POUR LA REPRISB DES ARMES
« Le moment est vçnu de déchirer le voile qui coulure depuis trop long-temps les véritables causes secrètes du traité de pacification de la Vendée; de faire connaître aux braves Vendéens , à tous les bons Français , et à l'Europe entière, les motifs qui nous ont conduit à cette apparence de conciliation avec la soi-disant République française.
« Après deux ans de la plus cruelle et de la plus sanglante guerre civile dont les fastes de l'histoire des siècles même les yhxs reculés et les plus barbares n'offrent pas d'exemples , chargé en quelque manière du poids de tous les malheurs d'un peuple^ dont nous avons été le chef et le soutien , nous devions désirer pour lui, sinon un paix parfaite et entière, ce qui n'était pas possible ^ du moins quelques instans de relâche aux maux dont nous avons été le triste témoin. Notre humanité, notpe sensibilité nous avaient entraîné malgré les vœux même de ce peuple malheureux, mais toujours fier et prodigue de son sang , à lui procurer les douceurs d'un^ tranquillité à laquelle il se refusait.
389 PIÈCES JCY6TIFICATIV1ES.
« Des é^éffOiéB de la Gonrentioii nous sont «nvoyés. Canclaux, général des années républicaines, Ruelle, représentant du peuple^ se présentent d*ab.orxl à nous sous les dehors de la bonne foi, de rhumanité, de la sensibilité; ils nous proposent la paix; ils connaissent les causes jet les motifs qui nous ont mis les armes à la main, notre amour constant pour le malheureux rejeton de nos rois et AOtre attachement inyioldble pour la celigion de uos pères. Ils uou^ eMrainent dans jplusieurs «onférenoes secrètes. « Vos Tœux sont remplis, nous «disent-ils; nous pensons comme tous : nos désîrs les plus chers sont les vôtres. Ne travaillez plus isolément; traraillons de ooncem, et dans wmois au plus nous serons tous au covible de nos yœuK. Louis XVII sur le tcône, nous Sevom disparaître les Jacobins et les maratistes;; la motnatchie se rétablira sur l«es ruines 4le laf^rohie populaire. Vmis ajouteieï a votpe gloire celle d'tnrpir -concoum ,et «idé immédiatement; à eet ^heureux cluangement., au bonheur de votre pajrs et de la 'Fraoceieutière. »
« Pour confirmer la bonne ifoi de Tinteimon , d'autres représentans , tels ique Alorisson, Gaudiu, JDelaunaj et autres, se présentent à nous ^ans las difiEarentés conférences que rlon nous assigne , et Auxquelles nous nous feisons un/devoir de paraître. Us nou& manifestent les mêmes intentions , nous persuadent qu elles sont celles de la Convention ; « mais que pour y parvenir il faut de h prudence
PlèCES JUSTIFICATIVES. 383
el de la ciroônspectioa ; qu'il ne hnt pas fronder ouvertement Tepiaiion publique; «c que ce n'^ae que par degrés «[u*oi» peut parvenir à ce nouvel ordre de ciMMes» Pour preuve de la tiocërité de nos I ia^tontions et de dos désirs, nous disent-ils encore > vous conserverez vos amoes ; il ae sera fait sur vous ni sur votre territoire aucune liostili^. Vous ferez en appareiice une nouvelle organisation mili* taire, qui au fond sera la laêine sous le nom de garde territoriale. Nous vous livrerons même une partie, des scélérats qui ont incendié et commis les hen^eurs donc votre malheureux pays a été la victime, lîous vous procurerons la poudre et autres muttitiotis de (guerre dont vous pourrez avoir besoin. »
« Alors BOUS avons senti la ysàe ren aitre dans notre cœur; nous avons senti plus vivement encore que noius étionç Français» Nous avons cru toucher au moment heureux de voir renaître la douce tranquillité dans ces lieux infortunés que le fer assassin et la flanMmeafvaîentépar^és à moitié. Nous avons coiiv senti, «quoique avec toute la répugnance possible, à toutes les démonstrations extérieures qu'on a exigées de nous. Nous avons vaincu notre répugnance et fait taire notre Tessentiment p^r les mêmes motifs, heé chefs des insurgés de k ftsetagne, de T Anjou , de la Normandie, du Maine et autres provinces, connus sous le inom de chouans,
ont suivi notre exemple et fait les mêmes sacrifices à leur amour-propre et à leur gloire.
