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NOTE 80R LA ftTATISTIQtJE MILITAIRE.
' Il est important de connaître }a force réellb des artnéèd, qui seule peut faire juger la conduite des gouvernements et eello des généraux. Un gouvernement ordonne telle opération, qui> pour être couronnée de succès, exige une armée de cent mille hommes, mais sur le papkr seulement; tandis que le nombre réellement disponible n'est que de 60,000 (cela s'est vu souvent). Le général disposant sur lé papier de 100,000 hommes, mais n'en ayant que 60,000 en réalilé, engage une affaire qui, pour réussir, exrgerait 1 00,000 hommes. Il est battu. N'est-ce pas à la témérité qu'il faut attribuer sa défaite?
La plupart des statisticiens non militaires, même lorsqu'ils peuvent se procurer des étals officiels, trompent souvent leurs lecteurs, parce qu'ils ne connaissent pas le sens des termes, qui dififere beaucoup dans les divers pays. Ainsi, en France, le mot effectift signifie tout ce qui est soldé et entretenu aux frais de l'Etat, et comprend les hommes aux hôpitaux, en prison, en permission, en jugement; détachés dans les dépôts de convalescents, de chevaux blessés, ou pour le recrutement et la remonte, etc. ; tandis que par les mots présents sous les arinesy on entend ce qui est réellement en ligne. Au contraire, en Allemagne, on désigne par l'expression état effectif ( eiïeciïs" stand ), ce que nous nommons présent sous les armes. Il y a encore d'autres différences : ainsi, depuis le consulat, les états français comprennent même le train d'artillerie, celui des équipages, les infirmiers, etc., qu'on ne comptait pas sous la république ; ce qui fait qu'un corps porté maintenant pour
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20,000 hommes, n'aurait compte que pour 19,000 avant Tannée 1800. Quant aux Autrichiens, ils ont souvent Thabitude de ne pas compter dans leurs états les troupes d*artillerie, se contentant d'indiquer le nombre des bouches à feu, ce qui fait paraître leurs armées moins fortes qu'elles ne le sont en efiet. Très-souvent, dans les états russses, les troupes irrégulières, cosaques, tartares, etc. , ne sont pas comptées. Les Anglais ne comptent le plus souvent, dans leurs états, que ce qu'ils nomment rangs et files ( roukand-file ) , c'est-à-dire les soldats et caporaux, excluant ainsi les officiers, sous-officiers et tambours, de mâme que les troupes d'artillerie, du génie, les états-majors et les équipages, ce qui les fiiit paraître d'environ un cinquième ou un sixième moins forts qu'ils ne sont en réalité.