudi 4 mai 1891

Dans la nuit du 3 au 4 mai, les troupes de Versailles s’emparèrent du Moulin-Saquet, où elles parvinrent à l’aide du mot d’ordre, dont elles avaient connaissance. Surpris dans leur sommeil, bien peu de fédérés purent s’échapper; environ quarante furent tués, trente blessés.

Les Versaillais prirent les canons et mitrailleuses armant la redoute, et s’en furent sans chercher à s’y fortifier, parce que la position ne peut être tenable pour qui n’a pas les forts voisins.

Les forts de Montrouge, Vanves et Issy continuaient à être bombardés. Au parc d’Issy se livrait un combat très-meurtrier. Les fédérés avaient quelques petits avantages, qui leur coûtaient fort cher; le nombre de leurs morts et de leurs blessés était grand.

Le Journal officiel du 5 publiait les documents ci-dessous sur ces affaires du Sud :

Dans la nuit du 3 au 4 mai, la redoute du ftloulin-Saqucl était gardée par des délachenicnts du .?6* et du lâü" bataillons, lorsqu’un détacheoient de troupes versaillaises se présenta à la porte comme patrouille, fut admise dans le fort après avoir régulièrement donné le mot d’ordre, chargea alors la garnison surprise, la chassa de ta redoute et emmena immédiatement six pièces de canon aveç des atlel.'igcs [uéparés d’avance.

Il résulte des commencements d’enquète qui ont eu lieu i ce sujet que

le commandanl Gallicn, du 55‘ bataillon, est gcnéralemenl accusé d’avoir donné ou vendu le mot d’ordre à l’ennemi, ou tout au moins de l'avoir publiquement divulgué dans un café de Viiry.

La redoute a été réoccupéc presque aussitôt par le commandant Quinion, à la ti’tc du lôô' bataillon, qui a procédé aujourd’hui au réarmement de la redoute.

La gare de Clamart a été réoccupée par les troupes de la Commune dans la nuit du 3 au 4. Le chôteau d’Issj a été incendié le 4, à trois heures de l'aprcs-midi, et évacué par l’ennemi.

Les travaux de réparations du fort d’Issy ont marché avec une grande activité.

Le délégué à la guerre, Rossel.

Du côté de Neuilly et d’Asnières la nuit est calme. Vers deux heures, le bombardement reprend très-vif; trois obus arrivent dans les Champs-Élysécs, jusque vers le Palais de l’Industrie. Entre Asnières et Clichy, canonnade faible.

La Ligue d' Union républicaine des Droits de Parts faisait une nouvelle tentative dans le but de mettre fin à la guerre civile, et demandait aux deux partis en présence une trêve pour préparer la paix. Elle adressait la lettre suivante au chef du pouvoir exécutif et à la Commune :

« La Ligue d’Union républicaine des Droits de Paris n’a pas cessé, depuis sa fondation, de chercher les occasions d’intervenir dans la lutte fratricide qui déchire la patrie.

O Aujourd'hui la voix de l’opinion publique s’élève entre les combattants, et la presse tout entière nous somme, nous qui avons les premiers pris le rôle de médiateurs, de faire un suprême effort.

« Nous répondons à cet appel. Nous présentant à la fois dans les deux camps, nous y apportons la proposition suivante, pour laquelle nous demandons une réponse immédiate :

« La Ligue,

B Convaincue que si une trêve était consentie entre les combattants, il en résulterait une période d’apaisement pendant laquelle les véritables conditions qui doivent mettre fin à la lutte pourraient se faire jour,

H Au nom de l’humanité,

« Demande au chef du pouvoir exécutif et à la Commune de

Paris une trêve de vingt jours, dont les conditions seront fixées par des intermédiaires proposés par nous et acceptés des deux parts.

« Les membres du bureau de la Ligue,

<( Pour Versailles :

« Brelay, Cordon. H. Stupuy.

« Pour la Commune ;

« Harant, Villeneuve, Bonvalet. »

La Commune décrétait l’abolition du serment politique et du serment professionnel :

Sur la proposition du citoyen Prolot, délégué à la justice,

La Commune de Paris,

Décrète ;

Article unique. — Le serment politique et le serment professionnel sont abolis.