« Déjà nos espérances étaient fondées sur la conduite douce ^ pacifique et protectrice que l'on tenait à regard des Vendéens , qui se félicitaient de Ydir la ville de Nantes ouverte à leurs besoins , et qui portaient en ^change des comestibles bien désirés aux malheureux habitans de cette grande cité. Notre crédulité augmentait encore par l'envoi que nous Élisaient le général Ganclaux, Ruelle, Morisson, Gatidin, Delaunay et autres des poudres et autres munitions de guerre qu'ils nous avaient promises , et par le passage qu'ils Ëdsaient faire au milieu du pays insurgé, dans les lieux les plus écartés, aux soldats qu'ils voulaient livrer au juste ressentiment d'un peuple irrité des excès commis envers lui.
« Mais quel a été notre étonnement^ ou plutôt quelle^'a été notre indignation , lorsque nous avons vu notre confiance trompée par ces hommes versatiles , de mauvaise foi et toujours aux circonstance/; lorsque nous avons vu l'arrestation des chouans incarcérés et livrés à des tribunaux de sang ; lorsque nous en avons vu agir de la même manière envers les chefs des Vendéens, désarmer les soldats et cavaliers de no$ années à qui ils avaient eux-mêmes procuré des armes, enlever nos subsistances, commettre des hostilités en tout genre , et rappeler à
gran'ds cris le» désordres et les horreurs,de )a guerre civile; lorsque nous avons appris enfia .que le fils infortuné de notre malheureux monarque, notre roi^ ayait été lâchement empoisonné par cette secte impie et barbare qui, loin d'être anéantie, désole ce malheureux royaume ? Qu'avons-nous dû faire alois? ce'que l'honneur et notre attachement inviolable au trône et à lautel nous ont dicté; ce que le peuple même plus irrité que jamais a demandé et désiré : nous avons pris les armes et renouvelé le serment à jamais irréfragable de ne les déposer que iorsque Ttiéritier présomptif de la couronne de France sera sur le tcône de ses pères; que lorsque la religion catholique sera reconnue et fidèlement protégée.
«O. Français qui méritez encore ce nom! jugez de notre conduite et de nos sentiraens. Ralliezvous à, nous, ou plutôt imitez-nous. Sortez enfin de cette lâche apathie dans laquelle vous languissez depuis si long- temps. Ralliez- vous au centre commun de l'honneur et de la gloire des Français. Cessez d'être en apparence >lea coupables adhérens de nos ennemis et de servir vos bourreaux. Que Inexpérience voas instruise, et préférez une mort glorieuse à une vie à jamais flétrie par le crime!
« Signé CnAHETTE. »
De l'imprimerie royale de Maulevrier. Glambart, imprimeur. *
QUELQUES BUCUITnrS OFFICIELS DBS GBHBEAUX At^TRfCttlEHS SUR LA CAKPAGVB DE I796.
J'aurais voulu insérer un certain nombre de ces bulletins , pour montrer combien ils s'éloignent relativement aux résultats de ceux des généraux Bonaparte, Moreau et Jourdan ; mais ils sont détaillés très minutieusement , et surtout écrits avec la plus grande sécheresse militaire. J'ai dû me borner à choisir cjuelques uns de ceux qui fbnt le plus sentir lextréme différence des relations. En voici qui sont relatifs à la première levée du siège de Mantoue et aux batailles de Castiglione et de Lonato, dont mes lecteurs se rappelleront sans doute les détails.
« Il a été reçu aujourd'hui de la part du feldmaréchal comte de Wurmser, de son quartier*général de Castelnuovo, des rapports très satisfkisans, en date du 3i juillet.
