LIVRE DIXIEME. SB
envers les aÉc«ssités du culte. Cette redoutable question, sur laquelle Maury et Mirabeau devaient époiser plus tard le sophisme, le raisonnement, l'éloquence, fut suspendue et reprise au gré des orateurs qui voulaient lutter pour ou contre la propriété inaliénable du clergé.
Les premières protestations de quelques districts démagogiques de Paris contre le loi martiale commencèrent à éclater dans des délibérations concertées de ces assemblées. Lousialot, qui rédigeait le Journal des rÉvotutiotu de Paris, organe à cent raille voix, qui devenait une puissance, accusa les auteurs de cette loi de vouloir comprimer l'insurrection populaire, « la seule force, » dlsait-U, « qui
■ eût accompli et sauvé jusqu'ici la Révolution et le peuple. u Les aristocrates, désolés de l'union qui subsiste encore
■ entre les citoyens armés, la garde nationale et le peuple,
• veulent les décimer, et peut-être pis... Voici la conseil quence de cette loi , » poursuivaît-il. « Ou le citoyen,
■ croyant être obligé d'en venir à égorger le peuple, se •1 dégoûtera et quittera an corps que les aristocrates avilis- « sent; ou il se présentera quelque occasion de tremper N les armes dans le sang. . . Et alors ma pensée recule devant •1 ce qui peut arriver. La motion de H. de Robespierre
■ me frappe; ses cris n'ont pas été écoutés; l'éloquence u fastueuse l'a emporté sur l'éloquence de la raison, et
■ son énergie a été qualifiée d'irascibilité et d'orgueil. Ce
* coup, du reste, était prévu depuis longtemps. H. de « Mirabeau l'annonçait, afin d'y accoutumer les esprits : " le boulanger et les deux hommes exécutés le lendemain •• sont peut-être les trois victimes qui devaient préparer f le vote de la loi. On n'a produit ces scènes sanglantes
■ que pour avoir une occasion de demander la loi mar- « tiale. On a amené une disette factice qui a occasionné la » mort du boulanger, et qui a accéléré la proclamation.
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■ Maintenant, l'abondance a reparu jusqu'à ce 4]u'oil croie n nécessaire de la faire disparaître. »
Ainsi éclatait déjà dans la Révolntion naissant^ la scission prête à s'élargir chaque jour entre les hoqunes qui voulaient la Révolution par l'ordre et ceux qui la voaltîenl par l'anarchie. La Commuse, au premier ntoment unie avec la garde nationale, se prononça tout entière pour l'Assemblée; elle nomma son comité de police, qui s'entendit avec le comité de recherches pour découvrir, déjouer et punir les tentatives insurrectionnelles. Lacretdie, Âgier, Garan de Coulon, Oudard, Condorcet, Sémonville, Brissot de Warville, chef futur des Girondins, tous encore constilulionnels et monarchiques alors, comme Robespierre lui-même déclarait l'être , furent nonunâs membres de ce comité.
Les ministres, sommés, comme on l'a vu, par un; décret de i'Assepiblée, de venir demander les moyens de force nécessaires au pouvoir exécutif, et 4'accepter «nsoite la responsitttilité .entière des événeoienls, cfimpuroreot à la
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