‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 42 sur 117 · LIVRE OUfZIEHE. m · texte numérisé non relu

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désts sémcei à la porte méniede son palais. Cette sàllè onyrrà d'un «Hé sur la tarasse <lu jardin des Tuileries, de l'autf e sur la rue Saint^onoré. Les députés s'y divEsérènl, eoBnBie:à Versailles et à l'areheTéché, e» trois camps, dont la place dans l'enceinte déeUrait enx spectateurs les opnlhHls : les révolnttonnsires A gambe, les contre-révolutionnait^ ft'droite, les impartiaux et lesmodérés an centre. Far une triviale allusion à la couleur des chevsui qoi peuptaient quelques jonrs avant le Manège, le peiiple appela' éeox quf siégeaient k gaQche Xesikoirs, ceux qui s'asseyaient ft âréHe lé« blaneë, désignation générique et réciproqtiement injurieuse, qui servit bîentAt de stigmates et d'InsoTles aux journaux et aux émeutes pour flétrir et ^our inenacer les députés. L'Assemblée, encore hésitante et retenue jnsque-'lè datas ime certaine mesnreenversl'autori^ royale, allait prendre an Manège une antre attitude et de plu^ foignegx emportements. Un vête, inaperçu du publie dans la séaneàda 7 novembre, avait rompa (ont concett possible entré FAsgémblée et le roi.

Les intrigues secrètes de Mirabeau avec la Fayette et avec la cour avaient pris, comme on l'a vu, depuis le 6 octobre, et surtovt depuis- la réunion de l'Assemblée k Paris, nne cènsistande qai ressemblait à uh plan. Bie& que joné par la FayeUé, repoussé par les lametfa, éludé par les ministres, redtmlè par Neoker, soupçonné par les jacobins, Mirabeau, pressé par son «nbttion, aveuglé par ses besoins, exalté par

le seatîmeat desa force personnelle, méditait la conquête du ministère et n'attendait que l'occasion de le saisir. Dans cette impatience, il s'était promis & lui-même, et il avait fait promettre à la cour, qu'il ferait admettre les ministres dans le sein de l'Assemblée pour y représenter dans tes discussions la prérogative de la couronne et pour y défendre, contra dîcloirenaent avec les orateurs, les projets de lois dn gouvernement. Idée simple, juste, nécessaire, qu'il empruntait auparlement d'Angleterre, et qui, dans un gouvernement monarchique et national, pouvaitseule constituer ce grand et perpétuel dialogue entre le roi et le peuple d'où sort la loi à la fois populaire et monarchique.

Mais, indépendamment de cette idée politique, Mirabeau en avait une personnelle dans ce plan : c'était de démontrer par le fait l'insuffisance ou l'infériorité de Necker et des ministresses collègues dans les luttes de tribune aasquelles il les conviait, de les subjuguer par son éloquence, de les subalterniser par la comparaison avec lui devant l'opinion, et de conquérir sur eux, par droit de supériorîtèet d'admîration publique, le ministère qu'il convoitail de leur arracher.

Il crut avoir trouvé l'occasion tant désirée de présenter naturellemeat celte amélioration dans les rapports de l'Assemblée avec le roi, à la séance du 7 novembre. Le duc d'Aiguillon, rapporteur du comité de finance, ayant déclaré i l'Assemblée que son travail sur la situation financi^ da

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royaume n'était pas encore terminé, par suite des lenteurs qu'entraînait la communication des documents ministériels sur ces matières, Mirabeau proposa, avec une sorte d'illumination soudaine, que, pour accélérer ces communications, les ministres du roi fussent admis avec voix consultative dans l'Assemblée jusqu'au moment où la constitution leur assignerait un poste et des attributions définitives an sein du corps législalir.

A ce mot, comme si le masque fût tombé du visage de Mirabeau et que l'ombre de Richelieu eût apparu devant l'Assemblée, un cri d'étonnemenl et d'effroi monta de tous les bancs vers l'orateur. Cent voix demandèrent la parole pour déjouer l'ambitieux qui disait trop tôt le dernier mot de sa destinée: les royalistes, par ressentiment contre le tribun qui avait ébranlé le trône et foudroyé l'aristocratie; les membres du clergé, par vengeance contre le spoliateur de leurs ricbesses et contre l'apôtre de la liberté de conscience; les amis de Necker, par crainte de l'homme d'État qui menaçait d'effacer bientôt leur idole ; ceux de la Fayette, par le désir d'asservir à jamais à cegéncral un ministère Taible, subalterne et complaisant; les Lameth, les Barnave et leurs partisans, par soupçon avéré pour eux de la copnivencc de Mirabeau avec la cour, et par jalousie d'une supériorité de talent dont la supériorité de fonction ferait une tyrannie morale; enfin les Pétion, lesLanjninais, les Robespierre, les radicaux de l'Assemblée, par dédain des faveurs de la cour qu'il brûlaient d'attester aux yeux du peuple par un vote éclatant de vertu. Tons ces partis, tons ces hommes, toutes ces rivalités, toutes ces vertus même n'eurent qu'une voix pour étouffer celle de Mirabeau. Lanjuinais, montrant à ses collègues le danger de mettre dans la même main le pouvoir et le génie, et citant par son nom, comme exemple de ce danger, l'orateur qui les subjuguait

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déjà pat- ie despotÏBinc de soil éteqnenoe, proposa tCrâter- (Ure pour trois «us les fonctioDs publiques à toot membre de la représentation.

