‹ Histoire de la révolution Française (1789) (volume 4)Chapitre 16 sur 20 · NOMENGLATCBS DES SUSPECTS ^ DRESSÉE PAR CHAUMETTE ET HÉBERT · texte numérisé non relu

NOMENGLATCBS DES SUSPECTS ^ DRESSÉE PAR CHAUMETTE ET HÉBERT

a Sont suspects, ceux qui, dans les assemblées du peuple, arrêtent son énergie par des discours astucieux, des cris turbulents et des murmures ;

D Ceux qui, plus prudents, parlent mystérieusement des malheurs de la république, s'appitoient sur le sort du peuple, et sont toujours prêts à répandre de mauvaises nouvelles avec une douleur affectée ;

» Ceux qui ont changé de langage et de conduite suivant les événements ; qui, muets sur les crimes des royalistes, des fédéralistes, déclament avec emphase contre les fautes légères des patriotes, et affectent, pour paraître républicains, une austérité, une sévérité étudiées qui se démentent, dès qu'il s'agit i'un modén^ ou d'un aristocrate;

» Ceux qui plaignent les fermiers et marchands avides contre lesquels la loi est obligée de prendre des mesures ;

» Ceux qui, ayant toujours les mots de liberté, république

PIÈCES JUSTIFICATIVES. SftS

et patrie sur les lèvres, fréquentent les ci-deyant nobles, les prêtres contre-réyolutionnaires, les aristocrates, les feuillants, les modérés, et s'intéressent à leur sort;

» Ceux qui n'ont pris aucune part active dans tout ce qui intéresse la révolution, et qui, pour se disculper, font valoir le payement de leurs contributions, leurs dons patriotiques, leur service dans la garde nationale par remp!acement ou autrement ;

» Ceux qui ont reçu avec indifférence la constitution républicaine, et ont fait part de leurs fausses craintes sur son établissement et sa durée ;

» Ceux qui, n'ayant rien fait contre la liberté, n'ont aussi rien fait pour elle ;

r> Ceux qui ne fréquentent pas leurs sections, et qui donnent pour excuse qu'ils ne savent pas parler et que leurs affaires les en empêchent ;

» Ceux qui parlent avec mépris des autorités constituées, des signes de la loi, des sociétés populaires et des défenseurs de la liberté ;

» Ceux qui ont signé des pétitions contre-révolutionnaires, ont fréquenté des sociétés ou clubs anti-civiques ;

» Enfin, les partisans de Lafayette et les assassins qui se sont transportés au Champ-de-Mc^is (lorsqu'on déploya le drapeau rouge). »

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