LIVRE DIXIEME. S
l'agitation publique, le lendemain de l'entrée du roi dans Paris. La Fayette seul était tout; mais de grands crimes impunis sous ses yeux, d Paris, depuis le 14 juillet, et une grande Yiolence accomplie malgré lui et sous son épée à Versailles, venaient d'apprendre au roi, & l'Assemblée et au peuple la fragilité d'un tel appui.
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Cette violence accomplie contre le roi, cette servitude de l'Assemblée, ces crimes impunis de la sédition, cette anarchie tour à tour obéie et commHndée par un seul homme, ce débordement d'égalité et de liberté, cette confusion des ordres de l'État, cet écroulement par acclamation de tout un ancien régime dans la nuit du 4 août, cette spoliation des propriétaires, de la noblesse et de l'Église sans indemnité, ces dévastations et ces incendies des châteaux, ce soulèvement des paysans, ces assassinats à l'hôtel de ville, ces coups de feu à Versailles sur le palais du roi, ces invasions nocturnes des appartements de la reine, ces gardes massacrés sur le seuil de la demeure royale, ces têtes coupées livrées par la garde nationale aux assassins, et précédant comme des drapeaux de meurtre le cortège ' civique du roi dans Paris ; le découragement, le désespoir, l'borreur, la terreur, avaient saisi à la fois les esprits modérés et les âmes pusillanimes parmi les représentants constitutionnels monarchiques de l'Assemblée, et parmi les membres de la noblesse et du clergé après le 6 octobre. Ces représentants avaient donné le signal d'une immense
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« LES CÔH'sl'ITïrANTS.
ém!|p^(i6ii,~ protesiant aihsi par l'absence,' pair' l'èjiii, et, qiîetqnê^<ans par la bonspiralion de la guerre cWile et de ' la guerre étrangère,' cbntre les violences du peiipïe, contre l'opressioik W roi ëC contre la future constitution.
Hounier, qui avait présidé l'AssemblÉe, Bergasse, qui avait participé au premier mouvement du Dauphiné et qui rêvait, avec le Comte de Virieu, une révoluEion mystique où rarîâtOcratie et la théocratie se consacreraient du nom de liberté; Maiiry, évéqùe de Langres, la Luzerne, un grand nombre de nobles et d'ecclcsiasliques, saisis du pressentiment des danger^ futurs, se retirèrent de la mêlée au premier Sang versé, ou donnèrent leur démission.' D'autres s'absentèrent seulement pour attendre dans robscùrlté ou sar le sol étranger de meilleurs jours. Lally-Tollendal, ami de Necker, de Mounlér et de Virieu, oraleurd'apparat et de larmes, qui avait déclamé l'hymne de la Révolution le 46 juillet devant le roi à l'hâld de ville, ne sentit pas en lui le courage de regarder de près les sanglantes convulsions de la liberté. Homme à l'accent viril, mais au cœur versatile, il se réfugia d'elfroi en Angleterre, où il alla confondre de loin sa voix aux malédictions de Burke. La lettre qu'il fit imprimer et répandre de là en Europe est l'aveu le plus naïf et le plus éloqiieht de pusillanimité qu'un orateur ait jamais osé faire au monde. Cette lettre peint, avec l'énergie de la peur, le frisson d'borreur et d'effroi qui avait âaîsl les premiers moteurs de la Révolu-
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