LIVRE ONZIEME
moment des grands périls; les autres, en hommes courageux, tomme Halouet e( Clermont-Tonnerre, s'étaient portés dn cAté de la monarchie menacée; d'autres, comme d'Espremùiil et Virieu, repousses, par l'indignation du crime et pap la colère d'avoir été dépassés, dans les rangs des ennemi» les plus acharnés de la Révolution, leur oyvrage, se signalaient i l'extrémité de la droite. Ce parti , parmi ses membres modÉrès et convaincus, complaît des talents et des vertus, des aptitudes qui honoraient ses ruines. H. de BoiegQlin, archevêque d'Aix, l'abbé de Montesquiou, le marquis deBoisaaf , M. de Montlosier, beau de violence et de jeauesse el qui n'eut que le défaut de rester èternel- Icnait jeune ; Maury, enSn, que nous avons déjà vu se neeurer A Mirabeau, et qui n'avait de rival dans son parti qu Cazalég. Hais Manry représentait surtout de ce cAté le sannjoce; Caialés la royauté. L'un parlait en préU^e, l'autre en militaire; de là la diffét-ence d'action qu'ex^çail leur éloquence presque égale sur l'Assemblée et sur la France : Maury ôritant les esprits contre son ordre, Cazafés émouvant les cœurs par sa loyauM.
CbzbUs était un de ces hommes rares qui, dans les révolutions, ne doivent rien à leur parti, tout à eux-mêmes. Né dans la nsbiesse du Languedoc, entré jeune au service, capitaine de dragons as commencement de la révolution , aîratat les armes et la dissipation, peu lettré, n'ayant pour opinioBqUe 3£S titditions chevaleresques de famille et des
sentiments, unis dans le gentilhomme, le hasard lui révéla son éloquence dans les premières agitations populaires qui remuaient le peuple et le soldat. Sa parole êtoniià ses collègues; ils rengagèrent à la nourrir de lectures dliistaire, de politique, Il renonça aux plaisirs de son âge, et consacra à l'élude le seul loisir de la vie militaire, ses nuits. La justesse et l'éclat de son esprit l'attiraient par similitude dé nature vers Montesquieu. Il se fit le disciple de son livre, comme d'autres s'étaient faits les disciplesdu Contràtiocîal. Il y puisa , avec l'amour d'une liberté réglée par les lois , le sentiment de l'ordre et de la hiérarchie dans les institutions qui transpire dans Montesquieu à travers l'intelligence des démocraties antiques. Il y prit, pour unique système politique , l'expérience , cette rude critique des idées absolues. Il resta monarchique par tradition. Il fut constitutionnel par bon sens. Son cœur seul le rangea parmi les royalistes ; il l'écouta avant tout comme l'oracle de la nature.
Porté, à l'Assemblée constituante par l'ordre de la noblesse, dans un bailliage du Midi , il s'opposa dès lés premiers jours à la réunion des ordres, qui lu! semblait non-seulement une abdii , mais un affai-
blissement même de la li forte, dîsait-it,
dans les corps que dans ticu,';!! se rallia,
après le H juillet, au pi ( de MaloWet et
de Clermont-Tonnerre, ( re eiilre le pou-
voir royal et le pouvoir populaire. Le fi octobre lé rejela plus résalùroent dans le parti royaliste. C'était un, de ces esprits généreux qui trouvent un attrait dans les caiises vaincues. Les violences exercées contre le roi et contre la reine lui enlevèrent toute bésitation. Défendre le roi lui parut le devoir du législateur, comme l'honneur dn gentilhomme. Il monta à la tribune ainsi qu'à l'assaut; son