Paris, K mai 1871.

La Commune de Paris.

Un arrêté ordonnait le contrôle des opérations de l’inleudance :

Sur In proposition de la Commission du travail et de l'échange,

La Commune,

Arrête :

Art. La Commission du travail cl de l'échange se fera représenter p.ir des délégués aux liifférenis services de l’inlen lanco militaire.

Art. 2. Ces délégués, prendront connaissance des marchés conclus par les chefs de service, et dresseront des rapports de toutes les opérations.

Paris, le 4 mai 1871.

La Commune de Paris.

Le délégué à la guerre, par la circulaire suivante, annonçait aux chefs placés sous ses ordres qu’il confiait au Comité central les services d’administration et d’organisation dépendant de son département :

Aux généraux, aux colonels et chefs de service dépendant de la délégation de la guerre.

Citoyens,

J'ai l'honneur de vous informer que, d’accord avec le Comité de salut public, j’ai admis en principe cl je vais mettre immédialcmcal en pratique le concours complet du Comité central de la fédération de la garde

nationale, l'our tous les services n liDinistraiifs cl pour In plus grande pallie des services d'orgnnisaiion liépemlanl de la dél(‘galion à la guerre.

Cette séparation de pouvoirs pourra amciier dans le personnel un changement dont je liens à vous avertir.

Cet accord a été motivé de ma part par les raisons suivantes :

L’impossibilité de recruter en temps utile le personnel administratif nécessaire au service;

La convenance de séparer absolument l'administration du commandement ;

La nécessité d'employer de la manière la plus efficace, non-seulement la bonne volonté, mais la baule autorité révolutionnaire du Comité central de la fédération.

Salut et fraternité.

Le délégué à la guerre,

Rossel.

Le Comité de salut public, en prenant la décision qu’indique la circulaire ci-:!cssus, anéantissait complètement l’influence de la Commune dans les affaires militaires, au profit du Comité central.

Le service de rarlillerie, — comme les autres, — n’était pas encore suffisamment organisé, ainsi que l’indique l’avis suivant du directeur général de l'artillerie ;

Afin de régulariser le service du corps d’artillerie et d’en cnmidélcr l'organisation, le directeur géné'al du matériel invite les chefs de parcs, les gardes de poudrières dans l'iniérionr de Paris et des forts, les directeurs des fabriques de cartouches, gargousses et projectiles de toute nature, à se présenter au bureau du directeur général, 80, rue Saint-noniinique, le dimanche? mai, à neuf heures du matin.

Les directeurs, gardes magasins et chefs de parcs devront présenter , un rap, ont détaillé de leur fabrication, ainsi q. c l’invonlaire dos munitions et projectiles existant au présent jour.

Faute par eux de se conformer au présent ordre, ils seront relevés de leurs fonctions.

Paris, le i mai 1871.

Le directeur général de l'artillerie, Avrial.

Une note de la Commission de la guerre du même jour témoigne aussi du besoin d’ordre qui se faisait sentir un peu partout :

Afin d'accélérer les distributions d’effets d'habillement, d’équipement et d’armement nécessaires tant aux officiers qu’aux gardes, et afin d’introduire l’ordre cl le contrôle dans ce service, il est établi une commission de quarante membres.

Elle sera composée de deux riloycns par légion, dé-ignés par la dclé galion municipale de l'arrondissement. Ils se réuniront au minisUrc de la guerre, 86, rue Sainl-Dominique-Saint-Germain, 8« direction.

Cette commission se partagera le travail de vérification et de distribution sur les demandes des bataillons.

Elle sera [ilacéo sous les ordres des membres de la Commission de la guerre chargée de l’armement, de rhabillemeni et de l'organisation.

Paris, 4 mai 1871.

La Commission de la guerre,

Arhold, Avrial, Rarvieb, Bebgebet, g. Tsmon.

On décidait de faire subir un examen aux officiers d’état-mejor avant leur nomination.