« Le 29, date de ce qu'on a publié en dernier lieu, la colonne du lieutenant-feld*maréchal Sckottendorf , après qu'il eut jeté un pont de bateaux près de Dolce sur F AdJge , exécuta l'attaque sur Rivoli , et s'empara de ce poste. Le général baron Mitrowski emporta la nuit la Ghlusa^ surTA^ge, et fit à cette occasion prisonniers un capitaine avec quatre-vingt-dix hommes ; le 3o, l'armée se mit en marche sur Cajnbora : les hauteurs de cet endroit étaient garnies d'une division ennemie ( elles sont
de douze à quinze mille hommes )• Cette division opposa une résistance opiniâtre à notre attaque , ' reprise jusqu'à deux fois; enfin , ]a colonne du lieutenantrfeld-marécnal Davidovich la força à abandonner cette position. On prit encore à cette occasion qaatre canons , avec quantité de munitions , et Ton fit deux cent cinquante prisonniers. La division du lieutenant-feld-maréchal Mêlas se porta sur le chemin de Peschiéra pour assurer Faile droite de larmée sur le Lago di Garda. L avant-garde de cette division rencontra Tennemi près de Calmasino; et, après un combat de trois heures, elle le chassa de la position avantageuse qu'il occupait sur les hftutçurs près de cet endroit.
« Le 3i juillet, le feld-maréchal de Wnrmser mit en mouvemen^t les deux colonnes des lieutenans-feld-maréchaux Mêlas et Davidovîcfa, et marcha sur Gastelnuovo. En même temps il ùt avancer le général Bajalisch sur Peschiéra, pour observer cette forteresse vénitienne occupée par l'ennemi. Pendant la marche, le feld*maréckal reçut le rapport officiel que le général Spiegel avait. occupé Vérone, et qu en marchant pour s'en rendre maître il avait fait quatre-vingt-dix prisonniers. II reçut également de là le rapport du lieutenant-feld-maréchal Meszaros, qu'il se portait en avant vers Legnago sur TAdige, au-dessous de Yérone. Comme le feld-maréchal put se convaincre par lui-même que l'ennemi &isait marcher des troupes contre le
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lieutenant-feld-maréchat Quosdanovich , il envoya les divisions des lieutenans-feld-raaréchaux Mêlas et DaTidovich vers Yaleggio, pour menacer Tennemi à dos : en raèrne temps il donna ordre aux généraux Pittoni, Mitrowski et Spiegel de se porter sur Villafranca et d'y prendre poste, pour tenir en respect l'ennemi qui se montrait près de Roverbello, et qui de là pouvait inquiéter Taile gauche dii feld-maréchal. Le maréchal reçut du lieutenantcolonel Brea le rapport qu'il avait délogé Tennemi de ce poste, et y avait fait quarante prisonniers. Quelque fatiguées que fussent les troupes, par la nécessité de gravir continuellement contre les hauteurs escarpées^ etc. , le feld-m'aréchal les trouva néanmoins trop remplies de bonne volonté, et cette marche trop importante, pour ne poirit tenter Téxtréme^ afin de décider la levée du sUge de Mantoue
« Le général Ott et le géuéral Oczkay, appartenans Tuu et l'autre à la colonne du lieutenantfeld - maréchal Quosdanovich, reçurent dès le 29 juillet l'ordre d'attaquer, le premier Salo^ le second Corvedo ; ils l'exécutèrent tous les deux , chassèrent l'ennemi de ces postes; chacun s'empam dyn canon. Le premier amena quatre cen(s, le second soixante-quatorze prboaniers. Gomme l'eqnemi fit à Salo une résistance opiniâtre, on yiit de
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part et d^autre une perte assez considérable^ quoique celle de l'ennemi surpasse néanmoins de beaucoup la nôtre. A cette occasion , le lieutenant-feldmaréchal Quosdanovicb remarqua que les cheminsexcessivement mauvais par les montagnes avaient rendu sa marche excessivement difficile, ei lavaient beaucoup retardé , les roues des 'Canons et des chariots de munitions s étant souvent cassées, il n en donna pas moins Tassurance que le 3o ii s'approcherait de Brescia ; et d après les rapports de bouche que le, feld^maréchai a reçus depuis , il doit déjà être en possession de cette place. Le lieutenantfeld • maréchal Meszaros s'avança par Vicence et Legnaf[o , d'où il pénétra plus loin jusqu'au Pô. Lorsque le maréch?.l de Wnrmser parvint le 3i avec l'armée à Castelnuovo, il s'apereut que les troupes sur les hauteurs au-delà du lac de Garde, près de Salo , étaient engagées avec l'ennemi. Sur la déclaration des prisonniers qu'on amenait successivement , que l'ennsmi se renforçait du c6té de Brescia , et que son dessein était de tomber avec toutes ses forces sur le lieutenant-feld-maréchal Quosdanovicb, le feld-maréchal ciiangca de dessein , et conduisit encore le même jour l'armée sur leMincio^ vers Yaleggio; ensuite il fit faire une reconnaissance de l'ennemi ; et sur le rapport qu'il reçut, que celui-ci faisait sa retraite, dirigeant néanmoins sa marche de Goito sur Brescia , le ieldmaréchal détacha sans perte de temps le général
igo PIECES JUSTIFICATIVES.
