‹ Histoire de la révolution du 18 marsChapitre 55 sur 60 · ORDRE · texte numérisé non relu

ORDRE

Faire détruire immédiatement toute maison par les fenêtres de laquelle ou aura tiré sur la garde nationale, et passer par les armes tous ses hahttants, s'ils ne livrent ou exécutent eux-mémcs les auteurs de ce crime.

7 prairial an 79 (24 mai, 9 h. soir).

La Commission de la guerre.

A la fin de la journée du mercredi 24 mai, l’armée vcrsaillaise avait conquis le IX° et le ID arrondissements; l’Hélcl-de-Ville était cerné par la rive droite cl par la rive gauche. De ce côté, les troupes aux ordres du général de Cissey s’étaient emparées de la barrière d’Enfer, du Luxembourg et du Panthéon.

De nouveaux incendies vinrent accroître l’horreur du spectacle que présentait alors Paris. Pendant la journée du 24 mai, des fédérés incendièrent, après les avoir préalablement enduits de pétrole, le palais de la Légion d’honneur, le palais du quai d’Orsay, où siégeaient la Cour des comptes et le Conseil d’État, les Archives de la Cour des comptes, la Caisse des dépôts et consignations, un groupe de maisons situées au carrefour de la Croix-Rouge, des maisons particulières au coin de la rue de Rivoli, en face la colonnade du Louvre, la Préfecture de police, 1e Palais de Justice, la Cour de cassation et enfin riIôtcl-de-Ville, scs dépendances et quelques maisons l’avoisinant. En outre, ils faisaient sauter une poudrière installée presque en face la rue Vavin, dans les terrains vagues provenant de la démolition du jardin du Luxembourg.

Pour essayer de combattre tous ces désastres, le gouvernement faisait appel aux pompiers des communes environnantes et expédiait la dépêche suivante :

2t mai, 8 h. 50 m. du matin.

Intérieur i Maires : Sèvres, Meudon, Saint-Germain, Rueil.

• Insurrection raincuc à Paris se venge par l’incendie. Reunissez d’ur- « gence les pompiers de votre commune et faites- les venir à Paris.

« Rendez-vous au Trocadèro avec pompes et costume de feu. Mettezvous i la disposition du maréchal Mac-Mahon. Préveuez-moi télégraphiquement. »

Les pompiers des villes du Nord de la France, informés des affreux sinistres qui désolaient la capitale, s’empressèrent de venir à son secours, avec un dévouement digne d’éloge. Quelques grandes villes de l’étranger offrirent aussi le concours sympathique de leurs pompiers, qui ne fut pas utilisé parce que le feu avait alors terminé son œuvre de destruction.

Les otages gardés par la Commune, entre autres le président Bonjean, l’archevêque de Paris et le curé de la Madeleine, M. Deguerry, furent exécutés dans la journée du 24 mai. Cette scène horrible, qui fait frissonner d’épouvante et d’indignation, eut lieu, d’après les indications de quelques ecclésiastiques détenus qui en furent témoins, à la Roquette, conformément aux ordres du délégué à la Préfecture de police, Th. Ferré.

Dans la journée le Comité central, qui voulait poser des conditions de pacification à Versailles, ainsi que nous l’avons dit précédemment, fit placarder le manifeste suivant, qui indiquait a la « seule solution capable, suivant lui, d’arrêter l’effusion du sang. »

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