Blîn demanda qs'il fût seulement interdit k tout député d'entrer au ministère pendant la dnrée de (a sesùon. i On a

■ dti l'Angleterre,* dit-il. > Je la cite aassi.SouTOnez-Tma

■ des maux causés à-la Grande-Bretagne par ce Walpole, « ministre corrupteur, qui déctarait avec lait d'«Qdaee

■ qu'il avait sous la'mein k tarif des conscioB^s de tons les " membres descommnnes dèson pays.vHirabeiau, Étonné, écrasé, idberdit d'une Appositron si unanime, se releva par la présence d'esprit, par l'iosolënce «C par le didaia, dernière reEsosree de son éloquence. II montra clairènimt, dans sa réplique, aux Lsmeth, â BarnaVe, A Lanjumaîa, qnll ne se trompait pas sur les motifs qui les iDnffgeaient contre sa proposition. Il soutint la logique etTutililé de.son système, et il se condamna lui-même à l'ostradsme du ministère CQ déclarant ironiquement qu'il était prêt, à voler l'exclusion demandée par les orsteurs, pourvu que eatlo exelosiori ne fût portée que contre lui-iBéme. Cette ironie blMsa l'assemblée sans changer le vote.L'bommefitéGhtiaer ridée. On plaça dans la constitution même une infrandnssflble barrière entre tes fonctions de ministre et la qaalité de député. C'était constituer oQ la servitiide des ministres an seul pouvoir législatif, oU la guerre civile organique entre les deux pouvoirs. Decé jonr, Mirabeau, qni n'avait jusque-là que négocié, conspira contre une assembléie qui venait de saper, soUs son ambition et son- génie, faipremiére et la- dernière marebe de sa fortune. InuUle a« ooKeil, redeutéde l'AsseOiMée, il ne resta grand que pour le^eu-' pie et imposent qu'A la tribune. 14 y ressaisit à ebeque occasion cette royauté de la nature qu'il n'était pas au pein«it de l'envie de loi arradier. Noua verrous de jour ra joor

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davantage ce que cet OBtraciane d'un grand homme coAfa au roi, & l'Assemblée et i lui-même. Caressé jiar les jacobins, dont la société, qui prenait alors le nom d'Amis de la constitHtion, venait de se fonner à Paris sons les Lnneth, les fianiave, les Robespierre, les Diipont, Mirabeau s'y livra poar avoir le plaisir d'y e^cer ses rivavx dans leur pn^re «amp. Il accepta peu de jours après la présirienoe de ce cinb.

Paris s« calmait stma l'impresision dn 6 octobre, sous la vigilante de la Fayette et sons la police de Bailly. Hais l'aghaftion tfélendail et redoublait dans les provinces. Les parlemeuls essayaient de protester, à BoaeUj ft MielÊ, en iangoedoc ; ils répandaient dçspi'oclaflralioDS tnceitdiaires, caressant Ceapril des provinces pour tser l'écrit natianal. Le p«i^)e des villes et des campagaes répondait à ces protetEalions par de nouveaux sculèveineals. Des colonnes mofoties partaient de Dijon, de Langrea, de Chatons, de Mdooil,'de Lyoa, de Ssint-Édmne, de Grenoble, pour visiter les châteaux suspeetsde donner asile aux mngîstrats, atix nobles, aax prttros contre- révolutionnaires. Ces visites me&eçaiUea forçaient des familles ealiéres A l'émigration. AHonCbrison, des femmes nmenlées trahiateutdanslesang le commandant de la garde nationale, H. de Rochelailler. Le drapem rouge, d^loyé dans plusieurs viBes en femmtalion, était déchiré Impmément par les séditieux. Us trottaient parlent des cmapfiees dads 1b garde nafiontle.

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On délivrait les prisonniers ; on changait leur captivité en triomphe. En Corse, les parlis s'entre-massacraienl ; à Bourges, le peuple chassai t les autorités royales ; à Issoudun, il refusait de payer les impôts et lapidait les percepteurs; à Brest, à Alençon, à Pau, les soldats et les matelots insurgés épuraient, emprisonnaient, égorgeaient leurs officiers. Chaque courrier apportait une catastrophe. La rumeur d'une conspiration sourde entre la cour et le» puissances étrangères, pour restaurer le despotisme, la noblesse et le clergé par les armes étrangères, entretenait la panique et la fureur dans tout le royaume. Tout était soupçon, délation. Incrimination, violence. Les clubs, les journaux et les libelles les plus effrénés soufflaient tous les soirs et tous les matins le feu dans Paris. On y révélait sans cesse des complots réels ou imaginaires de la reine, des princes, des ministres, de l'émigration, contre la patrie. On était sans lois contre ces provocations impunies, et la répression même eût paru un aveu de ces crimes. Le peuple voyait partout un concert armé entre les rois pour venir, d'accord avec la reine et les princes, étouffer dans le sang des Français le foyer d'une révolution européenne.

Ces rumeurs n'avaient à cette époque d'autres fondements que quelques vaines tentatives du comte d'Artois, fugitif â Turin, pour obtenir du roi de Sardaigne, son beau-père, un corps auxiliaire de douze mille hommes, afin d'appuyer les insurrections royalistes qu'il se flattait d'exciter à Lyon et dans le Midi. L'Europe était attentive aux mouvements de la France, mais impassible et désarmée. L'opinion y retenait les cours dans l'immobilité et dans la stupeur. Les idées philosophiques de réforme religieuse, politique et sociale, pour lesquelles la France s'agitait, étaient universelles en Europe. La cause de la France révolutionnaire était alors celle de l'esprit humain. Tous les peuples se

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