‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 116 sur 117 · LIVRE QVATORfflEHE, tS · texte numérisé non relu

LIVRE QVATORfflEHE, tS

s'incUnaitt avec grâce pour le relever : « Madame t » s'écriat"il avec un accent qui s'éleva au-dessus du murmure d'un entretien n voix basse, « quand votre héroïque mère Maric- « Thérèse faisait à un de ses sujets la grâce de le recevoir, ■ elle ne (c congédiait jamais sans lui donner sa main à a baiser! » Puis, collant ses lèvres sur les doigts de la reine arrosés de ses larmes, et se relevant comme d'uu élan qui l'aurait élevé désormais an^essus de la (erre : « Madame, » reprit-il avec un lyrique enthousiasme, « ce « baiser sauve la monarchie* ■

La reine, transportée elle-même d'une émotion qui était devenue une confiance dans cet entretien, accepta l'augure, rentra en larmes dans ses appartements et s'évanouit auprès du berceau de ses enfants. « Cet homme m'a boule- « versée, ■ dit-elle le lendemain à la femme de service du palais, qui s'étonnait de sa pâleur; > il m'en a tant coûté •r de me rencontrer seule avec le destructeur de la monar- « uhie! Mais tout est oublié; il rachète ses fautes par son <c dévouement. Avec un tel homme pour lui, le roi est s sauvé! D M. de Fontanges écrivit le suriendemain au comte de la Marck que la reine avait reçu une telle commotion de la conférence avec son ami, qu'elle n'avait pu sortir, depuis deux jours, de ses appartements, et même de son )t(. Mirabeau jouit de l'impression qu'il avait produite autant que de l'impression qu'il avait reçue. Il rentra à Paris, décide à faire triompher le roi ou à mourir.

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Mais déjà les surveillants de la Fayelle ou les espions des Lamelb avaient eu vent de ce rapprochement entre la reine et leur ennemi dans le parc de Saint-Cloud, et faisaient circuler une prétendue lettre d'une femme de la cour tombée et ramassée par on passant dans une allée du parc, et racontant l'entrevue présumée, sans néanmoins en reproduire les vrais détails,

I II se répand quelque bruit sur la course de samedi, ■ écrivait le 5 M. de Fonlanges eu prince d'Aremberg. « Il « me parait que ce n'est qu'un chuchotement; mais avetr 1 tissez Mirabeau pour qu'il fasse attenlidn à ee qui poura rait se dire et pour qu'il s'étudie li donner le change aux a soupçons. >

Mirabeau, de son côté, écrivait le 6 à la reine : « On a « remis au comité des recherches une lettre dénonciatrice a de mon entrevue A Saint-Cloud ; cette lettre est d'une « mauvaise écriture et remplie de tant de fautes d'ortho- « graphe, que celé me parait à moi une alTectattHn. On a prétend qu'elle a clé trouvée le lundi ou le mardi dans « le parc de Saint-Cloud. Il est clair que l'on cherche à « faire de tout cela une intrigue; l'Orateur du Peuple, n qui l'a déjà dénoncée, n'a pas paru une base suffisante. n Je sais, à n'en pouvoir douter, que les Lamelh, DuporI, a Menou, d'Aiguillon, et même Pétion, mettent une « grande activité à acquérir la preuve que j'ai eu une coni férence à Saiut-Cloud. Toutes les machinations accumv « lées ne feront pas, je crois , qu'ils puissent m'entamer

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