RÉPONSE
« La lettre dont votre altesse royale vient de m*honorer transporte mon âme. Quoi! j^aurais le bonheur de vous voir, de combattre sous vous pour la plus belle des causes. Je lui ai sacrifié mon sang. Approuvé, encouragé d'un grand prince, avec
380 PliCtS JTSTJFICATIVl-S.
f|uelle ardeur j'en yerserais la dernière goutte pour la faire triompher! Mes irayauz militaires etpoli^ tiques, mes vœux sont d'atteiiidre ce but.
< Peut-être, Monseigneur , a-^t-ou essayé de jeter des ombres sur quelqu'une de mes démarcbes?
Peut«-étre a-t-on donné une interprétation étran* gère à leur yrai motif? Mais si je rentre en moimême, je retrouve au fond de mon cœur cet hou* neur des vrais chevaliers français qui ne s*ef&cera jamais; cet honneur qui fut toujours mon guide, qui mè conduisit quelquefois aux champs dek * victoire. Je retiouve ce caractère de feu, cet ratta^ chement inaltérable que j'ai voué à l'illustre sang des Bourbons. Fort de ma conscience, je dirai à mes censeurs : « Politiques profonds! vou% qui « n'avez jamais coqnu les lois de la nécessité, qui «jugez sur les ^apparences, venez apprendre les « circonstances impérieuses qui m'ont déterminé, « ainsi que mes braves compagnons d'armes. Venez « peser l'avantage qui peut en résulter>p.our no^ « succès sous tous les rapports. »
« Si , au lieu d'entreprises trop décousues , les parties sont mieux liées; s'il y a plus d'ensemble dans les opérations, ne doit-on pas espérei^que celles-ci en seront plus efficaces? Puisse cet espoir se réaliser! Cpmbien les mots d'ordre et dfe ralliement que votre altesse royale indique sont encou** rageans et faits pour conduire à la gloire! Ils furent
ma devise dès le principe , et je ne les oublierai de nia vie.
« Je suis, Monseigneur, elc.
« Le chevalier Gharstte. »
Au camp de Belleyiile , ce lo jum 1795.