LIVRE ONZIEME. IM
Versailles lui paraissait une excuse suffisante de cette sanetioa envers l'Église. Envers les constituants, elle attestait son obéissance aux inspirations de l'Assemblée. Envers les royalistes et les catholiques, elle attestait sa servitude. Il ne pouvait que gagner ainsi â cette sanction, devant les uns l'estime, devant les autres la compassion. Le clergé inférieur jouissait en secret de cet abaissement des grands de son ordre, qui l'humiliaient de leur orgueil et de leurs
Les votes des curés de campagne et les nombreuses pétitions des moines pour la suppression de leurs maisons monastiques l'altestent. Quant à la révolte du haut clergé, propriétaire des immenses revenus de leurs évécbés et de leurs bénéfices, cette révolte, en se répandant en plaintes et en griefs contre l'Assemblée, ne pouvait que tourner au profit du roi. Son plan à celle époque était de décréditer l'Assemblée en lui cédant, et de faire regretter le pouvoir royal par les excès du pouvoir populaire. Le jour même de la sanction du décret qui expropriait l'Église, l'évéque de Clermont et ses collègues s'efforcèrent d'intéresser la cause de la religion à celle des prêtres et des moines. Ils dénon* cèrent à l'Assemblée un Catéchisme du genre humain qui sapait les dogmes du christianisme. L'Assemblée, par l'organe de Chapelier, se borna â renvoyer avec dédain le libelle au comité des rapports, en affirmant qu'il était moins coupable et moins insurrectionnel que le mandement de l'évéque de Tréguier. Mirabeau dénonça dans cette séance l'inertie du gouvernement, qui ne faisait ni absoudre ni punir les auteurs des troubles de Marseille, incarcérés par l'ancienne municipalité. II s'elforça de semer les soupçons contre les juges, afin de paraître innocenter les coupables et de retremper sa force en Provence dans le parti radical à Marseille.
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in LES CONSTITUANTS.
. «Le tenij:^. n'est pas loin, » s'ÉcriarWI, <■ qùjttidf^fKHV-
■ c«rai les coiipables auteprs ()«s jnam.qii^dË9jc4ea( Ift Pfo: «.yenee, et le parlemeat, qu'un proverbe Iriilal a c^ng^
■ parmi les fléaux de oe pays, et les municiji^Ii^ dévoi- « ra^teai qui, peu jalouses du bonbeur du pQppIe, qç u ^o^t Qcçupées depuis de« siècles qu'à multiplier s»^ u chaînes oa à dissiper le fruit dç ses sueurs, les ipiiiif- « :ti:es clfcrcb^nt'ils . dope encore des dél,our8j ou ?ou- " draient-ils rendre vos décrets nuls par les lenteurs Jiu'il^ !■ apporteraient à lieur exécution f Je n«,aaù; qv^, peqser • de ç(^ coupables délais^ mais c«qiie pçrsotioe de nous H oe peut ignorer, c'est qv'il eet impossible ^ rel^^er, u cet empire é«Ea$é par Irais siècles d'abus, &i le poifïqir •> «xécwtjf. $uiï UPe autre ligne que la umieo, s'i) est.l'eiii^ f nemi du coTps.léjjslatif au lieu d'en être l'auxiiiftire, et si >i des parlementa, auxquels i| fandr^ b^en apprendre qu'ils >< np acmt rien dans l'Étati osent encore lutter CAUlre U « vofonté pubUque dent nous somnies seuls le&;org^ne9. ■
Les Laoïetb et leur.parti, profilant de c^te app&tr<^)he deHirabeaa qui Bemblait annoncer enfin la guerre Am rainistreSi fireiU vot«r par l'Aseemblée la créattop d'us nouveau comité chargé de rendre oomple jaurnellement à l'Assemblée de la sanction et de l'exécution de Ks décrets.
L'Assemblée nationale se transporta le 9 novembre dans l'immense salle du Manège ; le roi l'amltfait adapter à l'usée
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