Liptai à BoverbeUo ; ea même temps il fit passer le Mincio à ^n avant • garde près de Valeggio , et eoToya sa cavalerie faire des courses jusqua Goito. Le général Lîptai n'ayant plus trouvé rennemi en avant de Roverbello, envoya ses patrouilles du côté de Mantoue. Le général Pittoni y avait aussi envoyé avec une patrouille le premier lieutenant comte de Khevenhuller qui apporta ^e la. part du commandant de cette forteresse qu'on trouva déjà débloquée , le lieutenant-feld-maréchal comte Canto-d'Yrles , 1 avis probable qu'on trouvera ciaprès. En attendant, le général Liptai se mit en marche de Koverbello sur Goito ^ où il arriva ' le ler août au soir. Le colonel Piaczech , qui commandait lavant-garde, perça le a août jusqu'à Guidizzolo, et rapporta que l'ennemi avait pris sa direction sur Gastiglione délia Riviera. Pour in^ quiéter sans cesse l'ennemi à. dos, et pour prêter la main au lieutenan^feld-maréchal Quosdanovicb ^ dans le cas qu'il eût en vue de se jeter sur lui, ainsi que pour empêcher quil ne fût obligé d'abandonner Brescia, le feld-maréchal fit marcher le 3, à trois heures du matin , l'armée sur Groito , et porta lavant^arde jusqu a GastigUona Le colonel Wey^ denfeld eut ordre de cerner Peschiera , pour profiter de chaque moment favorable, en suivant l'ennemi à la piste, et en lui causant toutes les pertes possibles. Le lieutenani«feld-maréchâl Mes*zaros, qui était déjà arrivé à Nogaro, eut ordre de
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se porter à Goveiiiôlo ou Ostillia , sur le Pô , de passer même ce fleuve > afin de presser avec célérité rejcmeiui qui paraît £ûre sa retraite par Plaisance* L'ennemi abandonna cinq canons à Goito» 'et de tous les côtés on amena des prisonniers, qu'on lui avait faits pendant sa retraite. Au départ du major Vincent , le nombre en allait déjà à cinq mille. Le feld-maréchal remarque que, quoique au milieu di^s mouvemens fatigans et rapides des armées il n^ soit pas possible de pourvoir les troupes de tout le nécessaire, elles supportaient néanmoins les difficultés de ces marchai avçc la meilleure volonté possible et le courage le plus distingué. .....