Les examens pour les grades d'officiers d’élat-major de la garde nationale auront lieu à l'hôtel du ministère de la guerre, rue Saint-Dominique- Sainl-Germain,8f>, sous la présidence du citoyen Arnold, membre de la Commune et du Comité central, chargé de composer le jury d’examen.

Chaque officier devra présenter scs états de service et ses litres.

Le jury délivrera, à la suite de cet examen, des commissions signées du délégué à la guerre, et dont la liste sera insérée à l'Officiel.

Attendu cependant que les connaissances et les aptitudes militaires sont très-peu répandues dans la garde nationale, l’examen actuel portera principalement sur les aptitudes intellectuelles et la valeur morale et politique des candidats, sans préjudice de l’examen purement militaire qu’ils auront à subir dans deux mois, et où ils auront à faire preuve de leurs connaissances des reglements, des principes et des détails de la guerre, et à la suite duquel il leur sera délivré définitivement un certificat d’aptitude aux fonctions subalternes, de capitaine ou d’officier supérieur.

Le jury d’examen enverra à domicile des lettres de convocation aux candidats qui auront formulé leur demande et envoyé leurs titres.

Paris, le 4 mai 1871.

L’affiche suivante interdisait la sortie des chevaux ;

Il est défendu de laisser sortir de Paris aucun cheval ; il est défendu de laisser passer aucun cheval aux avant-postes. Los chefs de postes des portes et les commandants des forces actives sont chargés de l’exécution du présent ordre.

Une exception est faite pour le passage des portes en faveur des estafettes munies d’un ordre régulier du ministre de la guerre, des officiers généraux, des convois de vivres, munitions et matériaux, munis d’ordres réguliers.

Tout individu qui cherchera à faire sortir de Paris ou des lignes un cheval de selle ou de trait, sera puni d'une amende égale ou triple de la valeur du cheval.

Une note du directeur des contributions directes faisait appel aux négociants en vins et leur demandait de verser à la Commune les droits de location des magasins d’entrepôt :

LOCATION DES MAGASINS d’e.>TREPÔT

Les négociants en vins, loin d’avoir eu à souffrir du siège, ont réalisé des bénéfices d’autant plus grands que les difficultés de la vio augmentaient à Paris.

Il est donc équitable de faire rentrer dans les caisses de la Commune les droits de commerce afférents aux caves et magasins devins.

Nous comptons sur l’esprit de justice des négociants cl leurs rappelons que la location des magasins des entrepôts se règle six mois d'avance.

Paria, le 4 mai 1871.

Le directeur des contributions directes,

COMBAI'LT.

Approuvé :

Le déUgué aux finances,

JOVRDE.

La dépêche suivante était adressée par le gouvernement aux autorités civiles et militaires :

Versailles, 4 mai 1871, 4 h. soir.

Pendant que nos tr.avaux d'investissement continuent autour du fort d'Is<^y, se liant à d'autres travaux plus importants autour de l'cnccinte, la division Lacrctclle a exécuté, à notre extrême droite, une opération des plus hardies vers le Moulin-Saquet. Elle s’est portée sur cette position, l'a enlevée, a fait trois cents prisonniers et pris huit pièces de canon.

Le reste de la troupe des insurgés s’est enfui à toutes jambes, laissant cent cinquante morts ou blessés sur le champ de bataille. Telle est la victoire que la Commune pourra célébrer demain dans ses bulletins.

Du reste, nos travaux d’approche avancent avec une rapidité admirée de tous les hommes de l’art et qui promet à la France une prompte fin de scs épreuves et à Paris surtout la délivrance des affreux tyrans qui l’oppriment.

Tiiiers.

Vendredi 5 mal 1891

Jourucc sans iocidenls mililaires dignes d’être notés. La canonnade, mêlée de temps à autre de quelques coups de fusil, continue sur toute la ligne Sans autre résultat important.

Les travaux des Versaillais se poursuivent, pour isoler le fort d’Issy.

Les francs-maçons, qui avaient en vain tenté les démarches de conciliation que nous avons signalées, adressaient à leurs frères de France et du monde entier l’appel suivant, véritable appel aux armes ;

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