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Chacun de ces groupes de l'Assemblée avait ses voix, ses lliéories, ses rclentissements dans le journalisme qui associait les dernières classes do pcu|)le aux idées et aux pas- Bions des partis. Robespierre et Mirabeau écrivaient euxmêmes leur journal, dans lequel ils inséraient leurs discours, soigneusement revus, pour la propagation de leur nom. Rivarol et Mallet-Dupan, deux écrivains soldés par la cour, rédigeaient \e Journal politique , théorie polémique de la monarchie exagérée par le besoin de flatter une cause assez riche pour payer des flatteurs. C'étaient deux avenloriers d'opinion devenus aristocrates par élégance d'esprit, après avoir été philosophes par adulation au temps de leur première jeunesse. L'un et l'autre avaient tout le talent que comporte le sophisme. Ils faisaient, pendant la lutte des idées, ce que M. de Maistre et M. de Bonald firent après, la théorie de la servitude politique fondée logiquement sur la théorie du découragement et de l'insufCsance de la raison. Goûtées après coup dans des périodes d'afTaissement, ces théories avaient alors peu de lecteurs.
Deux journalistes médiocres , auteurs de VAmi du roi, Surosoy et l'abbé Royon, répondaient mieux aux ressentiments des royalistes.. Ils racontaient les dégradations, les malheurs du roi, les humiliations de la reine, les cris du peuple. Ces tableaux étaient plus pathétiques que des théories. Les Actes des Apôtres, espèce de satire Ménippée du temps, étaient la parodie quotidienne de la Révolution, parodie plus propre à irriter sa colère et â la pousser au delà qu'à la faire rougir de ses égarements. Ce journal cynique
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LIVSE ONZIEME. 479
était la claie sur laquelle quelques jeunes gens spirituels, mais étourdis, traînaient tous les noms et toutes les choses de la Révolution. La plus cruelle des injures, l'injure aristocratique, y tombait de haut sur les infirmités et sur les malheurs comme sur les vices du peuple. Si la cour, l'Église et les ministres, qui nourrissaient cette Teuille de leurs subsides, avaient eu pour but de Taire bouillonner jusqu'au débordement les vengeances de l'anarchie, elles n'auraient pas pu inventer un feu plus actif et plus acre que les Actes des Apôtres. C'était la vengeance de l'aristocralie, mais une vengeance avant le triomphe, qui défiait la Révolution dans ses forces et qui préparait de sanguinaires ressentiments. Gorsas, Carnot, Camille Desmoulins, Marat, Brissot, Condorcel, Loustalot, Prudhomme, rédigeaient les feuilles révolutionnaires de la gauche de l'Assemblée et de la Commune. Les unes étaient vendues & la Fayette, qui disposait alors des subsides secrets de la cour ; les autres sonnaient éternellement dans les profondeurs de Paris le tocsin d'alarme, de fureur, d'insurrection. Aucune feuille constitutionnelle impartiale et modérée ne s'interposant entre les animosités de la cour et les frénésies des démagogues, la France n'entendait que ces deux tocsins. L'Assemblée délibérait à ce bruit.
Reprenons un instant le cours interrompu de ses séances.
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