« Sur ce qu'on rémarqua , le i*' août, une tranquillité exvtraordinaire dans les lignes ennemies^, le comte Canto envoya d'abord quelques patrouilles pctur les observer. D'après Les rapports qu'on reçut, que l'ennemi avait abandonné les tranchées et tous ses retrancheméns ou' autres ouvrages devant la place , il fut détaché de la forteresse des détachameps plus nombreux dlnfanterie et de cavalerie vers Governolo, Borgoforteet Marmirola. L'ennemi avait abandonné dans les tranchées et dans toutes ses autres lignes son artillerie et ses munitions : sur tous les chemins on trouva les traees d'une fuite préci^tée, par le grand nombre de fusils , de bagages et autres effets épars. Ce détachement
amdna déjà un colonel, dix oificiers et'cent soldats blessés. A Govemolo, les paysans, secondés par quelques militaires , avaient cerné un détachement de trois cents ennemis, qui fut conduit de là à Mantoue. A Borgoforte Tennemi avait abandonné tout son parc d'artillerie , d*«nvîron une centaine de pièces de canon, douze chaudrons à bombes du plus grand calibre y des munitions en grande quantité; savoir : quatre-vingts à quatre-vingt-dix mille boulets de canon ou bombes ; quarante mille quinuux de plomb , partie en boulets , partie en grosses pièces; une grande quantité de petites armes, épéesou âabres, etc. ; quatre bâtimens entièrement chargés de munirons ; deux magasins à poudre ; beaucoup de bois de construction , et uncT grande quantité de matériaux néc-essaires pour divers travaux. Gomme les ponts avaient déjà été rompus, il fut impossible d emmener le tout. A Saint^Benedetto il a été trouvé une caisse militaire ennemie, sous la garde de quelques Français , mais qui n étaient plus dans la possibilité de lemmeiier : le comte Ganto a envoyé utie division pour la conduire à Mantoue. Toutes les circonstances confirment l'entière déroute de lenneaii. «
Du i3 août.
« Suivant un rapport dufeld-marécbal de Wurm- 8er,il y a eu , depuis les ùemiers avantages remportés sur Tennemi et dont il a rendu compte, plusieurs
PIÈCES JUSTIFICATIVES. îgS
cor.ibats très opiiriâtres, tant près du corps avancé . du feld-maréchal que près de la division du lieutenant-feld-maréchal Quosdanovich; combats dan« lesquels lé bonheur et la perte ont alterné réciproquement Nous y avons fait un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouvent aussi quelques généraux , commissaires , et beaucoup d'ofiicîers : on les a envoyés tous en arrière de notre armée ^ ainsi que tous les autres faits dans les afBiires précédentes , et tout ce dont on s*est emparé sur l'ennemi. Cependant, comme celui-ci avait concentré ses principales forces entre la forteresse vénitienne de Peschiera qu'il occupe encore, Lonàto et Salo, et par là avait empêché la communication entre le letd-maréchal Wurmser et le ïieutenant-feldn^arécha! Quosdanovich, qui avait déjà ponssé un corps jusqu'à Ponte-San-Marco et vers Moiite- Chiaro sur la Chiese; comme d'ailleurs Fernemi attaqua nos troupes avec impétuosité dans les environs de Salo, et que d'autre part il avait fait avancer usi corps de Marcaria vers Castellucio , le lieutenant-feid-maréchal Quosdanovich , pour assurer ses communications , s'est vu obligé de se retirer sur La trino^avardo et Saint -Onato. Le comte Wurmser, de son côté, pour ne^point fatiguer le^. troupes par des combats inaliles et qui ne décidaient de rien , ainsi que pour faciliter sa léu-* nion avec les troupes en marche pour joindre et se rapprocher* de ses magasins, se replia avec l'armée
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sur FAdige , attendu que l'attaque du corps principal de rennemi, appuyé sur la forferesse de Peschiera, ne lui permettait point de prendre une position arantageuse sur le Mîncio. Le feld-maréchai promet un rapport circonstencié de ces ëvénemens. En attendant il se disposât à prendre lés mesures les plus propres à se porter de nouveau en ayant le plus tdt possible; et Mantoue se troirve ras-^ surée contre le danger d'un nouveau siège, tant par la proximité deTarmée quepar le dommage causé à l'ennemi , ainsi que par la perte de son artillerie et de tous ses approvisionnemens. D'ailleurs, nous sommes maîtres de tous les défilés et issues dans la plaine, ainsi que de la rivière d'Adige^ ce qui pourra faciliter nps entreprises ultérieures. »
Les autre&rapports àutricbiens^dont je vais donner quelques extraits, ofirent des renseignemens historiques très précieux sur les mouvemeos d'armes dan<$ le Tyrol au mois d'avril 1797» c'est-à-dire à l'époq ue où Bonaparte, après avoir conquis la Styrie et la Carinthie, marchait sur Vienne; ils prouvent que Bonaparte dut être déterminé par les f&cbeux événemens du Tyrol à conclure les préliminaires tle Léoben.
