‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 26 sur 117 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

séance dn iH octobre pour obéir à ta lettre du décret. Le garde des sceaux lut à ta tribune la réponse collective des ministres à la motion de Mirabeau. Dans cette réponse déplorable, aveu de découragement et de perdition par la iMUche de ceux qui conseillaient le pouvoir royal, ils accusent de leur inaction l'anarchie universelle, qui avait brisé toute autorité dans leur main, et qui se jouait des décrets de l'Assemblée elle-même, la désobéissance des administrateurs, la suspension de la justice, l'explosion impunie du jonmalisme, ['insubordination de tous les rouages du gouveraetnent donnée en exemple A l'insubordînalion des troupes et du peuple, enfin l'interrègne complet de toute autre force que celle des insurrections contre le roi lui-même. ■ Dans une telle situation, ■ disaient-ils, u qui oserait

■ prendre sur sol d'accepter la responsabilité qu'on nous

■ impose? Jamais nous n'aurons cette témérité, et si on u persiste i l'exiger de nous, nous abandonnerons la place ■■ aux hommes assez aveugles ou assez imprudents pour ne H pas s'effrayer de l'empire des circonstances. Nous ne H sommes pas même appelés â conférer avec vous!...

« Ce qu'il faudrait avant tout, » ajoutaieut-ils en finissant, <• ce serait l'abandon de toutes ces méfiances, une H confiance fondée entre vous et nous sur l'estime 1 Si d'au- » très ont les moyens qui nous manquent, indiquez-les « vous-mêmes ; nous irons au-devant d'eux. Il faut, sachez- « le, plus de courage, dans l'état où nous sommes, pour

■ conserver de telles places que pour les abdiquer* »

Ce cri de détresse et de découragement était le testament politique de M. Necker. L'Assemblée ne put l'entendre sans pifié. Ce bri de faiblesse, mais de vérité, porta la terreur dans la France entière et la stupeur en Europe, Jamais un gouvemetnent n'avait proclamé de si bàut sob propre anéantissement. Le roi, H. Necker/les royalistes do conseil

secret des Tuileries espéraieat sans doute, en l'avouant avec tant de douleur, exciter le remords et la résipiscence des peuples et retrouver l'empire dans le désespoir du royaume. Hais ce n'est jamais le pouvoir tombé que le peuple relève. 11 eùE été moins pusillanime et moins avilissant pour le roi d'abdiquer devant la Révolution qui l'avait désarmé de tout, hors de son litre, que d'accepter, en restant en évidence sur son trône, cette responsabilité de l'anarchie et celte dérision de gouvernement. Son titre de roi ne pouvait plus être dans sa pensée qu'un titre de nullité el un teste d'accusation. Le lendemain d'un, pareil aveu. Tait en son nom par ses ministres, il ne lui restait qu'à descendre du trône en appelant au peuple, ou i s'y raffermir en appelant à son armée. L'heure de la retrjalle ou l'heure de la dictature était évidemment sonnée pour lui. Il n'entendit ni l'une ni l'autre, el il se laissa emporter au courant des événements qui ne le comptaient plus.

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L'Assemblée s'occupa, le 27, de la convocation insurrectionnelle des états provinciaux du Dauphîné, du.Lansuedoc et de ia Bretagne, par Mounierj La Ily-Tolt codai , et d'autres députés absents, pour.protester contre le Q oplobre et contre les décrets arrachés par la violence aux états généraux. On a'^cusa, on nia, on pallia ces inuEiles tentatives de la noblesse, du clergé et des parlements de ces prqviuees,.quL n'avaient de danger que pour leurs auteurs. Le pfi^le des villes et des campagnes. était trop animé

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