Bulletin tf0iciel du 10 aviU*
(c D'après les rapports arrivés du Tyrol, en date du 6 de ce mois, le général-major baron de Laudo»
PIÈGES JUSTIFICATIVES. SgS
a effectué avec le meilleur succès lentreprise contre Botzen , contre laquelle il faisait des préparati& depuis plusieurs jours, avec tes troupes sous ses ordres et les habitans du pays levés en masse qui s'étaient réunis à lui. Le 4 <^u soir, il se rendit maître de cette viUe, après que ses troupes eurent été toute la journée en action avec Tennemî; et le 5 il s'était déjà avancé sur Deutschen et BranzoL Lentiemi abandonna , dans la nuit du 4 au 5, toute la vallée de FAdige; savoir ,Miterwald, Oberau,Unterau : il brûla les deux popts entre Oberau et Aicha , et se replia avec la plus grande précipitation dans le Pustert haï.. Suivant toutes les apparences, Tennèmi aiura continué cette retraite par la vallée susdite, sur Valsugaca et Ampezzo, ou vers la Garinthie.
« Cette heureuse opération, qui a ranimé le courage des braves et fidèles habitans du Tjrol, et qui a un rapport si intime avec le bien-être de ce pays, a procuré au lieutenant-feld^maréchal de Kerpen l'avantage essentiel de pouvoir faiire avancer aussitôt ses avant-postes de Sterzing^ et se mettre en marche sur Mauls avec une partie de son corps d armée. Au départ de ceis avis, le général baron de Laudon se disposait à continuer ses mouvemens et à pénétrer par Brîxen. A cet effet , et pour causer à Tennemi le plus de dommages possibles, tous les habitans des différentes valléciset des environs^ qui ont cherché jusqu a présent à se distinguer pair leur& efforts patriotiques, ont été invités à se lever en
igfi PIECES JUSTIFICATIVES.
masse, et Ton attend des nouvelles ultérieures sur l'issue de ce dessein.
A D'après les rapports 'ultérieurs arrivés aujourd'hui, II de ce mois, l'expédition, effectuée avec succès par le général-major baron de Laudon dans le Tyrol , a eu l'heureuse issue ^'on en attendait. Ce général avait continué ses mouvetnens.
« Dès le 5, avec énergie, et par une manœuvre des plus liabiles, fl s'était porté au-delà de Botzen , par le chemin deGunter«G«ntersweg, sur les derrières de l'ennemi : celup>ci, effi'ajé par la levée en masse d'une foule immense d'habitans animés par le plus vif amour de la patrie, abandonne précipi* tanment les postes de Clausen et de Seeben qu'il occupait : il fiât chassé avec autant de promptitude de B.rix«n , €i fit sa retnite absolue par le Pusterthaï : il doit être déjà près de Braunecken.
« Pendant ces heureux progrèsi,Ie]ieutenant-feldmaréchal baron deK.erpen s'avançait avec son corps sur toute la ligne : il se réunit avec le. général baron de Laudon , établit son quartier-général à Brixen , et plaça ses avant-postes à Muhlbach. Le 6 , ce général s était de nouveau porté en avant, afin de chasser entièrement du Pusterthal Tennemi qui fuyait devant lui, ti^ndis que M. de laudon ne cesse de lui causer dé l'inquiétude vers Trente. L'ennemi a aban^ donné à Brixen un magasin considérable de farines : il avait jeté dans leau une grande quantité d'autres muniiioDS^ dans tous les pays évacués par l'ennemi,
la joie des liabitans était extrâme de s*en voir délivrés ; et le zèle patriotique , comprimé pendaat cpielque temps, s'était réuni' de nouveau aux généreux efibrts de leurs frères d*arraes qui venaient de triompher si glorieusement de. rennemi» L on doit citer à cette occasion on trait qui eut lieu dans le combat du a avril. Deux habitans du pays , <[ui étaient tombés entre les mains des Français, avaient déjà obtenu quartier : cependant /malgré cette promesse, ils furent massacrés incontinent : une cruauté aussi perfide transporta de rage leurs frères d*armes; iJs se précipitèrent avec fureur sur Tennemi déjà mis en désordre; ils assommèrent à coups de crosse tout ce qu'ils rencontrèrent, et ils employèrent t0us les instrumens qui leur tombaient sous la main pour venger ces deux victimes.
« Suivant des rapports arrivés d'Agram^ il a été tiré un cordon depuis la rive droite de la Drave jusqu'à la rive gauche de le Save, pour couvrir les frontières du côté de la Carinthie, et pour donner à l'ennemi de l'inquiétude sur son flanc et sur ses derrières, s'il continuait de s'avancer. La position a été couverte par des retranchemens; et cette chaîna de troupes a été liée avec celle de d'Usko2ierberg par Motlling et le long de la Garniole. »
Bulletin officiel du 16 avril.
« Des avis plus récens du Tyrol, datés du 1 3 de ce mois, donnent à entendre que le général-major
398 PliCES JUSTIFICATIVES.
baron Laudon a repris à l'ennemi , après un vif combat 9 le poste de Lavis, et Fa poursuivi dans sa fiiite à plus de mi-cbemin de Trente, à iacpielle occasion il lui a Êiit un nombre considérable de prisonniers. Le corps aux ordres du lieutenant* feld-inaréchal baron Rerpen est aussi dans un mouvement continuel pour repousser Fennemi toujours davantage. Le 10 avril, ûe corps s avança de Bruneggen à Niederndorf ; sur quoi l'ennemi abandonna précipitamment sa position près de Lintz. Il avait exigé cent mille florins de contribution dans cette ville; et, de cette somme, il en avait déjà arracbë vingt-cinq mille, au moment de sa retraite; pour le paiement du reste, il a emmené quatre otages. En évacuant Lintz, Tennemi a commis dans tous
' les alentours de la ville beaucoup de pillages et de dévastations; et par là il a donné une nouvelle preuve du peu de sincérité qu'il met à l'observation des manifestes et déclatations quH a répandas de tons côtés , pour assurer les bons et loyaux nabitans du pays de son intentio;i de les épargner e!: de les traiter en amis. »
Du même jour 16 açriL « Les avis favorables du Tyrol que nous venons de communiquer anjour-
, d'hui au public , ont été suivis d'autres d'une teneut non moins agréable. Le 10 de ce mois, le généralmajor baron Laudon a repris possession de Trente : . il a £iit à cette occasion trois cents prisonniers; il a pris deux canons, beaucoup de caissons , et il a causé
PTÊGES JUSTIFICA.TIVES. Sgg
à l'ennemi 9 complètement battu, une perte très sensible, tandis qu'elle ha été que peu considérable' de notre côté. On donnera le détail de cet éyénement, ainsi que des suites qu'il a eues. Les habitans armés du pays n'ont encore rien négligé dans cette rencontre pour faire briller leur courage patriotique sous le plus beau jour, pour appuyer Tentreprise du général^major Laudon avec la plus grande énergie. »
Du 17 as^rïL « Les progrès du général-major baron Laudon avec son corps dans le Tyrol, sont une preuve irréfragable de la valeur tabt de ses troupes /que de la masse de ^e& habitans armés qui se sont levés pour le seconder. Suivant un rapport du même général/ daté dé Trente le 12 de ce mois, et apporté ici par estafette, il a aussi chassé l'ennemi de ftoVeredo, de Torbole et de Riva , et il a occupé ces endroits : il s'est emparé sur l'ennemi , à c<ette occasion, de plusieurs magasins à poudre , de douze canons , et il lui a fait quatre cents prisonniers. Suivant les informations qu'il a reçues de ses avant-post^s, l'ennemi se repliait sur Rivoli : le généraUmajor baron Laudon assure qu'il tâcherait de profiter, autant que possible, des avantages qu'il venait de remporter , en cbmbinasion avec l'ensemble des opérations. »
4oO PlteES JUSTIFICATIVES.